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Les lignes à haute et très haute tension : risques pour la santé

Dossier mis à jour le 04/05/201220092 lectures

Les lignes à haute et très haute tension : risques pour la santéDR

Les lignes à haute et très haute tension en France

Ligne HTPylône chat (225 000 volts)
© C. Magdelaine / notre-planete.info

Le réseau de lignes à haute (HT) et très haute tension (THT) en France comprend environ 100 000 km de lignes de 63 000 à 400 000 volts selon RTE, le gestionnaire du Réseau de transport d'électricité en France. Un quart de ces lignes est en 400 000 volts, un autre quart en 225 000 volts et la moitié de 63 000 à 90 000 volts.
Les lignes se situent à 65 % en zone agricole et à 15 % en zone forestière.
La constitution de ce réseau s'explique par l'inégale répartition entre les zones de production et de consommation. Des lignes à forte puissance assurent donc des interconnexions entre les régions et même avec des pays frontaliers. Celles-ci sont indispensables pour assurer la sécurité des approvisionnements.

Toutefois, environ 350 000 Français vivent à proximité de lignes qui émettent des champs électriques et magnétiques d'extrêmement basses fréquences (CSHPF, 2004).

RTE est convaincu qu'en l'état actuel des connaissances, aucune relation de cause à effet n'a pu être démontrée entre l'exposition aux champs électromagnétiques (CEM) d'extrêmement basse fréquence (ELF) émis par les lignes HT et THT et la santé humaine et animale.
Pourtant, depuis quelques années, les lignes lignes HT et THT suscitent de vives inquiétudes. De plus, notamment à cause de nombreux scandales, la population doute systématiquement de la véracité de l'information qui lui est fournie, que ce soit par les experts ou les maîtres d'ouvrage. Ces craintes et cette perte de confiance tendent à bloquer la réalisation de nouvelles interconnexions.

Les risques pour la santé : une hypothèse ?

Ligne HTRaccordement au poste de transformation de Clamart, Hauts-de-Seine - France
© C. Magdelaine / notre-planete.info

Selon le Centre International de Recherche contre le Cancer de l'OMS (CIRC), ce n'est pas l'exposition aux lignes à haute tension qui, comme le café ou les cornichons, serait "possiblement cancérogène", mais le champ magnétique, quelle qu'en soit l'origine, et dans des circonstances aussi précises que rarement rencontrées. A ce titre, les lignes de transport de l'électricité ne représentent que 20 % des expositions les plus élevées aux champs magnétiques d'extrêmement basse fréquence. Les autres expositions proviennent notamment des transports et des applications domestiques de l'électricité (AFIS, 05/2010)

Selon un inventaire de l'ensemble des publications scientifiques internationales effectué par le Comité scientifique sur les risques émergents et nouvellement identifiés pour la santé (SCENHIR) de la commission européenne, s'il existe une association, dans certaines études épidémiologiques, entre les CEM émis par les lignes et une forme rare de leucémie chez l'enfant, aucun élément nouveau n'est intervenu et l'éventuelle relation de cause à effet reste indéterminée. De même, des corrélations existent avec la maladie d'Alzheimer sans pour autant qu'une relation de cause à effet soit démontrée.

En 2002, le CIRC a classé les champs magnétiques ELF (50-60 Hz) émis par les lignes HT et THT comme cancérogène possible (catégorie 2B) soit un niveau identique à celui du plomb et de l'essence. Depuis 30 ans, la plupart des travaux a écarté l'hypothèse de risques pour la santé, même si les cas de leucémie lymhoïde aigue (LLA) chez l'enfant doivent faire l'objet de recherches supplémentaires.

Au final, l'OMS (OMS 2007, aide mémoire 322) considère comme insuffisantes les preuves scientifiques d'un possible effet sanitaire à long terme.

