Média indépendant en environnement, nature et sciences de la Terre depuis 2001
🌍 notre-planete.info
Clap de fin pour notre-planete.info ?

Depuis plus de 22 ans, nous vous informons avec objectivité et références scientifiques sur l'état de notre planète. Aujourd'hui, notre-planete.info est en grande difficulté financière au point que sans votre soutien, notre-planete.info finira par être abandonné dans les prochains mois. Merci de nous aider à perdurer sur la toile en :

Merci de contribuer à maintenir la flamme de la liberté d'expression et de l'indépendance 🙏

76 K lectures / 26 réactions Mis à jour le

maree-digue-bois
© Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info - Licence : Tous droits réservés

D'après une nouvelle étude basée sur 25 années de données satellitaires de la NASA et de l'Europe, le niveau moyen de la mer, à l'échelle de la planète, s'accélère progressivement ces dernières décennies, au lieu d'augmenter de manière linéaire. Les estimations sont de plus en plus pessimistes.

Le niveau moyen des océans augmente à cause du réchauffement climatique en cours qui engendre principalement deux phénomènes dont la contribution à cette hausse est équivalente :

  • la fonte des glaciers (calottes polaires et glaciers de montagne)
  • et la dilatation thermique de l'eau.
Les glaciers apportent davantage d'eau douce dans les océans et mers du globe. Et plus l'eau est chaude, plus elle occupe de volume, on parle de contribution stérique.
En outre, à l'échelle côtière, les marées, surcotes atmosphériques et vagues contribuent également aux variations du niveau de la mer.

Au XXe siècle, le niveau des mers a augmenté de moins de 2 mm par an, mais depuis les années 1990, elle est supérieure à 3 mm / an. Depuis 1992, date des premières mesures satellitaires du niveau moyen des océans, la hausse du niveau des océans s'accélère chaque année de 0,084 millimètres. Ainsi, en seulement 25 ans, le niveau moyen des océans a augmenté de plus de 8 cm.

augmentation niveau mer
Mesure du niveau de la mer depuis 1992
© CNES, LEGOS, CLS

"En réalité", précise Anny Cazenave, académicienne et chercheure au Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS) à Toulouse, "la courbe d'évolution du niveau moyen global de la mer est une exponentielle. En effet, en raison de problèmes instrumentaux, les six premières années de la mission TOPEX-Poseidon avaient surestimé la hausse de la mer. En corrigeant cet effet, on se rend compte que le niveau moyen de la mer ne monte pas à vitesse constante, mais qu'il y a une nette accélération ces dernières années due à la fonte accrue des glaces du Groenland et de l'Antarctique."

Si cette accélération se poursuit, le niveau de la mer augmentera de 65 centimètres d'ici 2100 - le rapport 2014 du GIEC estimait que la hausse serait comprise entre + 26 cm à + 98 cm.

  • 65 cm c'est deux fois plus que les projections qui supposent un taux constant d'élévation du niveau de la mer, selon l'auteur principal Steve Nerem, professeur en sciences de l'ingénierie aérospatiale à l'Université du Colorado à Boulder, membre de l'Institut coopératif de recherche en sciences de l'environnement du Colorado (CIRES) et membre de l'équipe de changement de la mer de la NASA.
  • 65 cm c'est suffisant pour que d'importantes villes côtières soient sous les eaux : Londres, Miami Beach, Sydney, Durban, New-York...
  • 65 cm c'est encore une estimation prudente et "conservatrice" précise Steve Nerem : "notre extrapolation suppose que le niveau de la mer continue de changer à l'avenir au même rythme qu'au cours des 25 dernières années". Ce rythme pourrait bien changer défavorablement...

Jusqu'à 2 mètres d'augmentation ?

Le niveau de fonte des calottes glaciaires au Groenland et en Antarctique - en réponse au réchauffement en cours - sera déterminant dans l'augmentation moyenne du niveau des océans.

En utilisant une technique appelée "structured expert judgment" (SEJ), une équipe internationale de scientifique, dirigée par l'Université de Bristol (Grande-Bretagne) a questionné 22 spécialistes des calottes glaciaires pour évaluer l'élévation du niveau des océans suivant les scénarios d'augmentation des températures.

Les résultats sont encore plus inquiétants que les prévisions synthétisées par le GIEC : il existe un risque "faible mais significatif de dépasser deux mètres d'ici 2100 dans le scénario de températures élevées", indique l'auteur principal de l'étude , le Professeur Jonathan Bamber de l'école des sciences géographiques de l'Université de Bristol qui ajoute : "une telle élévation du niveau global des mers entraînerait la perte 1,79 millions de km² de terre, dont des régions essentielles dans la production de nourriture ainsi que le déplacement potentiel de 187 millions de personnes [...] des conséquences profondes pour l'humanité."

