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La croissance économique française accroît les pressions sur l'environnement
9683 lectures21 mai 2002, 00 h 00
Le nouveau rapport 2002 de l'Institut français de l'environnement (IFEN) vient de paraître, nous forunissant ainsi une batterie d'indices et des statistiques sur la santé de la France en matière d'environnement et ceci à tous les niveaux : air, bruit, sols, rivières, transports... Une mine d'informations incontournable.L'IFEN relève notamment que la période 1998-2001 s'est distinguée par le retour d'une croissance relativement forte qui a eu des conséquences ambivalentes. D'un côté, l'amélioration de la conjoncture s'est traduite par une sensibilité accrue à l'environnement des acteurs économiques comme des consommateurs : la demande de produits écologiques a fait ainsi un bond en avant spectaculaire et les pratiques de tri des déchets se sont généralisées. De l'autre, les pressions sur les territoires, les milieux, les écosystèmes se sont significativement accrues :
- La demande touristique a atteint des records historiques : la France est devenue en 2000 la première destination touristique mondiale avec 75 millions de touristes non résidents ;
- La construction de logements, notamment à la périphérie des villes et sur le littoral, a retrouvé des niveaux qu'elle n'avait pas connus depuis vingt ans : le secteur du bâtiment et des travaux publics a vu croître son activité de plus de 5% en 2000 et tablait sur la mise en chantier de 300 000 logements en 2001 ;
- Le transport routier de marchandises est passé d'un taux de croissance de moins de 2 % en 1997 à 3,5 % en 1998 puis 6 % en 1999 avant de connaître en 2000 un tassement dû à la hausse rapide du prix du gazole ;
- Pour les transports aériens, les rythmes annuels d'évolution ont dépassé 7 à 8 %, avant l'effondrement de septembre 2001 et le trafic passager des aéroports français, qui n'avait évolué que de 13,4 % entre 1990 et 1995, a augmenté de 38 % entre 1995 et 2000 ;
- L'accroissement du transit international à travers les Pyrénées ou les Alpes (le fret routier dans les Alpes croît de 4,8% en moyenne par an depuis 1985) a été particulièrement important ;
- La quantité d'emballages ménagers mis sur le marché a progressé en volume de 2,8% par an entre 1994 et 1999 et, malgré le tri, les emballages ménagers n'entraient encore que pour 10% dans le marché de la récupération en 2000.
- En matière de diversité biologique, le bilan n'est pas meilleur : s'il y a actuellement en France une douzaine d'espèces d'oiseaux de plus que dans les années soixante-dix, il s'agit d'espèces rares en faibles effectifs. À l'inverse, quelques dizaines d'espèces, autrefois communes et abondantes, mais peu spectaculaires, comme l'alouette ou le moineau friquet, ne se rencontrent plus aussi fréquemment qu'auparavant.
- Dans le domaine des déchets, les quantités produites continuent de croître au rythme de l'activité économique ou de la consommation sans que l'on parvienne, comme pour l'énergie, à les déconnecter. Chaque habitant produit un peu plus d'1 kg de déchets par jour, en progression de 1,4% chaque année depuis 1993, la consommation des ménages progressant de 1,6% en volume (hors énergie et automobile) dans le même temps.
- De nouveaux problèmes émergent : boues de station d'épuration (l'augmentation de la population et de son taux de raccordement aux réseaux collectifs, ainsi que l'efficacité croissante des processus d'épuration conduiront à produire environ 1,3 million de tonnes de boues en 2005. Aujourd'hui, 40% d'entre elles vont en décharge), traitement des farines animales (environ 1 million de tonnes à traiter chaque année), déchets de l'électronique ou du nucléaire, matériaux de construction, etc.
- Pour ce qui est des transports, les pots catalytiques, comme les nouvelles normes, ont fait leur preuve avec une baisse en cinq ans de près de 30 % des émissions de monoxyde de carbone ou de COV et de 10 % pour les oxydes d'azote. Mais l'allongement et le nombre des déplacements domicile-travail, la forte croissance de la mobilité à longue distance, la restructuration du parc automobile au profit du diesel et les perfectionnements énergétivores (climatisation, etc.) ainsi que la hausse continue de la "part de marché" du transport routier de marchandises ont contribué à limiter les effets positifs de ces changements techniques.
- L'état de certains milieux - l'océan ou le littoral pour ne citer qu'eux - est très préoccupant, que ce soit pour la qualité des eaux marines ou la surexploitation des ressources halieutiques. 92 % des stocks de poissons commerciaux de l'Atlantique du Nord-Est sont surexploités et 40 % d'entre eux sont soumis à une pression supérieure au quadruple du supportable.
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Auteur
Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 21 mai 2002, 00 h 00 - Tous droits réservés
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