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100 000 logements français construits en zones inondables entre 1999 et 2006

4819 lectures / 5 commentaires06 mars 2009, 21 h 16

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100 000 logements français construits en zones inondables entre 1999 et 2006Les communes étudiées sont les communes à enjeux qui disposent d'une
cartographie numérisée des zones inondables. Les communes à enjeux
sont celles de plus de 10 000 habitants et à risque majeur d'inondation.

crédit : Meeddat, Cartorisque, juillet 2007 et Gaspar, 2007. Insee, RIL juillet 2006
Traitements Insee et SOeS
D'après une étude rendue publique par le Commissariat général au développement durable basée sur une étude de l'INSEE et du Service de l'observation et des statistiques, près de 100 000 logements supplémentaires ont été construits sur des zones potentiellement inondables entre 1999 et 2006 en France.

L'inondation constitue le premier risque naturel en France, avec 54 672 événements répertoriés sur 24 269 communes depuis 20 ans. Rappelons que 46 % des communes françaises sont concernées par le risque majeur d'inondation

En 1999, plus de 17 millions de personnes et près de 9 millions de résidences étaient recensées au sein des 424 communes étudiées, villes de plus de 10 000 habitants dont un secteur est soumis à un risque majeur d'inondation. A l'époque, 2,7 millions de personnes résidaient dans les secteurs inondables de ces communes et 1,45 million de logements y étaient localisés, soit prés de 16 % de la totalité des logements de ces communes.

En 2006, près de 100 000 logements supplémentaires sont comptabilisés dans ces territoires exposés. Cela représente une hausse de 7 % en 7 ans, un taux plus élevé qu'en dehors des zones inondables de ces villes, où il s'établit à 6 %, avec 430 000 logements supplémentaires.

Pour la moitié des communes étudiées, le niveau de logements implantés en zones submersibles a stagné ou légèrement diminué. Ce sont principalement des communes de petites tailles en nombre de logements et dont les zones inondables sont faiblement densifiées.

Un tiers des communes, à peine plus grandes que celles évoquées précédemment mais dont les superficies inondables sont plus conséquentes et plus densément construites, ont, elles, eu un taux de croissance identique en zone inondable et en dehors.

Mais, c'est les 13% restantes, communes se distinguant par leur grand nombre de logements - plus de 26 500 logements dans 50 % d'entre elles - et dont les secteurs inondables sont également plus étendus et très densément construits, qui sont principalement responsables de cette croissance à risque. Ce groupe cumule 74 000 logements exposés supplémentaires et son taux de croissance a la particularité d'être nettement plus élevé au sein des zones submersibles qu'en dehors : 8,2 % vs 4,4 %.

Outre la distinction faite entre les différents groupes de communes, on constate une forte disparité entre les départements. Ainsi, dans l’Hérault et l’Ille-et-Vilaine, la croissance des logements dans les parcelles inondables des grandes communes tourne autour de 20 % entre 1999 et 2006.

Les Alpes-Maritimes, le Var et le Val-de-Marne se distinguent par la construction de plus de 8 000 logements entre 1999 et 2006 dans les périmètres inondables étudiés. Ces trois départements se caractérisaient déjà par de nombreux logements exposés en 1999. Cette dynamique s'est ainsi poursuivie à un rythme moyen, de 5 à 8 % sur sept ans.

D'autres départements se singularisent par des rythmes de développement très rapides dans les zones inondables. Ainsi, dans l'Hérault et l'Ille-et-Vilaine, la croissance des logements dans les parcelles inondables des grandes communes étudiées a été de l'ordre de 20 % en sept ans.

Dans l'Eure, la Seine-et- Marne et la Meurthe-et-Moselle ce taux est un peu moindre - entre 11 % et 16 % -, mais néanmoins trois fois plus rapide que celui observé en dehors des zones inondables -3 à 4 % -. À l'opposé, des départements montrent un taux d'accroissement moindre dans les territoires exposés, particulièrement l'Isère, le Tarn-et-Garonne, les Pyrénées-Orientales et les Yvelines.

Neuf départements avec plus de 1 000 logements nouvellement construits dans les zones inondables étudiées se distinguent car ceux-ci se sont implantés en majorité dans des espaces exempts de plan de prévention du risque d'inondation (PPRI) : l'Hérault, le Gard, la Haute- Garonne, les Bouches-du-Rhône, le Rhône, la Seine-et- Marne, la Meurthe-et-Moselle, l'Ille-et-Vilaine et l'Aude.

