Après l'initiation du canon : le nuage issu de l’éruption
s’effondre, une coulée pyroclastique commence déjà à sa basecrédit : Luigi LaVolpe
Depuis 1944, le Vésuve est resté inactif. Mais s’il devait se réveiller, le danger est aujourd’hui beaucoup plus élevé, 1,2 millions de personnes vivant à proximité dans l’agglomération de Naples. Comment serait-il alors possible de sauver ces personnes ? La réponse à cette question fait en ce moment l’objet d’un ambitieux projet de protection civile auquel participent plusieurs experts en volcans de l’université de Würzburg en Allemagne.
« Le plus dangereux dans les éruptions volcaniques, ce sont les coulées pyroclastiques qui peuvent apparaître à cette occasion », déclare le Professeur Zimanowski. Comment se produisent ces coulées ? Quand un volcan produit un nuage de fumées, ce nuage issu de l’éruption peut s’effondrer vers le bas et initier une avalanche destructrice de roches incandescentes, de gaz et de cendres.
De telles coulées pyroclastiques peuvent atteindre des températures de plusieurs centaines de degrés Celsius et une vitesse de 250 km/h. Ce sont de telles coulées qui ont balayé les pentes du Vésuve détruisant Pompéi et d’autres villes en 79 après Jésus Christ. Des siècles plus tard, en 1631, il y a eu à nouveau 4 000 morts après une éruption.
Que se passera-t-il si la montagne redevient active ? Il faudrait évacuer plus d'un million de personnes, avec peut-être un très court délai d’alerte... Probablement quelque chose d’impossible. Les italiens cherchent plutôt à équiper les maisons au moins dans la périphérie du Vésuve, de telle sorte qu'elles puissent résister à ces coulées. On pense en priorité aux bâtiments comme les écoles et les hôpitaux, dans lesquels beaucoup de personnes peuvent trouver un refuge.
Toutefois, personne ne sait quelle force peuvent développer ces nuées ardentes ou quelle pression les constructions doivent soutenir. C’est à ce moment que les chercheurs allemands entrent en jeu : le Professeur Zimanowski et son équipe de l'Institut de géologie sont connus pour les simulations et analyses des éruptions et des processus volcaniques qu’ils réalisent dans leur laboratoire. C’est la raison pour laquelle ils ont été invités par l'Autorité de protection civile italienne et l’Institut de vulcanologie et de géophysique national (INGV) ainsi que par les chercheurs de l'université de Bari, à participer à un projet spectaculaire.
Dans le sud de l'Italie, à proximité de la municipalité de Spinazzola dans l’Apulie, les scientifiques ont construit un volcan artificiel, sur les flancs duquel ils simulent des coulées pyroclastiques. Ils remplissent un canon avec 300 kilos de cendres du Vésuve et tirent la charge jusqu'à 40 mètres dans l'air avec une énergie précisément prédéfinie. De cette façon, un nuage à petite échelle apparaît, mais dans les mêmes conditions qu’une vraie éruption. Quand il retombe en direction du sol, il se heurte directement à une petite colline de deux mètres composé de différentes pentes que les chercheurs ont eux-même construite et sur laquelle ils ont placé des installations techniques destinées aux mesures. De cette façon, ils saisissent une vaste gamme de données, par exemple l’évolution de la pression et de la température.
Cela n’est pas si simple qu’il y paraît.. « L’expérience elle-même ne nécessite certes que 30 secondes, mais la préparation et le démontage durent 6 à 7 heures », affirme Zimanowski. La cendre du volcan tirée dans l'air doit être préparée pour avoir la même composition et granulation qu’au moment d’une véritable éruption.
L'évaluation des données prend également beaucoup de temps, une demie année environ. Pour connaître les premiers résultat de l’étude, il faudra donc attendre la fin de l’année 2006. Dans le pire des cas, ce projet permettra de découvrir que les techniques de construction actuelles sont impuissantes contre les coulées pyroclastiques. Mais peut-être que quelques bâtiments pourront être convertis en refuges, ce qui offrirait un peu plus de sécurité aux 1,2 million d’habitants autour du Vésuve.
Source
Informationsdienst Wissenschaft
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notre-planete.info (
Frank Zschiegner)