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Réchauffement des eaux : les coraux disparaissent irrémédiablement

17738 lectures / 4 commentaires17 mai 2006, 11 h 36

Réchauffement des eaux : les coraux disparaissent irrémédiablementImage satellite MERIS de la Grande Barrière de corail
(19/08/2004, résolution 300 m)
© ESA
Le réchauffement des eaux tropicales pourrait avoir détruit à jamais certains récifs de coraux, fragilisant alors tout leur écosystème. Une nouvelle confirmation des dégâts dont nous sommes en partie responsable...

Selon un récent rapport du programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), près d'un tiers des coraux ont déjà disparu et la perte devrait s'élever à 60% d'ici 2030.
Une nouvelle étude, menée par par Nick Graham de l'université britannique de Newcastle, entouré de chercheurs d'Australie et des Seychelles, confirme qu'une grande partie des récifs coralliens et des espèces qui y vivent "pourraient avoir été détruites à jamais".
Ces résultats, publiés dans les Annales de l'Académie américaine des sciences (PNAS) datés du 15 mai, se basent sur l'examen de 21 sites et de plus de 50 000 m2 de récifs de coraux dans les îles des Seychelles entre 1994 et 2005.

Le réchauffement des eaux tropicales et le blanchiment des coraux...

L'émission massive de gaz à effet de serre par les activités humaines a déjà entraîné le réchauffement des eaux tropicales à hauteur de 1,2°C au cours du XXè siècle (contre 0,5°C en moyenne pour les océans).
Cette hausse de température, complétée par le phénomène climatique El Niño, entraîne notamment un blanchiment des récifs coralliens depuis 1997. Ainsi, en 1998, le réchauffement prolongé de l'eau a détruit la moitié des récifs de corail de l'Océan Indien.
Le blanchissement corallien se produit lorsque les algues qui vivent en symbiose avec les polypes coralliens vivants (qui donnent leurs couleurs aux coraux) sont expulsées. Le corail blanchissant peut mourir, ce qui modifie l’écosystème des récifs et, par voie de conséquence, a un impact sur la pêche, le tourisme régional et la protection des côtes. (Agence Spatiale Européenne, 2005)

Leur étude analyse justement l'impact du réchauffement climatique sur les coraux à court et long terme. Ainsi, les effets de 1998 se font toujours sentir puisque de nombreux récifs coralliens ne sont plus capables de régénérer. L’isolement de certains récifs des îles internes pourrait aussi expliquer qu’ils récupèrent aussi mal.
Depuis, ils se sont effondrés et sont recouverts d'algues, leur disparition ayant des conséquences significatives sur de très nombreuses espèces marines qui y trouvaient nourriture et habitat.

...entraîne la fragilisation des écosystèmes

Ainsi, selon l'étude de dirigée par Nick Graham, en 2005, le territoire étudié ne présentait plus que 7,5% de récifs coralliens entraînant une chute de la diversité des espèces de poissons (jusqu'à 50% dans certaines zones), rendant l'écosystème beaucoup plus fragile.
Avec la raréfaction des espèces dans ce type d'écosystème, c'est tout son équilibre qui est remis en cause : les poissons herbivores sont moins nombreux et laissent proliférer les algues, tandis que les poissons carnivores ne trouvent plus suffisamment de nourriture.
A ce titre, quatre espèces de poissons - un type de Chétodon, deux variétés de Labridés et un poisson Demoiselle - pourraient déjà être éteintes dans la zone étudiée et six autres en voie de disparition : Pervagor Melanocephalus, trois types de Chétodon et deux sortes de poisson Demoiselle.

"Il est peut-être trop tard pour sauver nombre de ces récifs coralliens mais cette recherche montre l'importance de réduire les émissions de gaz à effet de serre et leurs effets sur les écosystèmes les plus divers de la planète", insiste Nick Graham.

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 17 mai 2006, 11 h 36 - Tous droits réservés

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4 commentaires

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avatar NIONEL - 17/05/2006, 19:20

j'ai une petite question ... le rechauffement des océans entraine la disparition des coraux, mais est ce qu'il est envisageable de les voir réaparaitre ailleurs dans des sites qui n'en possedent pas encore ?

