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Changement climatique : le cas de l'Europe et de la France

Le réchauffement climatique en Europe et en France

Un exemple d'inondation
Pour l'Europe, la plupart des modèles climatiques prévoient un réchauffement plus marqué en été et au Sud, une augmentation des précipitations plus forte (plus abondantes en un laps de temps plus court) en hiver au Nord et une diminution des pluies plus importante en été au Sud. Depuis un siècle, l'Europe s'est réchauffée de 0,8°C.

Pour la France, deux organismes développent des modèles numériques de prévisions du climat, il s'agit de Météo-France avec Arpège et du laboratoire de météorologie dynamique du CNRS avec LMDZ. La confrontation de leurs résultats révèlent des tendances similaires qui affinent les prévisions.

Un rapport très riche réalisé par des scientifiques qui font autorité nous fourni les principaux éléments des conséquences du réchauffement climatique.

De plus :
  • selon Météo-France, depuis la fin du XIXème siècle, le réchauffement a été en moyenne de l'ordre de 1°C, soit +0,6°C dans le Nord et +1,1°C dans le Sud.
  • les températures devraient grimper d'environ 2°C d'ici à 2050
  • les volumes de précipitations devraient être plus importants en hiver (de +2% selon LMDZ à +13% selon Arpège) et plus faibles en été (-21% selon Arpège et -18% selon LMDZ)
  • la durée d'enneigement diminuera nettement à 1 500 m d'altitude, même si les précipitations hivernales devraient augmenter d'ici à la fin du XXème siècle d'environ 10%.
  • à Paris, la température de l'air s'est élevée de 2°C depuis 100 ans ainsi que celle du sous-sol comme en témoignent les 13,3 °C des caves de l'Observatoire de Paris actuellement contre 11,8 °C jusqu' en 1880
  • d'après une simulation de météo-France, la fréquence d'épisodes de fortes chaleurs (nombre de jours avec des températures dépassant 35°C) serait multipliée par 5. La canicule de 2003 illustre bien qu'une petite variation de la température moyenne peut cacher des phénomènes violents. En effet, selon Météo-France, cet épisode "dépassait de très loin tout ce qui a été connu depuis 1873 par son intensité et sa longueur" avec 4°C de plus sur les températures extrêmes alors que la température moyenne de 2003 en France a guère dépassé celle de 1998, l'année la plus chaude enregistrée sur le globe.
Depuis 25 ans, la France a été avec l'Italie le pays européen le plus touché par les catastrophes naturelles. De surcroît, sur la période d'étude 1978-2001, les 4 dernières années ont connu plus du tiers des catastrophes naturelles qui sont représentées à 75% par les inondations et les tempêtes (IFEN, 2002)

Les objectifs de Kyoto pour l'Union Européenne (UE)

L'année de référence

En vertu du protocole de Kyoto, le niveau des émissions de gaz à effet de serre lors de l'«année de référence» est le point de départ pour le suivi des progrès réalisés au niveau des émissions nationales par les États membres de l'UE-15 et par ceux qui se sont fixé un objectif de Kyoto. Il n'y a pas d'objectif de Kyoto pour l'UE-27 et aucune année de référence n'est par conséquent applicable pour les discussions concernant les progrès réalisés globalement par rapport aux objectifs de Kyoto. L'année de référence n'est pas une « année » en tant que telle – elle correspond simplement à un niveau d'émissions à partir duquel sont comptabilisées les réductions d'émissions. Pour le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d'azote, l'année de référence est 1990 pour tous les États membres de l'UE-15. Par contre, pour les gaz fluorés, les États membres de l'UE-15 peuvent, en lieu et place, choisir d'utiliser les niveaux d'émissions de 1995. Douze des 15 États membres ont choisi d'utiliser 1995 comme année de référence pour les émissions de gaz fluorés. Dans la pratique, pour l'UE-15, on peut considérer que le niveau des émissions de l'année de référence est proche de celui de 1990.

