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« Il faut accroître substantiellement et de façon urgente la part des sources d'énergies renouvelables » (Sommet de la terre, Johannesburg, 2002)
Aucune échéance ni ligne de conduite pour chaque pays ne sont venues ponctuer ces belles paroles !
On sait que le soleil, qui n'est pas prêt de s'éteindre, constitue, par ses rayons, une énergie 15000 fois supérieure à celle nécessaire à la population mondiale chaque année. Pourquoi ne pas récupérer ce don de la terre ?
Nous détruisons notre planète alors même qu'elle nous offre, tous les jours, l'énergie dont nous avons besoin.
Prenons conscience des réalités, des réalités qui ne sont pas essentiellement économiques ! Nous savons très bien que nous polluons nos mers, notre sol et notre atmosphère. Mais ces éléments sont les facteurs même de l'apparition de la vie et de sa préservation ; sans eux, notre espèce s'éteindra. C'est ce que nous voulons ?
Restes d'un feu de boisLa disponibilité de services d'alimentation en énergie et en eau à des prix abordables est une condition nécessaire de la réduction significative du nombre de gens qui ont moins d'un dollar par jour pour vivre. Pour l'heure, les pauvres ne disposent toujours pas de tels services.
Bien que 800 millions de gens aient été raccordés aux réseaux électriques au cours des 20 dernières années, ils sont encore deux milliards qui brûlent du bois, de la bouse et des résidus agricoles pour se chauffer et faire la cuisine.
Les pénuries d'eau – quelque deux milliards de gens n'ont pas accès à l'eau potable ni à des installations d'assainissement adéquates – s'aggravent dans des propositions considérables. Le manque d'eau et d'assainissement accroît la mortalité et la morbidité, ce qui pèse lourd sur les systèmes de santé et réduit la productivité économique.
Sans électricité, les gens ne peuvent pas prétendre aux avantages du monde moderne : pas de réfrigération pour conserver les aliments, pas d'accès aux technologies du téléenseignement.
L'environnement subit également l'impact des modèles de développement déséquilibrés, marqués notamment par la forte inégalité de la consommation énergétique entre le Nord et le Sud. La mauvaise gestion de l'eau contribue aux catastrophes naturelles et à l'érosion des sols ; les systèmes énergétiques à bas rendement polluent l'atmosphère, acidifient les sols et l'eau et émettent des gaz à effet de serre qui ont dangereusement réduit l'épaisseur de la couche d'ozone.

Que de victimes pour cette énergie qui n'existera plus dans 50 ans ! A moins de découvrir rapidement d'hypothétiques gisements sous-marins, l'exploitation du pétrole devrait cesser dans une quarantaine d'années. Par ailleurs, la durée d'exploitation du gaz naturel est estimée à 62 ans, et celle du charbon et de l'uranium à un peu plus de 200 ans.
Ces énergies sont non seulement épuisables mais également polluantes. L'AIE (Agence internationale de l'énergie) prévoit 61% d'augmentation des consommations énergétiques mondiales d'ici à 2030 : 30% en Europe, 42% aux Etats-Unis, 119% en Chine, 188% en Asie du Sud. Vous imaginez les futurs pics de pollution !
Et la guerre, toujours la guerre...
Qui oserait affirmer aujourd'hui que le véritable enjeu des deux guerres en Irak n'était pas le pétrole ?
Cette énergie, polluante, est, depuis une cinquantaine d'année, l'objet de toutes les convoitises, et la cause de bien des bouleversements (statut des pays de l'OPEP et collusion entre terrorisme et démocratie, Koweït, Irak). Les sociétés industrialisées se sont rendues esclaves de l'or noir à cause de leurs choix en politique énergétique. Toutefois, conscients que le pétrole est épuisable, nos gouvernants vont bien devoir, par nécessité, élaborer de nouveaux systèmes d'utilisation des ressources. Il serait temps !
Néanmoins, obsédé (...par l'image du père) et jusqu'auboutiste, le gouvernement Bush s'est engagé dans un conflit perdu d'avance, et à plusieurs niveaux. D'un point de vue stratégique, presque tous les experts en géostratégie prévoyaient un enlisement et avaient prévenu d'un embrasement de la région. D'un point de vue politique, qui aurait pu imaginer que dix années d'embargo et des tonnes de bombes déversées sur des espaces urbanisés, tuant des milliers d'innocents, au mépris des institutions internationales, ne choqueraient pas l'opinion, informée un jour ou l'autre. A tel point qu'aujourd'hui le candidat Bush, pour les élections de novembre 2004, ne met plus en avant sa politique belliciste mais se reporte sur des thèmes religieux susceptibles de renverser l'opinion : éthique évangéliste, mariage homosexuel, considérations et projets de loi sur le fœtus!
D'un point de vue économique, enfin, ces milliards de dollars engageaient dans la conquête de sous-sols riches en pétrole auraient pu être mis à profit pour l'élaboration d'une politique énergétique nouvelle, qui, de toute façon, devra bien voir le jour. Dans 50 ans, nous ne pourrons plus utiliser le pétrole, épuisé, et les réserves états-uniennes se limitent à une quinzaine d'années. Quelle étroitesse d'esprit pour des dirigeants si puissants et, surtout, que d'injustices et de morts pour rien !
Les progrès technologiques ont eu sur le monde un effet unificateur sans précédent. La circulation des gens et des capitaux au niveau mondial s'accompagne d'échanges culturels plus intenses qu'ils ne l'avaient jamais été et place les responsables politiques devant des problèmes d'une complexité croissante, qu'il s'agisse de faire face aux carences en matière de sécurité ou de lutter contre la propagation des maladies.
En même temps, nous assistons à un phénomène de creusement des disparités : plus de 120 pays n'ont connu qu'une croissance négligeable ou se sont appauvris au cours des décennies écoulées. Si dans certains pays les bourses des valeurs ont dégagé des bénéfices considérables, le fardeau de la dette s'est appesanti dans des proportions intenables dans d'autres. Dans certains des pays les plus pauvres, le service de la dette dépasse de loin les dépenses publiques de santé et d'éducation, à une époque où les revenus subissent le choc de la chute des recettes d'exportation et du fléchissement de l'aide internationale. La transition qui mène à l'instauration d'une économie de marché n'a pas toujours été bien gérée et de nombreux obstacles continuent de s'opposer à l'accès au marché mondial.
Les femmes, phénomène universel, restent plus pauvres que les hommes. Et même dans les pays qui connaissent un développement général, il subsiste de profondes poches de pauvreté et des groupes entiers laissés-pour-compte. Dans d'autres pays, la lenteur de la croissance économique s'accompagne de troubles civils et d'une inquiétante propagation du VIH/sida, reléguant ainsi des millions de gens à la limite de la survie.
La technologie est porteuse d'espoirs en matière de développement, compte tenu en particulier de la diminution de son coût. Mais les promesses de la technologie ne se réalisent pas toujours en raison des limites d'accès et des insuffisances de l'infrastructure. Les ordinateurs ne marchent pas sans électricité, l'accès à Internet exige une ligne téléphonique.
Comment espérer un développement durable des pays les plus pauvres s'ils ne possèdent pas les outils nécessaires à leur mise en place ?
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