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L'énergie nucléaire

La production

Centrale nucléaire en France
© Sandrine Espitalier - tous droits réservés

En 2006, 442 réacteurs fonctionnaient dans 31 pays différents à travers le monde, ce qui correspond à 370 GW (gigawatts), soit environ 17% de l'électricité mondiale, ou encore un peu plus de 6% de l'énergie mondiale, ce qui représente autour de 2,5% de l'énergie consommée au monde (à cause des pertes en ligne notamment).

En avril 2011, 437 réacteurs étaient en fonctionnement dans 30 pays différents à travers le monde, ce qui représente environ 13 % de l'électricité produite dans le monde et 5,5 % de l'énergie primaire commercialisée avec une puissance installée nette de 375 GW.

De nombreux pays ont maintenant passé leur pic nucléaire. A l'échelle mondiale, l'énergie nucléaire ne représente donc qu'une petite partie de l'approvisionnement énergétique global, et tend à diminuer.
Au cours de l'année 2009 par exemple, les centrales nucléaires ont produit 2560 TWh (2560 milliards de KWh) d'énergie électrique, soit 1,6 pour cent de moins qu'en 2008 et presque 4 pour cent de moins qu'en 2006, une année record avec une production de 2658 TWh (Michael Dittmar, Project Syndicate, 2010).

L'approvisionnement

L'uranium, le combustible exploité dans les centrales nucléaires, est relativement dispersé dans le monde. Quatre pays concentrent près de la moitié des réserves mondiales : l'Australie (22%), le Kazakhstan (11,5%), le Canada (10%) et les Etats-Unis (10%). Le continent africain possède 20% des réserves mondiales notamment en Afrique du Sud, Niger et Namibie (Vers une énergie durable ?, 10/2010)

Au cours des dix dernières années, deux tiers seulement de la demande mondiale en combustible nucléaire – près de 68 000 tonnes d'équivalent d'uranium naturel sont nécessaires en 2010 – ont été obtenus par extraction du minerai. Les 20 000 tonnes restantes proviennent de sources secondaires, telles que les stocks civils, l'uranium de retraitement et les stocks d'uranium appauvri. A la fin 2013, 10 000 tonnes de moins proviendront de ces sources lorsque le programme dit "des mégatonnes aux mégawatts" russo-américain – qui recycle de l'uranium hautement enrichi des ogives nucléaires russes en uranium faiblement enrichi pour les centrales nucléaires – arrivera à son terme (Michael Dittmar, Project Syndicate, 2010).

Les risques de l'énergie nucléaire

Les centrales nucléaires ne sont pas infaillibles et connaissent de nombreux dysfonctionnements, la plupart du temps maîtrisés et sans conséquences, parfois très graves comme en témoignent les accidents nucléaires de Three Miles Island (1979), Tchernobyl (1986), Fukushima (2011).

Nuages radioactifs

Un nuage radioactif peut véhiculer plusieurs types d'éléments radioactifs comme le césium 134/137, l'iode 131...

Déchets nucléaires

Toutes les centrales nucléaires produisent des déchets radioactifs : un véritable casse-tête tant éthique que technologique.

Les déchets de très faible activité (TFA)

Ce sont principalement des matériaux contaminés qui proviennent du démantèlement de sites nucléaires : ferrailles, gravats, béton... Ces déchets nucléaires sont peu actifs mais les éléments radioactifs qu'ils contiennent une durée de vie très longue.

Les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC)

Ce sont des déchets "technologiques" (gants, combinaisons, outils, effluents liquides ou gazeux...) d'une durée de vie moyenne de 300 ans.

Les déchets de faible activité longue (FA-VL)

Ce sont des déchets à vie longue car la décroissance de la radioactivité se fait sur des milliers d'années. Ce sont des déchets radifères (qui contiennent du radium) et de graphite.

Les déchets de haute et moyenne activité et à vie longue (HMA-VL)

Il s'agit des déchets principalement produits au coeur du réacteur ou issus du retraitement des combustibles usés. Ils demeurent extrêmement dangereux pendant des centaines de milliers d'années, notamment le plutonium 239 (24 000 ans).

Le transport des déchets nucléaires

Vu que le combustible nucléaire usé est recyclable à 96 %, celui-ci est retraité dans de rares usines spécialisées comme l'usine de retraitement de La Hague en France. Ainsi, celle-ci recupère les déchets de pays producteurs d'énergie nucléaire. Puis le résidu final de cette opération, des "déchets ultimes" qui ne peuvent plus être recyclés, sont coulés dans des matrices de verres et réacheminés dans leur pays d'origine. Ces opérations nécessitent donc des transports particulièrement suivis et sécurisés qui suscitent l'inquiétude des villes traversées, comme l'illustre le convoi radioactif de noveembre 2010 de la France vers l'Allemagne.

Les émissions de gaz à effet de serre

On affirme souvent haut et fort que le nucléaire n'émet pas de CO2, le principal gaz à effet de serre d'origine anthropique. Pourtant, il faut considérer l'ensemble du processus de production d'énergie. Par exemple, pour extraire 3 kg d'uranium au Niger, il faut sonder 1 tonne de minerai. Or, l'extraction de cette tonne de minerai nécessite l'emploi de puissants engins, des transports et une infrastructure qui émettent d'importantes quantités de CO2...
Au final, une étude montre que l'ensemble du processus de production d'énergie nucléaire émet environ 66 g Co2/kwh. C'est beaucoup par rapport aux énergies renouvelables et relativement peu par rapport aux énergies fossiles.

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