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Les menaces assez prévisibles et dangereuses

Les nuées ardentes

Les nuées ardentes sont des écoulements pyroclastiques de petits volumes. On appelle écoulements pyroclastiques l'émission dirigée et en contact avec le sol d'un mélange de gaz et de particules solides, cendres et blocs. Ces écoulements se font toujours à grande vitesse (jusqu'à 300 km/h) et haute température (jusqu'à 500°C), mais présentent néanmoins une grande variété.

Genèse et mécanismes de transport

coulées de laveNuées ardentes sur les flancs du Mérapi - Java, Indonésie

On distingue trois origines principales.

  • Une explosion dirigée latéralement : lorsque la destruction du dôme est liée à explosion, on parle de "nuée ardente de type pélée", en référence à l'éruption du 8 mai 1902 ;
  • L'écroulement d'une colonne éruptive : "nuées ardentes de type St Vincent" en référence à une éruption de la Souffrière Saint Vincent (Guadeloupe) le 7 mai 1902 qui tua plus de 1 500 personnes. Sa caractéristique majeure étant la présence de nuées sur tous les flancs du volcan ;
  • L'écroulement d'un dôme sommital de lave visqueuse : cette destruction correspond aux simples glissements de parties instables qui génèrent des écroulements gravitaires qui ne sont donc pas provoqués par l'explosion du volcan. Ces phénomènes sont imprévisibles et très dangereux.
    Exemple du Merapi (Indonésie) le 22 Novembre 1994, on parle alors de "nuée ardente de type Merapi" ou "nuée ardente d'avalanche". En mai 2006, de nouvelles nuées ardentes glissaient sur les flancs du volcan.

Le terme nuée ardente englobe indistinctement deux grands types d'écoulement : les coulées et les déferlantes pyroclastiques :

  • Les coulées pyroclastiques
    Elles résultent d'un mélange gaz-solide à vitesse relativement faible (5-40 m/s) restant canalisé et qui suit les talwegs. Exemple : la nuée Semeru. ;
  • Les déferlantes pyroclastiques
    Les écoulements sont moins concentrés, en régime turbulent, avec des particules transportées surtout en suspension, à une vitesse très forte (50-100 m/s), mais qui décroit très brusquemt. Les déferlantes pyroclastiques se caractérisent notament par le fait qu'elles s'affranchissent de la topographie et passent les reliefs.

Les risques associés aux nuées ardentes

Ils demeurent très importants comme en témoignent :

Les grandes catastrophes historiques

Près de 37 000 victimes au XXe siècle (plus de 46 % du nombre total). Les victimes sont ensevellies par les coulées pyroclastiques ou brûlées vives par les déferlantes pyroclastiques.
La nuée la plus meurtrière de l'époque contemporaine fût celle de la Montagne Pélée en 1902 avec environ 29 000 victimes. Dès le début de l'année, de petites explosions phréatiques et des séismes sont ressentis, quelques jours avant l'éruption des pluies de cendres fines apparaissent. Le 5 mai, une usine est ensevelie par une nuée (25 morts), avec un mini tsunami à St-Pierre, mais la tenu d'élections et la déclaration rassurante de la commission scientifique pressent les habitants à ne pas fuir. La ville sera ensuite rayée de la carte par une nuée ne laissant que 3 survivants...

La prévention des risques

Il n'existe aucun moyen de protection d'ordre technique, en particulier contre les déferlantes qui tiennent peu compte de la morphologie. C'est pourquoi, seule la prévention peut limiter les risques : outre les techniques de surveillance traditionnelles de l'activité (prévision de l'éruption), il est indispensable de faire un zonage des menaces afin d'en évaluer les risques.

Conclusion

Les nuées constituent un risque majeur de par leurs intensités même si elles ne sont pas les plus dangereuses. Le risque provient davantage de leur très grande fréquence et de leur caractère imprévisible, comme en témoigne la mort de de vulcanologues expérimentés (Krafft).

Les lahars

Ce sont des écoulement non-newtonien (c'est à dire dans lesquels l'eau n'est plus le moteur de la dynamique) à matériaux volcaniques prépondérants : soit coulées de débris (> 50% blocs), soit coulées de boue (> 50% de matériaux fins sables, limons, argiles). Avec 31 500 morts, ils ont représenté 40% des victimes dus aux éruptions volcaniques au 20e siècle.

Typologie des lahars

coulées de laveFront de lahars, volcan Semeru - Java est, Indonésie
© Franck lavigne

On distingue deux grandes catégories de lahars :

  • Lahars syno-éruptifs qui se produisent pendant l'éruption, appelés aussi lahars primaires ou lahars chauds.
    Ils peuvent avoir pour origine :
    • une fonte brutale de la neige ou de la glace dûe à l'activité volcanique. Ce type de lahar compte parmi les plus dangereux car ils sont beaucoup plus volumineux, même lors d'une éruption modeste. Exemple du Ruiz, 25 000 morts alors que seulement 9% de la calotte glacière a fondu ;
    • la pénétration d'une nuée ardente dans un cours d'eau ;
    • la vidange brutale d'un lac de cratère suite à une explosion, une brèche dans la paroi du volcan ou un débordement en cas de trop plein. Ces deux derniers cas, non liés à une activité éruptive en sont d'autant plus dangereux qu'ils sont imprévisibles ;
    • les eaux de pluie (exemple du cyclone au Pinatubo).
  • Lahars post-éruptifs ou secondaires ou froids, qui remanient les dépôts de cendre ou de nuées.

Le danger vient du fait que les lahars ne suivent pas obligatoirement les talwegs, mais débordent fréquemment au niveau des coudes, des zones resserrées d'une vallée ou des ruptures de pente.

Prévention de risques

Elle est d'abord fondée sur le zonage des lahars le plus souvent à grande échelle (volcan), plus rarement à petite échelle.
Des cartes des zones menacées peuvent ainsi être dressées afin d'éviter des catastrophes. Seulement, ces informations parfois confuses ne sont pas toujours suivies par les autorités qui évacuent alors les populations au dernier moment.
De plus, des facteurs défavorables peuvent intervenir dans la diffusion de l'alerte : un mauvais temps, une heure tardive comme un match de foot important à la télé...

Le second moyen de prévention est le détecteur de lahars (simo)


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