Plage publique de Ramlet el-Baida le 29 juillet 2006crédit : Focusmideast/IRIN
Un plan d’action d’assistance aux autorités libanaises pour le nettoyage des côtes touchées par la marée noire a été mis en place le 17 août dans le cadre d'une réunion conjointe de l’Organisation maritime internationale (OMI) et du PNUE qui s’est tenue à Athènes. Un plan d’action anti-pollution de 50 millions d’Euros a été validé.
Des représentants officiels et des experts des Nations Unies, des pays riverains et la Commission européenne , ont endossé un plan destiner à gérer les 10 000 à 15 500 tonnes - selon les estimations - de fuel qui se sont déversées dans la Méditerrané à la suite du bombardement, du 13 au 15 juillet derniers, des réservoirs d’une centrale électrique située à 30 km au sud de Beyrouth. On estime que la marée noire qui s’en est suivie a touché 150 km de côtes et qu’elle s’étend au nord jusqu'aux côtes syriennes.
Le plan a été élaboré par le groupe de travail d’experts qui travaillent sous la supervision du Centre régional méditerranéen pour l’intervention d’urgence contre la pollution - qui est géré en partie par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation maritime internationale (OMI) qui ont organisé conjointement la réunion d’aujourd’hui.
Achim Steiner, Directeur exécutif du PNUE, qui a participé à cet événement accueilli par le Ministère de la Marine Marchande grecque au Pirée, a affirmé, en parlant de la guerre, qu'il " est également triste que l'environnement en ait été la victime, ce qui est si ostensiblement souligné par les nappes de pétrole et le littoral noirci et abîmé, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur la vie des populations et leur santé, le développement économique, les écosystèmes, la pêche, le tourisme et les espèces rares et menacées ".
« Maintenant que les bombes ont cessé de tomber et que les armes se sont tues nous avons la possibilité d’évaluer rapidement l’ampleur réelle du problème et de mobiliser enfin des moyens pour commencer le nettoyage et la restauration du littoral. Les experts sont en stand-by et aujourd’hui la communauté internationale a approuvé un plan d’action. J’espère sincèrement que nous avons les garanties économiques nécessaires pour pouvoir rapidement et de manière compréhensive tenir la promesse faite au peuple libanais, et répondre a la demande d’assistance des autorités libanaises aux Nations Unies.» a-t-il ajouté.
Le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), Efthimios Mitropoulos, s'est quant à lui félicité que les participants à la conférence se soient entendus sur un plan d'action « qui jette les bases d'une large assistance aux autorités libanaises, et dans une moindre mesure syriennes, qui en ont tant besoin ».
Les coûts des opérations de nettoyage
Les experts provenant des Nations Unies, des centres de recherche, des organisations non-gouvernementales et du secteur privé, estiment le coût initial de l’opération de nettoyage à 50 millions d’Euros avec probablement un nouveau besoin de financements en 2007.
Ces estimations sont en partie basées sur les coûts de nettoyage engendrés par l’échouage du pétrolier Haven en 1991. Suite à cet accident entre 10 000 et 20 000 tonnes de brut s’étaient répandues sur le littoral italien dans les environs de Gènes. Pendant l’accident du Haven de nombreuses zones des côtes de la Ligurie en Italie et du sud de la France avaient été souillées.
Priorité et actions à court terme
Des simulations assistées par ordinateur montrent que prés de 20 pour cent du pétrole s’est probablement évaporé, que 80 pour cent s’est répandu sur le littoral avec environ 0,25 pour cent ou environ 40 tonnes encore dans la mer.
Cependant des images satellites, confirmées par le témoignage d’experts d’organisations présentes sur place telles que IUCN – World Conservation Union, suggèrent qu’en réalité d’importante quantité de fuel pourraient être encore dans la mer.
Le Plan d’action recommande qu’un observateur qualifié et indépendant survole la zone afin d'évaluer précisément la quantité de pétrole non évaporée.
Le Plan appelle également à la mise en place d’un groupe permanent constitué d’au moins trois experts dans le domaine de la lutte contre la pollution. Ces spécialistes apporteront une assistance dans les enquêtes au niveau local et interviendront comme conseillers auprès du Ministère de l’environnement libanais.
Plusieurs pays ont déjà offert des équipements pour la dépollution et l’endiguement du fuel. « L’idéal serait que chaque pays donateur mette à disposition un ou plusieurs experts pour former le personnel local à la mise en œuvre du matériel » affirme le Plan.
Parmi les autres actions prioritaires à court terme on peut citer :
- Une approche bien définie en matière de transport, collecte, stockage et incinération des déchets récupérés lors des opérations de nettoyage.
- D’ultérieures analyses des échantillons de pétrole pour vérifier s’ils contiennent des Polluants Organiques Persistants (POPs) en particulier des Bi-phénols Polychorides étant donné que le fuel provient des cuves d une centrale électrique.
- La récupération des nappes de pétrole qui flottent dans les ports, la décontamination de zones d’intérêt économique et touristique ainsi que de sites gravement touchés par la marée noire. Les autorités libanaises ont identifie 7 sites qui doivent être considérés comme hautement prioritaires et 13 autres sites qui ont été déclarés de « priorité secondaire ».
En savoir plus
La crise au Liban - Impact environnemental (dossier du PNUE)
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Programme des Nations Unies pour le développement