Pour l'OPECST, "un consensus international existe : les champs électriques ou magnétiques n'ont vraisemblablement aucun impact sur la santé. Les normes existantes n'ont pas à être modifiées. Cependant trois cas font débat : l'électrohypersensibilité, certaines maladies neurodégénératives et les leucémies infantiles."

L'électrohypersensibilité

Les symptômes d'hyper-sensibilité électromagnétique regroupent divers troubles : maux de tête, irritabilité, vertiges, état dépressif, sommeil perturbé, perte de mémoire, perturbations auditives, visuelles...

Officiellement, ces troubles n'ont pas de lien causal démontré et pourraient relever d'un effet nocebo, c'est à dire d'une nuisance imaginée mais qui peut avoir de véritables effets sur la santé.
Une anecdote témoigne de cet effet nocebo. Plusieurs médias ont relayé cette plainte collective à Saint-Cloud en avril 2009 suite à l'installation de deux antennes relais à proximité de logements. Les symptômes étaient inquiétants : saignement de nez, maux de tête, sensations désagréables... Et pourtant, les antennes n'étaient ni branchées, ni en fonctionnement...

Pour autant, le Centre de recherches indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (CRIIREM) souligne dans son étude que les lignes HT et THT provoquent des symptômes significatifs chez les riverains de lignes à haute tension, et ce jusqu'à 300 m des lignes... Même si il s'agit ici d'une enquête sur un ressenti et non pas d'une étude épidémiologique.

Ainsi, l'électrohypersensibilité (EHS) demeure un syndrome auto-déclaré et non diagnostiqué. Aucun lien de cause à effet n'a été démontré. L'OPECST souligne "qu'il convient cependant de prendre au sérieux la souffrance des patients et de mettre en place un réseau national de prise en charge et de recherche clinique." En effet, l'absence de preuve sur la causalité n'exclut pas la persistance de troubles significatifs : "la présence des lignes modifie effectivement les conditions de vie. Il n'est plus acceptable de continuer à nier l'impact des lignes très haute tension sur les riverains", conclut l'étude CRIIREM / STOP-THT.

Les maladies neurodégénératives

Selon le rapport de l'OPECST, des études ont mis en avant un lien avec certaines maladies neurodégénératives, notamment Alzheimer chez les conducteurs de train en Suisse. Il s'agit d'une hypothèse. C'est pourquoi, le rapport recommande de conduire les recherches appropriées et notamment de mener une étude épidémiologique à la SNCF comme cela a été fait à la RATP. Cette dernière étude a été négative.

Les leucémies

Selon le rapport de l'OPECST, ces maladies touchent essentiellement les enfants de 0 à 6 ans. Elles sont multifactorielles et rares (470 cas/an en France). Les champs magnétiques, en général, n'en expliqueraient qu'entre 3 et 12, et ceux émis par les lignes à haute et très haute tension que 0,5 à 3.

Le risque est donc très faible mais l'inquiétude n'est pas illégitime. Par conséquent, le rapport propose une nouvelle évaluation par l'AFSSET en 2015 et, d'ici là, de relancer les recherches et d'éviter d'augmenter le nombre d'enfants exposés.

Les premières mesures d'exposition des personnes

Ligne HT© C. Magdelaine / notre-planete.info

Deux études novatrices ont été menées en France d'une part, par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) sur la commune de Champlan en Essonne et, d'autre part, par SUPELEC à travers le programme EXPERS.
L'objectif était de mesurer l'exposition individuelle aux champs électromagnétiques d'un individu à l'aide d'un appreil de mesure porté pendant la journée. Et les sources sont nombreuses : four à micro-ondes, téléphone, portique du supermarché, transports électriques, lignes à haute tension...

