Des coraux sains comme protection contre les tsunamis
17915 lectures / 1 commentaire30 juillet 2006, 22 h 27 - mise à jour : 03 août 2006, 13 h 15
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Recherche de disparus à Pangandaran, le 19 juillet 2006
crédit : AFP
Une semaine après le nouveau tsunami en Asie de l’est, il est l’heure de rappeler une étude actuelle de l’Union Mondiale pour la Conservation de la Nature (IUCN) en coopération avec le projet Cordio, qui insiste à nouveau sur l’importance de récifs coralliens intacts. En effet, des systèmes de récifs intacts sont capables de résister à la force de telles vagues. Un projet de l’IUCN, qui à été également présenté avec l’étude, donne le feu vert pour le rétablissement des mangroves naturels.
Les récifs de coraux de notre planète sont menacés depuis des années. De nombreux facteurs écologiques, tels que le changement climatique et les périodes d’El-Nino ont accéléré la disparition des coraux. Presque tous les récifs de l’océan indien sont concernés, mais également les Caraïbes et l’Océan pacifique. L’El-Nino de 1998 a été particulièrement dévastateur, prés de 90 % des coraux ont alors été affectés. Les causes de la disparition des ces écosystèmes- protecteurs sont toutefois diverses.
« Les récifs sont en permanence victimes d’une surpêche, en partie même avec de la dynamite, ou bien les coraux sont éclatés pour être récupérés comme matériaux de construction. A cela s’ajoute encore la pollution tellurique. Tous ces facteurs affaiblissent ainsi la capacité de défense contre des vagues de marée », confirme Jerker Tamelander, un des auteur de l’étude. « Le cycle de la destruction des récifs touche finalement à nouveau les hommes. »
À l'exemple de la région de récifs autour des Hikkaduwa au Sri Lanka qui constitue un espace marin protégé, les scientifiques ont pu constater que les régions côtières possédant des systèmes récifals intacts étaient mieux protégées que celles ayant des récifs détruits. Selon les chiffres de l’IUCN, la valeur de la préservation des régions littorales dans l’océan indien s’élève à environ 1,2 milliard d'euros. Par contre, la valeur des frange corallienne atteint la somme de 23 milliard d'euros, si on inclut les gains issus de la pêcherie et du tourisme. « Ces chiffres soulignent la nécessité d’une bonne gestion des sanctuaires marins », selon Carl Gustav Lundin, responsable du programme « Global Marin » de l’IUCN. « Ces zones agissent comme des amortisseurs contre la destruction et les maladies. »
Presque 2,2 milliards de personnes dans le monde (plus d’un tiers de la population mondiale) vivent à 100 kilomètres d’un récif corallien. En Asie du sud-est, où se trouve un quart des récifs de coraux avec la biodiversité la plus importante autour de l’Indonésie et des Philippines, 70 % de la population habitent dans les régions littorales. « L'El-Nino en 1998 a clairement montré que le réchauffement global est le plus grand facteur de destruction des systèmes récifals partout dans le monde », complète M. Lundin. « Il est évident que les efforts pour une protection efficace ne sont pas simples à réaliser. » L'assainissement des eaux côtières nécessite à lui seul des investissements de plusieurs milliards d’euros. « Un autre objectif est de rendre l'agriculture plus durable, » ce qui représente un défi sur plusieurs fronts, explique M. Lundin.
Pour protéger des vies futures dans les régions côtières contre les tsunamis, le « Green-Coast-Project » a été créé par les quatre organisations internationales « Wetlands International », « Both ENDS », le « WWF » et le « comité de l’IUCN des Pays-Bas ». L'objectif consiste à améliorer la sécurité des régions côtières dans des pays comme l'Indonésie, l'Inde, le Sri Lanka, la Malaisie et la Thaïlande. « Nous travaillons à rendre service de la même manière à la population aussi bien qu'à l'environnement » déclare Marie-Jose Vervest, qui est le chef du projet. Pour cela, des mangroves vont être reboisés, les franges coralliennes vont être nettoyées, le milieu aquatique va être soumis à une protection et des eaux littorales vont être assainies. Le projet travaille en coopération avec des gouvernements locaux et des communes, explique Vervest en ajoutant, qu’« un environnement sain est en même temps beaucoup plus attractif pour le tourisme. »
Source
Pressetext Deutschland
En savoir plus
World Conservation Union (IUCN) (en anglais)
Partnership Project Cordio (en anglais)
Green Coast Project (en anglais)
Notre dossier sur
les tsunamisAuteur
notre-planete.info (
Frank Zschiegner)
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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