Les mesures altimétriques sont réalisées tous les 10 jours, depuis 25 ans, grâce aux missions satellitaires Topex / Poséidon, Jason-1, Jason-2, Jason-3, Envisat et Sentinel qui sont gérées conjointement par plusieurs agences, dont la NASA, le Centre national d'études spatiales ( CNES), l'Organisation Européenne pour l'Exploitation des Satellites Météorologiques (EUMETSAT) et l'Administration Nationale Océanique et Atmosphérique (NOAA).

Cependant, les scientifiques restent prudents car même avec un enregistrement de données de 25 ans, la détection de l'accélération est difficile. Des épisodes tels que les éruptions volcaniques peuvent créer une variabilité comme l'illustre l'éruption du mont Pinatubo en 1991 qui a diminué le niveau moyen de la mer à l'échelle mondiale en refroidissant le climat mondial. De plus, le niveau global de la mer peut fluctuer en raison des régimes climatiques tels que El Niño et La Niña, qui influent sur la température de l'océan et les précipitations mondiales.

Enfin, une étude publiée début mars 2018 insiste sur le rôle non pris en compte des vagues sur ces échelles de temps : "les modifications interannuelles à multi-décennales des vents de surface modulent les caractéristiques des vagues dans l'océan du large (à la fois localement via la mer de vent et à distance via la propagation de la houle) ce qui se traduit à la côte par une modulation basse-fréquence des contributions de la surcote des vagues et du jet de rive aux variations du niveau de la mer. Dans certaines régions, les contributions des vagues peuvent ainsi masquer (ou amplifier) les variations du niveau de la mer dues à l'expansion thermique de l'océan et aux pertes de masse des glaces continentales sur des périodes de temps inattendues, pouvant couvrir plusieurs décennies" (CNRS / INSU, 03/2018).

Bien sûr, ces événements sont intégrés dans les modèles climatiques et les données des marégraphes, présents à la surface de l'eau, sont également utilisées pour renforcer la fiabilité des évaluations et des estimations. "Les mesures des marégraphes sont essentielles pour déterminer l'incertitude dans l'estimation globale de l'accélération moyenne du niveau de la mer", a déclaré le co-auteur Gary Mitchum, de l'Université de South Florida College of Marine Science. "Ils fournissent les seules évaluations des instruments satellitaires depuis le sol", ajoute-t-il.

En 2018, la NASA lancera deux nouvelles missions satellites qui seront essentielles à l'amélioration des prévisions quant au niveau de la mer : la mission GRACE-FO, un partenariat avec GeoForschungsZentrum (GFZ) en Allemagne, poursuivra les mesures de la masse des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique ; tandis que le satellite ICESat-2 fera des observations très précises de l'élévation des calottes glaciaires et des glaciers.

"Selon des études récentes, l'Antarctique pourrait contribuer plus que prévu ; une élévation du niveau de la mer de 1 m ou plus en 2100 par rapport au début des années 2000 n'est pas à exclure. Par ailleurs, même si les émissions de gaz à effet de serre cessaient totalement, à cause de sa grande inertie thermique l'océan continuerait à se dilater pendant plusieurs siècles, et la mer de monter…" Explique le CNES.


Sources et références

Tous droits réservés


Soutenez votre média indépendant

Depuis plus de 22 ans, nos rédacteurs et journalistes vous informent avec objectivité et références scientifiques sur l'état de notre planète. Pour poursuivre notre travail, nous avons besoin de votre soutien !

Merci de contribuer à maintenir la flamme de la liberté d'expression et de l'indépendance 🙏

Ne ratez plus l'actualité sur notre planète !

Questions / réactions (26)


0
Catoune89Il y a 4 ans
Bonsoir à tous Ok avec les propos de Stef65 concernant notre conscience face à mère nature...Alors comment faire ? Avec quels moyens pouvons nous stopper cette avalanche qui nous engloutie de plus en plus vite à tous niveaux (plastique, pesticide, pollution, gaspillage, sur population etc etc) ...c'est hier que nous aurions du commencer ce combat mais je suis persuadée qu'il n'est pas trop tard pour réagir et agir...tous ensemble maintenant pour nos enfants afin que la vie continue sur notre belle planète.
RépondreSignaler

0
URMAXIl y a 4 ans
... quand je compare les estimations des climatologues des années`70 - `80 aux modèles informatiques de nos jours, il est - malheureusement - clair que l'élévation du niveau des mers / océans, est à peu près égale à 92 fois les estimations d'alors ... Simples erreurs de calculs ? "Erreurs" de calculs monnayées en dessous de table ? Etudes faites sur la base de faux chiffres communiquée par les grands groupes chimiques ? Un peu des trois ? ... à savoir ...
RépondreSignaler

0
Stef65Il y a 6 ans

Bonsoir à tous.  Je suis très content du retour de Jepiath.

