La sécheresse a fortement affecté, ces dernières années, l’ensemble des pays du bassin méditerranéen, en particulier le Maroc, l’Algérie, le Portugal, l’Espagne et la France. Conséquence à cette sécheresse exceptionnelle : le désolant enchaînement d’incendies de forêts dans ces pays, auquel on assiste impuissant chaque année et qui ne semble jamais prendre fin. Chaque été, les médias rapportent la destruction des forêts méditerranéennes par le feu, ici et là, dans presque tous les pays du pourtour méditerranéen.
Sécheresse lors de la canicule de 2003 en France
Crédit : notre-planete.info
Au Maroc, 230 incendies en moyenne sont déclarés par an, pour une superficie moyenne de 3000 ha, avec un maximum en 1983 de 11.300 ha. L’année 2004 a été caractérisée par des incendies très violents, dont la forêt d’Izaren dans la région de Sidi Kacem qui a perdu 4500 ha en flammes. La région connue au Maroc pour être la zone à haut risque pour les feux de forêts et où on enregistre le plus important nombre de départs de feux, est celle du Rif. La seule région de Tétouan et de Chefchaouen a enregistré depuis le début de l’année 2005 plus de 30 incendies qui ont détruit environ 2500 ha de forêts. Dans la région de Kétama, province d’Al-Hoceima, les paysans brûlent chaque année des milliers d’hectares de forêts en pleine montagne pour gagner des nouvelles terres cultivables pour le cannabis.
En Algérie, cet été, suite à la canicule (plus de 50°C) qu’a connu le pays, plusieurs foyers de feux ont été constatés sur certains massifs forestiers. Dans la région de Batna, la plus forestière d’Algérie, le djebel Belezma et les Bni Fedhla ont été atteints par un brasier accentué par le sirocco, vent soufflant à plus de 80 km/h. Le feu a ravagé une importante partie de la forêt de cette région. En 2002, les feux ont détruit plus de 2000 ha, dans le Djebel Kimmel, dans la zone d’Arris.
La situation dans le sud de l'Europe est plus dangereuse et plus critique qu’en Afrique du Nord. Les experts constatent, après une baisse du nombre des incendies en 2004, que les feux de forêts se multiplient de façon dramatique cette année, avec une situation comparable à la saison estivale 2003, où les feux ont brûlé 740.000 ha et provoqué la mort de 40 personnes. Selon les statistiques fournies début juillet 2005, 76.000 ha de forêts ont déjà été ravagés par les feux au Portugal, auxquels s'ajoutent plus de 37.000 ha en Espagne, 14.000 ha en Italie et 15.000 ha en France depuis début août.
L'Espagne et le Portugal ont connu cette année la plus grave sécheresse de leur histoire climatique. Au Portugal, la sécheresse couvrait, fin juin, 97% du territoire mais c’est l’Algarve, la région la plus au sud, qui est la plus touchée. En Espagne, on n'avait pas vu une telle désolation depuis les années 40, et les réserves d'eau sont tombées à moins de 20% de leur capacité. En plus de la sécheresse, principale cause des incendies, la négligence humaine (barbecue allumé en forêt, randonneurs mal intentionnés, ...) et les « pyromanes » sont les causes directes de la récente hausse du nombre des feux de forêts à travers l'Europe, estime la Commission européenne.
Seuls 10% à 15% des feux sont dus à des causes naturelles.
Les feux de forêts dans le bassin méditerranéen représentent une part importante des incendies de la planète. On recense en moyenne 60.000 feux par an dans les pays à risque d'incendie de la zone méditerranéenne. Dans certains pays méditerranéens, on enregistre plus de 20.000 feux de forêt par an. Ces feux détruisent chaque année jusqu'à 700.000 ha en région méditerranéenne et le plus souvent ces incendies éclatent durant la saison sèche. Quelques 140.000 ha sont déjà partis en fumée dans les feux de forêts qui ont ravagé le sud de l'Europe au cours des sept premiers mois de l'année, selon des chiffres publiés récemment par la Commission européenne. L'an dernier, 346.766 ha de forêts avaient été détruits: au Portugal (129.600 ha), en Espagne (127.900 ha), en France (10.500 ha), en Italie et en Grèce (10.000 ha), selon le rapport annuel établi par la Commission. Les chiffres, réunis par le Système d'information des feux de forêts européen (EFFIS), montrent que la saison 2005 risque d'être assez mauvaise par rapport à l'année précédente.