Présentation de la pollution diesel
"Être exposé aux polluants atmosphériques c'est entrer en contact avec eux par l'intermédiaire de l'air ambiant. L'effet sanitaire éventuel est lié, notamment à la "dose absorbée". Cette dose est éminemment difficile à mesurer (Plan Régional IDF sur la Qualité de l'Air - PRQA, 1999)
L'impact de la pollution dépend de notre état de santé, de la concentration des polluants dans l'air, de la durée d'exposition, et de l'importance des efforts physiques que nous réalisons.
Ces quatre facteurs sont très importants dans l'évaluation précise de risques sanitaires liés à la pollution chez un individu. Et, ce dernier point est particulièrement sensible dans les zones de loisirs où les activités physiques et sportives sont nombreuses et les enfants plus fragiles présents.
Principales conséquences sur la santé
La pollution atmosphérique est à l'origine de symptômes tels que gêne respiratoire, toux, maux de gorge, maux de tête, irritation des yeux. Elle peut déclencher des crises d'asthme chez les asthmatiques ou diminuer la capacité respiratoire chez l'enfant. Notons qu'en France, l'asthme concerne 3 à 3,5 millions de personnes et que sa prévalence (nombre de cas anciens et nouveaux recencés) a doublé en quinze ans, pour atteindre 5 à 7% chez l'adulte et 10 à 15% chez les jeunes (programme PRIMEQUAL, 11/2003).
La pollution atmosphérique peut également déclencher des problèmes cardio-vasculaires, tels que l'infarctus du myocarde et, dans une moindre mesure, l'angine de poitrine ou les troubles du rythme cardiaque. Dans certains cas, elle peut conduire à la survenue prématurée de décès.
On connaît moins bien les effets de la pollution à long terme (10-20 ans). Cependant, des études épidémiologiques menées aux États-Unis ont mis en évidence que les habitants des villes polluées meurent un peu plus tôt que dans les villes moins polluées, de cancer du poumon notamment (Institut de Veille Sanitaire, 1999). Et, les études épidémiologiques réalisées notamment dans les années 90 en Île-de-France démontrent que la pollution de l'air est susceptible d'affecter l'état de santé des humains et ceci en tout temps, même à des niveaux d'immission inférieurs aux seuils d'alerte.
La pollution particulaire
Les véhicules de type diesel sont fortement émetteurs d'oxydes d'azote et de particules fines. En effet, les diesels émettent 30 à 100 fois plus de particules que les véhicules à essence, ce qui constitue 90 % des particules émises par l'ensemble des véhicules !
La composition des particules qui sont présentes dans l'atmosphère reste complexe à déterminer vu qu'elles résultent de mélanges de substances et d'agrégats dont l'origine, la granulométrie et la composition chimique varient en fonction du temps et de l'environnement.
On peut ainsi y relever du carbone, des composés minéraux d'origine tellurique ou anthropique (métaux, sels, nitrates, sulfates, composés organiques : Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP)).
L'adjonction d'additifs dans le gazole pour le rendre plus performant est également à l'origine de la toxicité des particules. Les sulfates et le carbone restent les constituants principaux des particules. De plus, celles qui sont émises par les différentes sources se modifient au cours de leur passage dans l'atmosphère. Par exemple, une particule carbonée d'origine diesel de 0,1 micromètre (µm) peut s'agglomérer avec d'autres particules et s'enrober de nitrates et de sulfates provenant de la transformation chimique des polluants gazeux.
Dans cette optique, nous tenterons de mieux cerner les conséquences sanitaires de la pollution particulaire.