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café équitable© C. Magdelaine / notre-planete.info

Le commerce équitable

Définition du commerce équitable

caféDR

« Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l'objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète.
Les organisations du commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s'engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l'opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel. » Cette définition donnée par Artisans du Monde vient renforcer le concept du commerce équitable lancé lors de la conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) en 1964 à Genève : « Trade not Aid » (« du commerce pas la charité »).
A la suite de cette conférence, la société civile a réagi dans les années 70 pour soutenir les petits producteurs de café d'Amérique Latine, touchés par une crise économique très grave qui engendra une baisse importante du cours du café sur le marché mondial. Les petits producteurs se sont alors organisés en coopératives pour pallier leurs difficultés jusqu'à ce que la fluctuation des cours dans les années 80 bouleverse ces regroupements au profit des industriels du Nord. La fin de cette décennie voit naître le label Max Havelaar (1988) et d'autres initiatives luttant contre les inégalités commerciales entre le Nord et le Sud. Le commerce équitable connaît alors son premier véritable essor sur les marchés européens.

En 1996, les quatre organisations du commerce équitable, à savoir FLO (Fair Trade Labelling organisations International), l'IFAT (International Fair Trade Association), NEWS (Network of European World Shops) et l'EFTA (European Fair Trade Association) se sont regroupées au sein de la FINE (F pour FLO, I pour IFAT, N pour NEWS, E pour EFTA) pour promouvoir ensemble le commerce équitable. Ceci a permis d'institutionnaliser au niveau européen et international les grandes lignes de ce qu'allait devenir le commerce équitable tel qu'on le connaît aujourd'hui.

Comprendre le commerce équitable - Qu'est ce qui motive cette nouvelle forme de commerce ?

Dans un contexte économique mondial aux inégalités criantes, la nécessité de trouver une alternative en faveur des petits producteurs du Sud s'avère indispensable pour encourager une nouvelle vision des rapports commerciaux Nord/Sud.
20% des pays les plus pauvres produisent 1% du PIB mondial. Alors que 20% des pays les plus riches en produisent 86%. D'après ces chiffres, on se rend compte qu'il est impossible de nier le phénomène d'accroissement entre très riches et très pauvres. On peut se voiler la face et nier cela ou bien comprendre qu'il s'agit d'une atteinte au principe d'égalité, d'équité, voire même de dignité.
Le commerce équitable a pour but de lutter contre ce fossé grandissant des inégalités Nord/Sud via des actes commerciaux plus justes. Son origine pourrait trouver sa source dans l'article 23 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 : "quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine".

Les paysans du Sud se regroupent en coopératives sur le principe que l'union fait la force. Faire partie du commerce équitable, c'est :

  • Respecter la condition sine qua non que les producteurs reçoivent un salaire plus juste. Celui-ci ne tient pas compte des fluctuations du marché mondial, il est calculé sur une base fixe. En cas de hausse, cette méthode permet aux producteurs de percevoir un peu plus d'argent, et en période de crise, un salaire minimum doit pouvoir être redistribué. Le revenu perçu par un producteur permet de couvrir ses frais et de nourrir sa famille convenablement.
    Il est à noter que les conditions de travail sont également améliorées : les producteurs sont mieux protégés grâce à des vêtements adaptés à leurs tâches et leur temps de travail n'est plus synonyme d'exploitation. Même si ce n'est pas toujours idéal, c'est mieux que les conditions "habituelles" imposées par le marché.
    Pour prendre un exemple, un producteur de bananes dans le circuit commercial ordinaire perçoit 15% du prix de vente en Europe alors qu'un producteur issu d'une coopérative du commerce équitable recevra 30% du prix de vente pour son travail. Il s'agit là d'un produit dont la différence à l'achat pour un Européen n'est pas énorme par rapport aux marques ordinaires. Ce faible écart entre les prix se ressent cependant sur place. Alors que les producteurs du commerce équitable ont un cadre de travail décent, les conditions auxquelles sont soumis les petits paysans surexploités par des géants comme Dole ou Chiquita sont inacceptables et irrespectueuses des droits de l'Homme.

  • Pas de travail illégal des enfants. C'est-à-dire que les enfants sont envoyés à l'école. Ils ne sont en aucun cas exploités comme cela peut-être le cas dans de grandes multinationales (Nike par exemple). On peut remarquer qu'un produit à base de mangue (provenant du Cameroun) commercialisé en Allemagne lutte par exemple contre la prostitution infantile. On peut donc associer commerce équitable et mieux-être des pays du Sud en combinant plusieurs projets.

  • Les producteurs sont contraints à ne pas surdoser les pesticides ou insecticides, si toutefois ils en utilisent ! En effet, 70% des produits du commerce équitable sont issus de l'agriculture biologique. Cette démarche en faveur du développement durable est appuyée par l'interdiction formelle d'utilisation d'OGM dans ces produits.

  • Une partie du prix que paie le client final représente une prime (entre 5 et 10% du prix que paie le consommateur). Cette dernière est utilisée collectivement pour des projets sociaux de différentes natures qui profitent non seulement aux petits producteurs mais aussi à leur famille et à l'environnement. La coopérative peut décider d'investir dans un programme de formation à l'agriculture biologique, de construire une école ou un hôpital, de restaurer une route ou de mette en place un service de transports en commun...

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