De multiples études accusent
Nous ne pouvons ici que nous fier aux innombrables études épidémiologiques menées en ce domaine et en fournir un bilan synthétique.
"Les effets sur la santé des particules atmosphériques sont reconnus. Ces effets dépendent d'ailleurs fortement de leur taille, les particules de taille inférieure au micron étant capables de traverser tout le système de filtrage rhinopharyngé et de déposer dans les poumons d'une manière très efficace des polluants toxiques comme les hydrocarbures polycycliques aromatiques. Les particules grossières (plusieurs microns) sont, elles, filtrées par le système respiratoire supérieur." (J-P. WOLF, F. LAUBENHEIMER, 1999)
"Les particules émises par le moteur Diesel sont généralement considérées comme le polluant majeur responsable des manifestations toxiques aiguës ou chroniques au niveau pulmonaire" (MORIN, DIONNET, 1998)
"Il apparaît important de surveiller les particules plus fines" (ERPURS, 1997)
De surcroît, des études sur de longues périodes ont montré que c'était la décroissance du nombre de particules qui assurait une amélioration des symptômes respiratoires et des fonctions pulmonaires malgré le maintien du niveau de dioxyde de soufre ce qui souligne le rôle très important des particules.
En effet, La diminution relative observée depuis plusieurs décennies sur les teneurs en fumées noires ne doit pas cacher que la nature des particules a évolué : "tout laisse à penser que les particules présentes aujourd'hui dans l'air urbain présentent, par leur taille et leur composition chimique, une nocivité plus marquée que celles qui étaient historiquement associées aux processus de combustion industriels et du chauffage résidentiel traditionnel." (SFSP, 1996)
Un consensus se dégage donc pour considérer que l'essentiel des effets associés aux particules est le fait des particules inférieures à 3 µm environ (OMS, 1994 et Departement of Health 1995), celles qui correspondent notamment aux émissions à l'échappement des véhicules.
Les effets sur la santé en question
Les conséquences mises en évidence concernent principalement la mortalité cardio-vasculaire et respiratoire à court terme (SCWARTZ 1994, QUENEL 1996), les atteintes fonctionnelles respiratoires, l'incidence d'épisodes asthmatiques, et divers indicateurs d'activité sanitaire (consultation ambulatoires, entrées aux urgences hospitalières...).
Ainsi, selon une étude de mai 1996 du National Ressources Defense Council, 64 000 morts prématurés par an aux Etats-unis sont dûs au Diesel.
Notons également que les personnes victimes de ces décès sont essentiellement des personnes âgées et des malades atteints de maladies cardio-respiratoires chroniques très avancées (insuffisance cardiaque, bronchite chronique...) (SCHWART, 1994, BATES 1992).
Toutefois, l'enfant (plus particulièrement le nourrisson) est également menacé par l'exposition aux polluants atmosphériques. Ainsi, la nocivité potentielle des particules atmosphériques inhalées est exacerbée vu certaines spécificités anatomo-physiologiques (par exemple dans la gamme des particules de 0,5 µm, le jeune enfant voit 2 à 3 fois plus de poussières se déposer au niveau des bronchioles que l'adulte, ratio qui atteint 8 pour le nouveau-né qui respire exclusivement par la bouche) et de la petite taille qui les rapproche davantage des émissions automobiles. La fraction de particules de grande taille (entre 3 à 10 µm) se dépose de manière sélective dans les voies aériennes supérieures et au niveau de l'axe trachéo-bronchique proximal, siège fréquent de pathologies "hivernales" du petit enfant (rhinites, pharyngites, bronchites, etc.). Les particules de plus petite taille peuvent pénétrer jusqu'aux alvéoles (CSHPF, 1993).