L’air au-dessus de Spitzberg est visiblement polluécrédit : AWI
Depuis 1991, des scientifiques de l’Institut Alfred-Wegener pour la recherche sur les régions polaires et le milieu marin situé à Bremerhaven en Allemagne, mesurent régulièrement la quantité d'aérosol dans l'atmosphère à Spitzberg. Les dernières données sont inquiétantes...
Spitzberg est la plus grande île de l'archipel du Svalbard, dans l'océan Arctique. Début mai, les chercheurs ont observé la pollution atmosphérique la plus élevée depuis le début des mesures réalisées au niveau de la base franco-allemande AWIPEV. Les instruments de mesure ont affiché, contrairement aux conditions normales, une pollution en aérosols extrêmement élevée, qui n’est normalement atteinte que dans les rues les plus fréquentées des centres villes. La cause pourrait être une situation météorologique particulière au début du mois de mai, résultant de la pénétration de grandes quantités d’air pollué en provenance d’Europe de l’Est dans l’Arctique normalement très sain.
Les mesures à Spitzberg sont réalisées dans le cadre d’études plus générales concernant l’effet des aérosols sur le climat. Les aérosols sont de petites particules de liquide et de poussière dans l'atmosphère. Ils ont deux particularités : D'une part, ils absorbent ou reflètent le soleil, d'autre part ils servent de premier stade de condensation pour la formation des nuages. Ces deux qualités en font des facteurs d'influence importants de l’évolution climatique.
Au cours des dernières années, une concentration d'aérosol accrue a été enregistrée au printemps dans l'Arctique. Ce phénomène désigné par le nom de "Brume Arctique" n’a jamais été aussi important. L’air d’ordinaire clair à Spitzberg est devenu orange-brun foncé. Le groupe de chercheurs allemands, tout comme leurs collègues suédois de l'Institut pour les sciences appliquées de l'environnement (ITM), ont relevé jusqu’à 50 microgrammes d’aérosols dans un m3 d’air à Ny-Ålesund. Dans le même temps, l’Institut norvégien pour la pollution de l’air a constaté une très haute concentration d’ozone à proximité du sol. La valeur la plus haute depuis l’installation de la base de recherche a ainsi été constatée avec plus de 160 microgrammes d’ozone par m3.
A titre de comparaison, au niveau européen, la valeur limite journalière en aérosols à ne pas dépasser pour assurer la protection de la santé humaine est définie pour 2005 à 50 µg/m3 sur la journée ! Concernant l’ozone, le seuil d’information est fixé à 180 µg/m3 en moyenne horaire et le seuil d’alerte à 240 µg/m3.
« La pollution atmosphérique actuelle est 2,5 fois plus élevée qu’au printemps de l’année 2000. Nous nous attendons à un réchauffement significatif en conséquence », avertit Andreas Herber de l’Institut Alfred-Wegener. « Nous ne pourrons savoir si nous assistons à un commencement de tendance qu’avec la poursuite des mesures que nous avons entamées. » Les scientifiques analysent maintenant de façon plus précise l’origine et la composition chimique des aérosols.
D’après
Institut allemand Alfred-Wegener pour la recherche sur les régions polaires et le milieu marin (en allemand et anglais)
En savoir plus
French – German Arctic Research Base at Ny-Ålesund / Spitsbergen (en anglais)
Institut suédois pour les sciences appliquées de l'environnement (en anglais)
Institut norvégien pour la pollution de l’air (en norvégien et anglais)
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notre-planete.info (
Frank Zschiegner)