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Dans le cadre de la Semaine mondiale de l'eau qui se tient cette année à Stockholm du 20 au 26 août, deux importantes études soulignent que la crise de l'eau attendue plutôt pour 2025 a bien débuté tandis que la pénurie affecte maintenant durement les pays développés.
Le manque d'eau n'est plus l'apanage des pays pauvres et touche un nombre toujours plus important de pays riches et même quelques-unes des nations les plus prospères au monde. Tel est le cri d'alarme lancé par le WWF qui vient de publier un nouveau rapport sur les problèmes liés à l'utilisation de l'eau dans les pays développés.
"Rich countries, poor water" (« Pays riches pauvres en eau ») est le premier rapport global entièrement consacré à la situation des ressources en eau dans les pays industrialisés.
Le rapport démontre comment, suite aux effets combinés du changement climatique, des épisodes de sécheresse et de la disparition des zones humides qui faisaient office de réservoirs, la crise de l'eau est devenue un phénomène de portée mondiale, phénomène encore aggravé par des aménagements inappropriés et une mauvaise gestion des ressources. Le rapport met en avant quelques cas de figures qui illustrent des problèmes liés à l'eau affectant des pays comme l'Australie, l'Espagne, certaines régions du Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Japon.
Parallèlement, 700 scientifiques provenant de plus de 100 institutions différentes ont contribué à l'enrichissement et la mise à jour d'une étude menée en 2000 qui se réduisait alors à l'exploitation de la ressource eau pour les cultures.
Après 5 ans de travail, cette nouvelle version présentée aujourd'hui à l'occasion de la semaine mondiale de l'eau intègre des données planétaires sur les surfaces irriguées, l'utilisation de l'eau pour les élevages et les ressources des bassins versants.
Alors que la première version prévoyait une situation difficile pour 2025, cette étude actualisée et enrichie révèle qu'un tiers de la population mondiale vit désormais dans des régions où l'eau se fait rare : nous sommes déjà en 2025. De plus, ce sont les pays développés qui sont les plus durement touchés par l'amenuisement des ressources disponibles comme en témoignent des pays comme l'Inde, la Chine et les USA.
L'humanité vient de mettre le pied dans une nouvelle crise majeure et ceci bien plus tôt qu'estimé. "Ce ne sera pas dans des décennies : c'est maintenant" à indiqué Frank Rijsberman, directeur général de l'Institut international de gestion de l'eau (IWMI) à Battaramulla au Sri Lanka.
Cette étude souligne notamment que l'agriculture consomme déjà près des trois quart de l'eau soutirée aux rivières, aquifères et lacs et que l'accroissement de la population mondiale devrait rendre la pression sur la ressource insoutenable. En effet, la consommation d'eau à des fins alimentaires passera de 7 200 kilomètres cubes à environ 13 000 kilomètres cubes d'ici à 2050.
Quelques cas de pénuries dans les pays développés
Selon le communiqué du WWF :
- plusieurs pays d'Europe riverains de l'Atlantique sont confrontés à des sécheresses récurrentes, tandis qu'en Méditerranée, la consommation d'eau à grande échelle liée au tourisme de masse de même que l'irrigation pour l'agriculture mettent en danger les ressources disponibles. En Australie, le continent le plus aride au monde, l'accroissement de la salinité des eaux représente un problème majeur pour une bonne partie des terres agricoles les plus importantes ;
- au Japon, un pays qui bénéficie pourtant de précipitations abondantes, la contamination des eaux de consommation constitue un problème extrêmement sérieux en bien des endroits. Dans de nombreuses régions des Etats-Unis, la quantité d'eau consommée dépasse largement ce que la nature est en mesure de fournir. La situation ne pourra qu'empirer suite au changement climatique, qui va de pair avec une réduction du volume des précipitations, une augmentation de l'évaporation et des changements dans le régime de fonte des neiges ;
- dans quelques-unes des villes les plus assoiffées au monde, comme Houston et Sydney, le rythme de consommation de l'eau est bien plus élevé que celui de la reconstitution des réserves. A Londres, les pertes et les fuites dues à un réseau de distribution vétuste sont estimées à l'équivalent de 300 piscines olympiques par jour. Il est significatif de constater que des villes comme New York, dont les problèmes d'approvisionnement en eau sont moins graves, ont généralement une tradition plus ancienne de protection des zones de captage et sont agrémentées de grands espaces verts ;
- même au Brésil, qui se situe pourtant à l'avant-garde au niveau mondial grâce à son plan national d'exploitation des ressources en eau, des inquiétudes subsistent en ce qui concerne plusieurs projets de construction de barrages. Un peu partout en Inde, l'agriculture est menacée par une surexploitation généralisée des ressources en eau. Et les conséquences possibles pour l'environnement et les populations de certains projets d'infrastructures lourdes liées à l'exploitation de l'eau en Chine suscitent une inquiétude au niveau international.
Cette pression insoutenable sur la ressource en eau réclame des changements radicaux notamment sur sa gestion, sa consommation, les technologies utilisées, leur diffusion et les types de plantes cultivées. Enfin, même dans les pays riches, l'eau ne peut plus être considérée comme une ressource abondante et peu coûteuse.
En savoir plus
International Water Management Institute (IWMI) (en anglais)
World Water Week (en anglais)
Rapport du WWF
Rich countries, Poor water (format PDF - en anglais)
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)