Justement Jepiath,  même si j'ai écrit que ces réflexions n'avaient qu'un vague rapport avec la mer qui monte (sujet de cet article), vous devez quand même vous souvenir du nombre de fois où j'ai écrit que tout était lié. Et il ne vous aura pas échappé non plus que j'ai un peu développé, ici aussi. 

Les autres articles que vous citez étant inaccessibles aux non premiums, après tout on peut toujours saisir la première occasion pour dire ce qu'on a sur le coeur.  Comme vous dites "Il est dès-lors difficile de traiter un sujet sans empiéter sur les autres" , mais en ce qui me concerne j'essaie de ne pas trop me disperser, ce qui n'est pas toujours facile justement du fait que tout était lié.

Ici même, comme ailleurs, nous pourrions aussi parler de l'énergie, pour changer. Parce qu'il y a quand même un lien évident entre l'énergie abondante et pas chère et le réchauffement climatique, et donc avec les glaciers qui fondent et l'océan qui se dilate. Comme il y a un lien entre cette énergie dont nous abusons et tous les autres problèmes que traite NPI, 6ème extinction, épuisement des ressources, démographie etc.  sans oublier notre ramollissement, notre embourgeoisement, et probablement aussi ce satané déni.   

Vous écrivez  "Bien sûr ni vous ni moi qui trions nos déchets, ne mangeons pas de caviar ni de foie gras chaque jour, n'avons pas de Ferrari, de Yacht et de compte dans les paradis fiscaux, n'avons un grand impact sur tout ça." 

Eh bien je ne suis absolument pas d'accord avec ça. 

Et c'est pour ça que j'ai écrit "quand la mer monte, j'ai honte". Bien sûr c'est de l'ironie, et pas grand monde n'a dû comprendre.

Mais juste en suivant vous rajoutez  "Pourtant notre responsabilité n'est pour autant pas totalement dégagée". Oh que non ! Nous n'avons vraiment pas de quoi être fiers, ni de nos réussites ni de nos échecs. Quand je dis que suis fier d'avoir échoué... c'est pour rigoler bien sûr (je précise, des fois où...)

Justement hier (26/02/2018 à 18:20) sur l'article qui se félicite du record d'installations d'EnR,  j'ai mis le lien vers un cours très intéressant sur l'énergie. Avec des chiffres (mathématiques)  JM. Jancovici, qui sur ce sujet est un très bon professeur, nous démontre par a + b combien nous sommes esclavagistes.

Alors vous voyez Jepiath,  bien que je ne crois pas aux miracles, ni à l'arrivée du Messie et encore moins à la venue soudaine de la sagesse sur Terre, eh bien je continue à semer mes petites graines. Après elles poussent, ou pas...

En tous cas, comme vous je pense que Dame Nature saura corriger nos erreurs (sans nous), je l'ai souvent dit ça aussi.

PS : Manuel a eu la riche idée d'ouvrir un forum où l'on pouvait se laisser aller à la rigolade. L'humour ne peut pas faire de mal. En tous cas il ne devrait pas.
RépondreSignaler

0
Un pote des ...Il y a 6 ans

Bonjour Jepiath, Stef, Clément et tous,

" ... ne pas trop se mouiller" Bien joué Stef  ;-)

C'est déjà pas si mal de parvenir à faire sourire sur des sujets aussi graves ...

Un pourcentage du PIB raisonnable et dans le partage, bien entendu. Rien de global ne pourra se faire sans équité. Tout le monde s'est toujours comparé aux autres. Par exemple, c'est entre autre, dans la comparaison entre tribus que naquit historiquement le pb juif. Nous avons beaucoup à apprendre de notre passé. Nous n'avons fondamentalement pas changé sur notre façon de fonctionner.

Sacrifier bon nombre de choses de notre quotidien, bien entendu aussi. Nos déplacements inconsidérés en gaspillant l'énergie fossile sous toutes ses formes (automobile, trafic aérien, ...)