L'UE-15 a comme objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 8 % par rapport aux niveaux de l'année de référence pendant la période 2008–2012. Dans le cadre de cet objectif global, chaque État membre de l'UE-15 a son propre objectif de réduction : certains doivent réduire leurs émissions alors que d'autres sont autorisés à en limiter l'augmentation (« partage du fardeau »). Les nouveaux États membres ont des objectifs individuels, à l'exception de Chypre et de Malte, qui n'en ont aucun. Les pays peuvent atteindre ces objectifs par divers moyens.

Le système communautaire d'échange de quotas d'émission

Le système communautaire d'échange de quotas d'émission est l'outil de l'Union européenne pour lutter contre le changement climatique, qui permet aux industries de réduire leurs émissions de CO2 de la manière économiquement la plus rentable. Il exige la fixation d'un plafond pour toutes les importantes sources d'émission de CO2. Dans l'UE-15, l'échange de quotas d'émissions devrait réduire les émissions de 3,3 % par rapport à l'année de référence.

Le programme national français et les premiers résultats

Afin d'atteindre les objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, chaque pays doit prendre des mesures au niveau national, on parle alors de Programme National de Lutte contre les Changements Climatiques ou PNLCC pour la France.
Le protocole de kyoto engage la France à conserver, au pire, ses émissions de gaz à effet de serre aux niveaux de 1990 (objectif de 0%). Ce défi, bien qu'encore insuffisant n'est pas anodin puisque la croissance économique (même si elle demeure relativement faible) et la croissance démographique de la France augmentent inévitablement les émissions de GES.
Ce programme inclut la réalisation d'un inventaire annuel des émissions de polluants atmosphériques. En France, le Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables (MEDAD) confie ce travail au Centre Interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (CITEPA).

Selon son dernier inventaire, en 2005, la France a émis 558 millions de tonnes équivalent CO2 (hors Utilisation des Terres, leur Changement et la Forêt - UTCF) soit 1,6% de moins qu'en 1990. Les émissions de méthane et de protoxyde d'azote ont diminué respectivement de 17,5% et 24,2%, tandis que les émissions de dioxyde de carbone ont augmenté 5,4% (CITEPA, 02/2007).

Le facteur 4

Les travaux du GIEC montrent que pour ne pas perturber, au delà de l'acceptable, le système climatique et donc les écosystèmes et nos sociétés, la concentration atmosphérique en équivalent CO2 ne doit pas dépasser 450 ppm, ce qui correspondrait alors à une augmentation de température d'environ 2°C. Aujourd'hui, les émissions mondiales s'emballent et les concentrations atteignent déjà 380 ppm équivalent CO2 !

Afin de ne pas dépasser davantage cet objectif au niveau mondial, les émissions annuelles devront être de 4 Gt de carbone en 2050, contre 8 Gt actuellement, soit, pour une population actuelle de 6,7 milliards d'habitants, 0,6 t de carbone par habitant et par an. La France, avec 63 millions d'habitants, aurait droit, suivant une répartition proportionnelle au nombre d'habitants, à 38 Mt de carbone, c'est-à-dire une division par quatre de ses émissions actuelles (152 Mt C).

Ce défi majeur a été fixé par le Président de la République et inscrit dans la loi du 13 juillet 2005 sur la politique énergétique française. Il est l'objet du groupe de travail "facteur 4", proposant des mesures pour assurer la division par quatre des émissions de gaz à effet de serre de la France à l'horizon 2050. Un défi colossal qui semble hors de portée dans l'état actuel des choses...

Le Plan Climat

Depuis juillet 2004, la France s'est dotée d'un Plan climat. Applicable jusqu'en 2010, il sera renforcé en juillet 2006.
Selon la Mission interministérielle sur l'effet de serre (MIES), " le plan Climat 2004 regroupe des actions dans tous les secteurs de l'économie et de la vie quotidienne des français afin de stabiliser les émissions en 2010 à leur niveau de 1990 (564 MteCO2), c'est-à-dire une économie minimale de 54 MteCO2 par an jusqu'à 2010. "
Pour autant, dans le cadre d'une division par 4 ou 5 des émissions d'ici 2050, le plan Climat devrait permettre à la France de dépasser ses objectifs pour 2010, en affichant une réduction totale de 73 MteCO2.
Le Plan Climat devrait être réactualisé tous les deux ans, donc en 2006 afin de renforcer les mesures les plus efficaces.

