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Les OGM : les risques

Les risques sur la santé

Des impacts sur la santé sont liés à l’ingestion de produits contenant des OGM, comme par exemple la possible apparition dans l’organisme humain de bactéries devenues résistantes aux antibiotiques.

Des études et un suivi sur la santé de l’animal et du consommateur sont menées afin de créer et de perfectionner des outils d’analyse précis et fiables dans le but d’améliorer la traçabilité des produits.

Les insecticides secrétés par les cultures transgéniques représentent un danger pour la santé. Par exemple, l'insecticide produit par le maïs Bt est capable in vitro de détériorer les globules rouges humains (Pour la Science, 2000).
Sur ce point, les tests sur la toxicité éventuelle des PGM restent largement contrôlés par les firmes productrices de PGM. Et les résultats, difficiles à obtenir, montrent des "effets cliniques et biochimiques chez les animaux nourris avec les PGM par rapport aux animaux nourris avec les plantes conventionnelles correspondantes" (Christian Vélot, L'Ecologiste n°18, 03/2006). Nul doute que si les animaux sont affectés par cette alimentation, l'Homme le sera également.

Les risques sur l’environnement

"Nous vivons une période de folie du progrès incontrôlé, dans laquelle se développe une série d'outils pour lesquels on ne se donne pas les moyens d'évaluer leurs conséquences environnementales" (Pierre-Henri Gouyon, membre du conseil scientifique du CRII-GEN, directeur de laboratoire CNRS, professeur à l'Agro et à l'Ecole polytechnique).
Le problème majeur est la transmission du transgène à des plantations voisines cultivées ou sauvages. Ce problème se pose également chez les animaux et notamment les poissons d’élevage qui pourraient contaminer des populations extérieures.
On recense donc les risques potentiels parmi lesquels une diminution de la biodiversité avec la disparition d'un certain nombre d'espèces en contact avec les pesticides et qui ne sont pourtant pas visées.

De plus, la mise au point d'OGM résistants, comme en témoigne l'insertion du gène de la bactérie Bacillus thuringiensis : Bt pour contrer les chenilles qui ravagent les récoltes de riz, pourrait se répandre à d'autres espèces végétales.

Il est également avancé que les OGM devraient limiter l'usage des pesticides. "Notons tout d'abord que les plus grosses compagnies vendeuses de pesticides sont également très souvent celles qui produisent des semences transgéniques ou non : Syngenta, Monsanto, Aventis, Du Pont de Nemours, Agrevo..." (F.VEILLERETTE, 2003). En effet, elles vendent des semences transgéniques capables de résister aux herbicides qu'elles commercialisent. Les deux produits complémentaires assurent à l'agriculteur des cultures transgéniques qui ne souffriront d'aucune autre plante concurrente.
Cette astuce commerciale assure un double profit à ces industries agro-alimentaies et a même permis une augmentation des ventes de 72% du Roundup (herbicide) aux Etats-Unis depuis 1997.
Ainsi, en 2003, plus de 71% des OGM cultivés ont été conçus pour résister à un herbicide et 28% pour produire leur propre insecticide. L'argument environnemental "OGM contre pesticides" ressemble donc à une véritable fumisterie.

Les risques socio-économiques

La généralisation de cultures intensives basées sur les OGM risque d'accroître la suprématie d'importants groupes multinationaux au détriment de la spécificité des cultures locales et régionales, mais également de l'agriculture biologique.
En effet, les plantes transgéniques sont brevetées et ne doivent pas être ressemées d'une culture à l'autre sous peine de forte amende.

L'aide alimentaire américaine en est un exemple : en noyant d'OGM les pays d'Afrique australe soit disant en difficultés, elle crée le terreau d'un marché considérable et trouve le moyen d'écouler ses surplus.
De surcroît, actuellement peu de petits exploitants tirent parti des prétendus avantages des OGM.