Si une gouvernance mondiale forte serait bien la solution, à défaut de parvenir à faire s'entendre l'ensemble des peuples souverains, ce serait bien un casse tête sans nom pour la mettre en place, démocratiquement.

Vous m'avez sans doute compris ...

Si c'est pas démocratiquement que se mettent les choses en place, c'est pas trop dans notre ADN de peuple souverain européen que de laisser se mettre en place les choses autrement que démocratiquement.

La mobilisation d'une majorité des peuples pour une gouvernance mondiale ? Nous ne savons pas fédérer massivement des peuples ensemble, sans que des intérêts partisans ne prennent le pas.

L'alternative à cela n'est pas réjouissante, loin s'en faut. Après, il faut savoir ce que nous allons privilégier et quelle est notre priorité ?

Préférons-nous disparaître (dans de plus ou moins grandes proportions que nous ignorons encore) de façon démocratique ou préférons-nous donner une chance au genre humain et à tous les organismes vivants de cette planète, dans un autre mode de gouvernance comme jusqu'en 1975 au Portugal et pour les plus anciens d'entre nous, avec la seconde guerre mondiale ?

Cette alternative est terrible, juste en devant la décrire. Comment s'y résoudre ?

La solution, si elle existe est bien politique, avant tout. C'est une évidence. Tous les bons actes isolés seront toujours bons à prendre mais n'y suffiront pas.

Après, c'est un vrai crève coeur et un réel paradoxe, que de devoir songer que notre salut ne pourrait venir que dans un mode de fonctionnement qui nous révulse, pour toutes les raisons que nous ne connaissons que trop bien.

En final, c'est peut-être Jepiath qui a raison quand il affirme que la nature corrigera nos erreurs sans nous. C'est l'hypothèse forte actuellement qui tient la corde ...

RépondreSignaler

0
JepiathIl y a 6 ans

 Bonjour à tous,

Bertin dit qu'il faut créer une prise de conscience globale, mais convient que cela arrivera probablement trop tard…

Un pote des d…, espère prudemment en une évolution de notre bon sens…

Stef pense que le sujet développé n'a qu'un vague rapport avec la montée des eaux, probablement, mais les différents sujets traités, ( Il est trop tard ; Le mensonge dans lequel nous vivons ; Démographie : la vrai vérité qui dérange ; La 6e extinction du vivant à déjà bien commencé ; Deux minutes avant la fin du monde ) et bien d'autres articles sont d'une façon ou d'une autre interdépendants.

Il est dès-lors difficile de traiter un sujet sans empiéter sur les autres. Les fluctuations climatiques font partie de l'histoire de la planète, et qu'on le veuille ou non, elles auront lieu.

Par contre elles se sont produites à des rythmes étalés sur de longues périodes qui ont permis au vivant de s'adapter. A présent nous sommes en situation de provoquer nous-mêmes une accélération du processus, par des comportements allant contre nature et le système immanquablement s'emballe. Seuls quelques négationnistes coupables et autres, intéressés par des objectifs illusoires, nient la réalité

Depuis des années déjà des alertes ont été lancées, et à part quelques scientifiques et autres sommités, personne ne veut croire au risque que nous courrons. Il est vrai que si les réformes de l'organisation impératives de nos sociétés étaient prises, le chamboulement provoqué, aurait l'air d'un cataclysme économique et social que personne ne veut concevoir, et encore moins assumer !

Bien des choses ont été dites quant aux multitudes de causes qui nous ont emmenées dans cette voie sans issues dans laquelle nous nous sommes fourvoyés. Les évoquer encore ne sert à rien, si ce n'est espérer provoquer quelques adhésions à nos constats

Bien sûr ni vous ni moi qui trions nos déchets, ne mangeons pas de caviar ni de foie gras chaque jour, n'avons pas de Ferrari, de Yacht et de compte dans les paradis fiscaux, n'avons un grand impact sur tout ça.

Pourtant notre responsabilité n'est pour autant pas totalement dégagée, car une partie des soi-disant conforts et illusions promise, nous ont aveuglés, et altérés la pertinence dans le  choix de nos représentants.

Tel un vol d'étourneaux nous suivons une trajectoire identique dictée par je ne sais quelle force fatale.

Toutes tentatives de démontrer mathématiquement ou philosophiquement les erreurs commises, seront vaines, la nature les corrigera sans nous.

Bien à vous,

jepiath  


RépondreSignaler
🔒 Vous devez être membre et connecté
pour commenter cet article

↑ Haut de page ↑