Les différents secteurs d'émissions en France

Le secteur du transport représente en moyenne plus de 30% du total des émissions de CO2 dans le monde et ce rapport croît continuellement depuis plusieurs années dans la quasi totalité des pays. La seule circulation routière est responsable en 2004 de 17% des émissions mondiales de CO2.

Part des différents secteurs dans les émissions de CO2 en France
Parts des différents secteurs dans les émissions de CO2 en France
D'après : CITEPA / inventaire UNFCCC décembre 2004
En France, les transports sont les deuxièmes responsables des émissions de CO2 après l'industrie (tous secteurs confondus). Avec l'habitat, c'est plus de 45% des émissions de CO2 et les deux seuls secteurs qui présentent une évolution très inquiétante puisque les émissions sont en forte augmentation depuis 1990. L'habitat est souvent montré du doigt à cause des matériaux utilisés pour les constructions et des systèmes de chauffage ; les transports pour la multiplication des automobiles, la croissance inquiétante du transport aérien et l'engouement pour les 4x4.

Pour les transports routiers, la France s'est engagée à introduire 5,75% de biocarburant dans les carburants d'ici à 2008 et 10% d'ici 2015. L'objectif pour 2008 correspondrait à un gain de 7 Mteq CO2 (IFEN,01/2006).

Conclusion

Nous pouvons retenir que :
  • Par défaut, les fluctuations naturelles de température avoisinent plus ou moins 1°C par millénaire, or les températures annoncées tablent sur des changements 15 à 60 fois plus rapides !
  • les résolutions à prendre pour éviter des changements climatiques majeurs sont de plus en plus impossibles à tenir pour les pays industrialisés. En effet, le panel intergouvenemental estime qu'il faudrait réduire les émissions de 60% d'ici à 2050 pour maintenir le réchauffement de la planète à un niveau acceptable, ce qui paraît utopique vu l'inertie de nos sociétés. Une étude scientifique de l'Agence internationale de l'énergie, rendue publique alors que la conférence de La Haye se terminait, révèle que les émissions de CO2 vont augmenter d'au moins de 60% dans l'atmosphère d'ici 2020, même si les engagements de la conférence de Kyoto sont effectivement appliqués...
  • pour limiter le futur changement climatique tout en autorisant les pays pauvres à se développer, il faudrait diviser par deux la consommation par habitant des pays riches et limiter à un doublement celle des pays pauvres.
  • " Le monde entier doit s'adapter à l'évolution du climat. Nous n'avons pas le choix. Le système est en proie à une énorme inertie et, quoi que nous fassions aujourd'hui, il nous faut nous adapter au changement climatique, qui est un phénomène inscrit dans la durée. " (Rajendra Pachaury, président du GIEC, 11/2005)
Au final, les pays industrialisés qui ont la responsabilité de ce phénomène majeur qui engage la stabilité de l'humanité, peinent à mettre en oeuvre des moyens de réduction et d'adaptation à la mesure des enjeux et des conséquences ineluctables et déjà visibles.

Maintenant, " vous en savez déjà suffisamment. Moi aussi. Alors agissez. Ce ne sont pas les informations qui nous font défaut. Ce qui nous manque, c'est le courage de comprendre ce que nous savons et d'en tirer les conséquences. " Sven Lindqvist

A ce titre, la responsabilité de tous les citoyens est engagée et c'est à chacun d'entre nous aussi de faire preuve de davantage de maturité et de responsabilité.
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Page mise à jour le 20/10/2008   55 connecté(e)s Mentions légales | © 2001-2008 notre-planete.info - tous droits réservés | Publicité | Contact