La première a montré qu'au-delà de 100 m, les CEM issus d'une ligne à haute tension ne peuvent plus être distingués du bruit de fond électromagnétique ambiant. A ce titre, à Champlan, la valeur moyenne d'exposition est de l'ordre de 4 micro tesla (unité de mesure internationale pour l'induction magnétique) alors que la norme européenne définie en 1999 est de 100 micro teslas. Cette norme a elle-même était définie à la suite d'une division par 50 de l'exposition maximale afin de prendre en compte le risque chronique.
Les premiers résultats du programme EXPERS montrent que les enfants sont nettement moins exposés que les adultes essentiellement parce qu'ils ne prennent pas les transports en commun électrifiés. Leur moyenne d'exposition serait inférieure à 0,4 micro tesla (µT).

Les conséquences des lignes à haute tension sur les animaux

Les animaux d'élevage

Le Groupe permanent de sécurité électrique (GPSE) exclu tout lien avec les CEM émis par les lignes HT et THT.
En effet, de nombreuses données scientifiques internationales excluent tout effet direct des champs sur les animaux. "En revanche, ils peuvent provoquer des courants induits ou de fuite qui ont, s'ils sont suffisamment importants, des conséquences négatives sur les élevages", souligne le rapport de l'OPECST.

Cependant, selon l'étude la CRIIREM "Vivre avec une ligne THT ?", les animaux d'élevage exposés aux champs électromagnétiques de lignes à hautes tensions présentent des troubles du comportement : nervosité, agressivité, hésitation... qui se manifestent notamment par des traites inégales, des diminutions de poids, et un ralentissement de la croissance.

Notons que les champs électromagnétiques provenant des lignes à haute tension peuvent changer le comportement des abeilles qui y sont sensibles car ils ont de petits cristaux abdominaux qui contiennent de la magnétite.

Les animaux sauvages

Outre les effets éventuels des CEM sur les animaux, des études datant de fin 2011 montrent que dans la région Afrique-Eurasie, de l'ordre de 10 000 oiseaux meurent chaque année par électrocution et 100 000 par collision avec les lignes électriques. En général, les oiseaux de grande taille semblent les plus touchés.

Les solutions du côté de l'aménagement du territoire

La limite des 100 ou 200 mètres pour toute construction

Le Grenelle de l'environnement n'a pas pas suivi les demandes qui visaient à interdire toute construction à moins de 200 m des lignes HT-THT, cette mesure n'étant pas jugée pertinente. Toutefois, le Grenelle a insisté sur la nécessité de mieux informer le public, de développer la recherche et de garantir un expertise indépendante et transparente. A ce titre, un décret de loi Grenelle 2 fixe les modalités de surveillance et de contrôle des ondes émises par les lignes électriques. L'ensemble du réseau électrique devrait être inspecté d'ici fin 2017 : chacun pourra alors prendre connaissance de l'intensité électromagnétiques des lignes électriques françaises.

Toutefois, la question ne semble pas réglée car l'Agence Française de Sécurité Sanitaire et au Travail (Afsset) a récemment mis en cause les lignes à haute tension, contre l'avis des experts mandatés. Ainsi, l'Afsset recommande de "ne plus augmenter le nombre de personnes sensibles exposées autour des lignes de transport d'électricité à très hautes tensions et de limiter l'exposition". A ce titre, l'Afsset préconise "la création d'une zone d'exclusion de nouvelles constructions d'établissements recevant du public qui accueille des personnes sensibles de minimum 100 m de part et d'autre des lignes de transport d'électricité à très hautes tensions". Pourtant, les rapporteurs déclarent que "les preuves scientifiques d'un possible effet sanitaire à long terme sont insuffisantes pour justifier une modification des valeurs limites d'exposition actuelles".

L'enfouissement des lignes

Cette alternative n'est malheureusement pas généralisable aux lignes à très haute tension à cause de son coût et de contraintes techniques. Toutefois, cela peut-être une solution dans des cas particuliers. A cet égard, le rapport de l'OPECST préconise "l'effacement progressif dans des conditions financières adaptées, des lignes à 225 kV surplombant des habitations dans les agglomérations".

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