
crédit : notre-planete.info
Les progrès sont trop lents dans l'amélioration de la gestion des océans et des côtes du monde. Tel est le verdict des 400 experts et décideurs venus de 78 pays pour participer à la troisième Conférence mondiale sur les océans, les côtes et les îles, qui s’est tenue du 23 au 28 janvier au siège de l’UNESCO, à Paris, sous le titre de Faire avancer l’agenda mondial sur les océans.
La conférence a fait le point sur les progrès accomplis en vue d’atteindre les objectifs fixés lors du Sommet mondial sur le développement durable à Johannesburg en 2002, ainsi que les
Objectifs du millénaire pour le développement.
Les experts nous avertissent que :
- l’objectif d’élimination de la pêche illégale et de la surexploitation avant la fin de 2004 et de 2005 respectivement n’a pas été atteint, 75 % des stocks de poissons étant soit exploités au maximum soit surexploités. Les participants ont jugé irréalistes les objectifs de Johannesburg ;
- les efforts nationaux en vue d’atteindre les objectifs liés à la pêche sont insuffisants. L’OCDE et la FAO ont nommé une équipe spéciale chargée de déterminer comment venir à bout de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée en haute mer. Conduite par Ben Bradshaw, ministre de l’environnement du Royaume-Uni, elle devrait présenter en mars un projet de plan d’action ;
- les 43 petits États insulaires en développement (PEID), qui ont juridiction sur de vastes domaines océaniques, rencontrent des difficultés pour faire respecter les politiques de conservation et de contrôle des activités menées dans leur environnement marin, en raison des contraintes logistiques et financières, qui vont en s’aggravant à cause des récentes réductions de l’aide publique au développement (APD) ;
- l’objectif d’établir des réseaux représentatifs des zones marines protégées d’ici à 2012 ne serait atteint qu’en 2085 au rythme actuel de désignation, selon une étude présentée à la conférence ;
- il n’existe pas d’organisme international responsable du suivi des progrès réalisés dans la mise en place de la gestion des écosystèmes et de programmes de gestion intégrée des côtes et des océans. Il n’existe pas non plus de collecte systématique d’informations sur le niveau de vie socio-économique des communautés vivant sur les côtes ;
- il n’existe pas d’organisme international chargé de surveiller la bioprospection au-delà des juridictions nationales, ni de définition internationale de l’objet de la bioprospection. Cela découle en partie du fait que la distinction entre recherche scientifique marine et bioprospection n’est pas claire, car il est difficile de qualifier dès le départ la finalité des travaux de recherche.
Par ailleurs, les experts signalent les progrès accomplis :
- la moitié des PEID ont adopté des programmes de gestion fondés sur les écosystèmes, et des programmes de gestion des côtes et des océans ;
- 60 États ont lancé des plans d’action nationaux pour réduire la pollution marine due aux activités terrestres, qui représente 80 % de la pollution des océans ;
- l’Australie, Palau, les îles Cook et le Costa Rica, entre autres, ont commencé à mettre en place des zones marines protégées en vue d’y préserver la biodiversité des mers et des côtes ;
- 14 pays sont « en bonne voie » de réaliser la gestion intégrée des ressources en eau (marines et terrestres) ; 51 ont « adopté certaines mesures » et 43 autres en sont encore à l’étape initiale ;
- la coopération entre PEID en matière d’océans se renforce, notamment par la création du Consortium d’universités, reliant les régions du Pacifique, des Caraïbes et de l’océan Indien ;
- la mise en place d’un processus mondial régulier d’évaluation et de suivi de l’environnement marin, y compris ses aspects socio-économiques, tout d'abord prévue pour 2004, a finalement été achevée après un retard dû à la divergence de points de vue entre certains pays concernés.
En savoir plus
Lire
les rapports des panels et
les objectifs internationaux de l’environnement marin (en anglais)
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