Même si le nombre de logements situés en zones inondables des communes étudiées a augmenté de 7%, les surfaces urbaines de ces zones ne se sont étendues que de 3km2 soit une croissance de 0 ,7%.

Afin de limiter le risque, de nombreux plans de prévention du risque d'inondation (PPRI) ont été instaurés, notamment pendant la période étudiée : 61 % des communes étudiées étaient couvertes fin 2007 contre 13 % en 1999. Ces plans réglementent l'urbanisation dans les territoires exposés, en interdisant notamment la construction de logements dans deux types de terrains : les terrains exposés à des aléas très dangereux, et les terrains non urbanisés qui constituent des zones d'expansion des crues, permettant leur laminage et la réduction du risque à l'aval. Ainsi, le développement des PPRI a certainement contraint à la densification des territoires inondables déjà urbanisés plutôt qu'à leur extension.

Bien que reflétant une réalité qui ne peut être niée, ces chiffres sont à relativiser. En effet, l’intégralité des logements présents sur ces zones jugées à risques est ici prise en compte, « indépendamment de leur vulnérabilité (situation de plain-pied ou à l’étage d’un immeuble) et de l’aléa auxquels ils sont exposés (hauteur et vitesse que l’eau peut atteindre dans les parcelles où ils sont implantés) ».

Rappelons que l'Europe a subi plus de cent inondations majeures entre 1998 et 2004, causant environ 700 décès, le déplacement d'environ 500.000 personnes et au moins 25 milliards d'euros de pertes économiques. La directive européenne relative à la gestion des inondations, entrée en vigueur le 26 novembre 2007, demande aux États membres d'identifier d'ici fin 2011 et de cartographier les bassins hydrographiques et les zones côtières à risque d'ici 2013. Les Etats membres devront également établir des plans de gestion au plus tard en décembre 2015.

En France, le dispositif Vigilance ''pluie-inondation'' a également été lancé le 5 décembre 2007 afin de prévenir les précipitations et les inondations et informer les populations. Ainsi d'après une enquête publiée en mars dernier par l'IFEN, si les Français connaissent assez bien leur exposition aux inondations là où ils résident, les dispositifs de gestion et d'information sur ces risques naturels - comme le Plan de prévention des risques (PPR), le Document d'Information Communal (Dicrim) ou Départemental (DDRM) sur les Risques Majeurs ou repères de crues - demeurent encore peu connus des habitants exposés.

Référence

Croissance du nombre de logements en zones inondables - Commissariat général au développement durable, Service de l'observation et des statistiques.

Auteur

CATastrophes NATurelles.net

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info


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5 commentaires sur cette actualité

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commentaire Denis Laforme, La Prairie , QC - 06/03/2009, 22:23

Pas très fort ! Je n'en dirai pas plus, ça ressemble trop à la Louisiane.

commentaire Yves Egal, Puteaux (92) - 07/03/2009, 15:39

Rien à voir avec la Nouvelle Orléans. La plupart de ces logements ne craignent absolument rien parce qu'au nord de la Loire, il n'y a que des inondations lentes et prévisibles (et d'un niveau biern inférieur à celles du Mississipi) laissant tout leur temps aux habitants pour être évacués, et qu'au sud (comme au nord) on y a compté des logements en étage, tout à fait sûrs. Les logements réellement en danger seront carrément démolis prochainement, comme cela s'est déjà passé, dans le Gard par exemple.

commentaire Bisounours - 08/03/2009, 16:35

Et lorsqu'il y aura inondation, on accusera le réchauffement climatique..

commentaire Johanna Bordeaux - 09/03/2009, 11:51

Ah ces maires qui veulent toujours plus de contribuables quitte à en payer le prix fort !!! Bientôt dans le sud-est, ils vont construire sur la mer !!

D'un autre côté, les acheteurs particuliers devraient se méfier et consulter les PPRI avant d'acheter...

commentaire Gregory loire atlantique - 09/03/2009, 14:58

Yves Egal,

Bravo, même si les gens peuvent être sauvés, quid des dégâts ? Les gens qui ont gagné du fric à construire ces maisons (et non les assurances) devraient payer les dégâts : les promoteurs immobiliers, les mairies (qui percoivent des taxes et impôts), les entreprises de construction,... on verrait si cela continuerait à construire ! En attendant, pour les dégâts qui payent, tout le monde, car la prime d'assurance habitation augmente chaque année !

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