La structure thermique des dorsales
Les dorsales sont caractérisées par un flux thermique élevé. Les relevés sismiques faits à l'aplomb des dorsales montrent l'existence d'un manteau plus chaud que la normale. On peut donc considérer que les dorsales sont des zones de remontée de péridotite asthénosphérique chaude (la péridotite est la roche constituant le manteau terrestre).
Remontée mantellique et magmatisme des dorsales
Dans des conditions normales de pression et de températures, la péridotite est une roche solide. Cependant, au niveau des dorsales, la remontée du manteau modifie ces conditions, ce qui permet à la péridotite de fondre. Cette fusion est appelée "fusion partielle" car seule une partie de la péridotite fond.
Plus la remontée de l'asthénosphère chaude est importante, plus le géotherme croise le solidus et plus la fusion partielle est importante. Donc le pourcentage de péridotite qui subit la fusion est plus important.
La fusion partielle de la péridotite donne naissance à des magmas basiques (type basaltique). Etant donné que seule une fraction de la roche mantellique fond, ces magmas n'ont pas la même composition chimique que la roche d'origine et il existe un résidu de fusion qui est une péridotite appauvrie en certains éléments.
Les dorsales forment un gigantesque système volcanique, en relief par rapport au fond des océans (les crêtes volcaniques ne sont qu'à 2500 m de profondeur alors que les fonds des océans se situent en moyenne à 4000 m). Son développement total est de 60 000 km environ !
Elle émerge parfois, donnant naissance en particulier à l'Islande, un endroit où l'on voit facilement la ride médio-atlantique s'ouvrir, de 2 à 3 cm par an en moyenne (la vitesse moyenne d'écartement d'une dorsale peut aller jusqu'à 16 cm pour la dorsale est-pacifique).
En raison des hautes pressions, les éruptions sont uniquement calmes et effusives. Les coulées apparaissent sous la forme de boules de plusieurs dizaines de centimètres de diamètre, en coussins (pillow-lavas en anglais). Chaque année plus de 20 km
3 de magma sont produits des différents centres émissifs. Ce volcanisme, de loin le plus important et le plus productif de la planète, est malheureusement le plus méconnu : chercher une éruption en cours sur les 60 000 km de dorsale revient à chercher une aiguille dans une meule de foin, et personne n'a encore eu la chance de tomber en pleine activité éruptive, à ces profondeurs. La rencontre de l'eau et du feu ne peut que s'imaginer à travers les vestiges passés de telles activités lorsque des pillow-lavas sont mis à jour.
Evolution du couple lithosphère océanique/asthénosphère
L'eau océanique froide pénètre dans la croûte océanique par les failles et se réchauffe à proximité de la chambre magmatique. L'eau réchauffée remonte alors vers la surface à des températures élevées.
Cette circulation hydrothermale permet un refroidissement de la croûte océanique. En outre, elle modifie la composition chimique et minéralogique des roches (les minéraux s'hydratent). L'altération qui en résulte entraîne des réactions chimiques qui modifient les propriétés de cette eau de mer et aboutissent à sa transformation en un fluide chaud, très acide et chargé en éléments métalliques(Mn, Cu, Zn, Fe). De retour en surface, ce fluide hydrothermal précipite des sulfures polymétalliques en se refroidissant, en formant des fumeurs noirs.
Par conséquent, on a successivement les réactions :
eau de mer + chaleur + roche basaltique = fluide corrosif (H2S + métaux dissous) + roche altérée par hydratation des minéraux
Les minéraux ferromagnésiens des basaltes et gabbros sont transformés en serpentinite (silicate hydraté de fer et de magnésium de couleur verdâtre). Cette transformation des minéraux est une altération (on parle de métamorphisme hydrothermal car cette altération se fait à cause d'une circulation d'eau chaude dans la roche)
fluide corrosif - chaleur = sulfures polymétalliques +2H+
Ces dépôts sulfurés, ou des minerais, sont les équivalents modernes de nombreux gisements métallifères anciens, bien connus sur les continents.
Au fur et à mesure de l'expansion océanique, la croûte et l'asthénosphère se refroidissent. Le sommet de l'asthénosphère se transforme en manteau lithosphérique. Il en résulte un épaississement de la lithosphère. L'augmentation de masse de la lithospère, plus dense que l'asthénosphère, aboutit à son enfoncement dans le manteau entraînant un approfondissement des océans.