La législation française

Juridiquement, la réglementation concernant les expérimentations sur les OGM est régie par le loi cadre du 13 juillet 1992. En outre, il existe en amont et en aval :
  • la Commission de Génie Génétique qui examine obligatoirement les dossiers et donne son avis sur l’agrément donné aux laboratoires
  • la Commission du Génie Biomoléculaire, créée en 1986, définit et contrôle les conditions de dissémination d'OGM en extérieur et évalue celles de mise sur le marché. Chargée de rendre compte des impacts sur l'environnement, elle ne comprend pour autant aucun spécialiste en environnement...
  • l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) qui contrôle la sécurité des aliments issus de plantes transgéniques
  • le Comité de Biovigilance qui contrôle et évalue les risques environnementaux induits par les OGM autorisés.
  • enfin depuis fin 2002, en Europe, tous les produits destinés à l'alimentation humaine ou animale et contenant des OGM ou dérivés d'OGM devront obligatoirement être étiquetés à partir d'un seuil de présence de ces derniers de 0,9%.
Dans la pratique, les OGM sont ordonnés en classes de danger selon trois paramètres :
  • origine et nature de l’OGM cloné,
  • le vecteur (élément porteur d'une séquence d'ADN qui dirige la synthèse d'une protéine cible),
  • l’organisme récepteur.
A chacune des quatre classes de danger ainsi créées correspond un niveau de confinement : de la blouse de travail, au sas de décontamination systématique.

Pour le consommateur européen

Depuis début 2004, l'Union européenne impose que tous les produits alimentaires préemballés (additifs et arômes compris) contenant plus de 0,9% d'OGM soient étiquetés. Ainsi, tout produit issu de récoltes transgéniques devra porter la mention "ce produit est fabriqué à partir d'OGM" ou "ce produit contient des ingrédients produits à partir d'OGM" ou encore "issu d'OGM", qu'il soit inscrit au menu d'un restaurant, ou très transformé, comme l'huile, le sucre ou l'amidon. Sont exemptés, la viande, le lait et les oeufs d'animaux nourris avec des éléments transgéniques. Les mentions "sans OGM" et "sans utilisation d'OGM" ne sont acceptées qu'en l'absence démontrée d'OGM, ceci à tous les stades de l'élaboration du produit.

Cependant, selon Greenpeace, "plus de 80 % des OGM sont destinés à l’alimentation des animaux d’élevage. On nourrit avec du maïs et du soja transgéniques les vaches, les porcs ou les volailles à partir desquels on prépare des aliments (laitages, charcuterie, plats cuisinés, etc.). Or la loi n’impose pas d’étiqueter ces produits. Cette lacune de la réglementation a des conséquences très graves. Elle permet aux OGM de s’introduire dans nos assiettes à notre insu, et donc de s’imposer dans l’alimentation en dépit de l’opposition massive des consommateurs !".
A ce titre, l'organisation écologique propose un un guide sur les aliments ayant élaborés à partir d'animaux nourris avec des OGM (format PDF).

OGM et société

Grâce notamment aux progrès de la science, la santé et la sécurité alimentaire se sont régulièrement améliorées dans notre société. Néanmoins, force est de constater qu’il existe une appréhension voire un rejet complet d’une partie de la population vis à vis des OGM à cause des risques et des dangers liés aux OGM. En effet, selon une étude commandée par la Commission européenne, 71 % des Européens refusent les OGM. Cependant, il semble que ce sentiment soit moins lié aux données scientifiques qu’à une vision de la nature et de la société.
Ainsi, pour la plupart des chercheurs, la peur des OGM est scientifiquement quasi infondée compte tenu de la réglementation et des précautions mises en œuvre.
A leurs yeux, il apparaît donc nécessaire de multiplier les expertises, l’information et la communication sur ce sujet.

Notons également que cette inquiétude est liée au fait que les OGM représentent le symbole de la « main mise » des grandes sociétés internationales sur l’alimentation et l'économie, privant les agriculteurs de leur autonomie.

Conclusion : une peur fondée ?

Notons que le transfert des gènes entre bactéries par exemple existe depuis plus d’un milliard d’années et qu’il existe des gènes " sauteurs " qui apportent sans intervention humaine de nouvelles propriétés aux végétaux. Pour autant, ces transferts naturels se sont produits sur des échelles de temps radicalement différentes et de façon aléatoire. Ainsi, les écosystèmes ont pu évoluer en prenant en compte ces modifications. Or, les PGM ne se cultivent que dans un écosystème artificiel avec les intrants nécessaires à leurs développements. Une aberration à un moment où la biodiversité est largement en crise...

Hormis la recherche médicale ou l'OGM est un outil qui produit des protéines appréciables, dans l'agroalimentaire, l'OGM est un organisme que nous consommons sans assurance d'innocuité et en complète contradiction avec les problématiques environnementales actuelles.

Cette manipulation folle des briques du monde vivant génère inévitablement une forte inquiétude. Et l'on comprend aisèment les doutes et les peurs de la population (qui devrait être davantage impliquée dans ces réflexions) tant la recherche de profit supplante facilement le principe de précaution et la raison.
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Page mise à jour le 13/09/2008   47 connecté(e)s Mentions légales | © 2001-2008 notre-planete.info - tous droits réservés | Publicité | Contact