Leur croissance est lente, mais à terme ne pourrait-on pas avoir un simple de déplacement de leur ère d'extension ?

Malheureusement le changement est peut-être trop brutal...



Nionel.

avatar Pierre Darmangeat / Indre-et-Loire - 17/05/2006, 19:23

Le récif corallien en tant qu'entité, est le plus riche, le plus diversifié (en nombre d'espèces), le plus productif et le plus fragile écosystème de notre planète, extrêmement sensible aux élévations de température d'une part, et à la hauteur d'eau au-dessus de lui d'autre part (du moins en ce qui concerne les madrépores). Si l'ensemble des récifs coralliens meurent, c'est l'ensemble des océans tropicaux qui subiront une catastrophe écologique sans précédent.



Présent à Mayotte en 1998, où je travaillais sur l'environnement marin depuis 1995, j'ai vu mourir la majeure partie

de la barrière qui protège le deuxième plus grand lagon du monde, après plus d'un mois d'exposition à une température de l'eau en surface de plus de 4 °C (conséquence du Niño) : en plongée, le spectacle est fantasmagorique, car on a subitement l'impression qu'il est tombé une abondante couche de neige sur les coraux ! Triste spectacle, qui laisse un goût très amer dans la bouche, le cœur et l'esprit car, si l'on ne peut pas grand-chose pour un phénomène naturel comme le Niño (ou la Niña), on ne peut que ressentir une très profonde colère contre notre folie collective qui hâte de façon démesurée le réchauffement de notre précieuse atmosphère : nous sommes tous responsables, nous sommes tous concernés et, malheureusement, l'écrasante majorité d'entre nous est impuissante.

La catastrophe annoncée par les scientifiques, les naturalistes, les "bonnes gens", est désormais en route et personne ne l'arrêtera de sitôt. Je n'évoque ici aucune fin du monde d'inspiration biblique ou autre, et ne suis que très prosaïquement terre-à-terre : la disparition des espèces, animales et végétales va en s'accélérant selon une courbe quasi exponentielle. Certes, nous continuerons à nous battre pour freiner le processus. Mais que sommes-nous face aux quelques dizaines de Hauts Financiers qui sont seuls à tenir les rênes du pouvoir mondial et font de la planète ce qu'ils veulent au nom de l'argent-roi…?

avatar Pierre Darmangeat / Indre-et-Loire - 18/05/2006, 11:48

Bonjour,

En réponse à Nionel, on peut sans doute envisager un déplacement des coraux dans l'espace, mais je crains que vous ayiez vous-même donné la réponse : la détérioration des milieux va trop vite. En outre, avant de se fixer, les larves des madrépores voyagent en eau libre au gré des courants, et se retrouvent au bout du compte dans les mêmes secteurs…

Dommage, car tout fonctionne à merveille sur Terre avec des bouleversements naturels ponctuels qui peuvent être très violents, mais dont notre bonne planète s'est toujours remise : tout fonctionne depuis 4,5 milliards d'années. Il a suffit qu'une espèce récente (très récente), dotée d'une intelligence dite supérieure, casse son jouet comme le premier sale gamin venu.

Mais rasssurez-vous, la Terre continuera de tourner, la vie continuera d'exister sous d'autres formes sans doute, et ce, jusqu'à l'extinction de notre soleil, prévue pour dans environ 4 milliards d'années.

Cela est vrai, mais ne change rien à nos multiples problèmes du moment, j'en conviens : comment arrêter la destruction ? Comment apprendre à l'homme à devenir enfin "Homo sapiens", ce qui, d'après mon bon vieux « Gaffiot », veut dire « Homme 1)-intelligent, 2)-sage, 3)-raisonnable, 4)-prudent » ? Tout ça pour nous ?! Il doit y avoir une erreur quelque part, braves gens…! Il serait bon que les scientifiques renomment notre espèce « Homo vanus , c'est-à-dire "Homme vaniteux" »…

avatar Wanda Haiti - 07/06/2007, 03:01

J'ai une question, Pourquoi les pays sous devellopes sont les plus a risque du rechauffement de la planete ?

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Pour éviter les abus des robots spammeurs, merci de répondre à cette question :

Sur quelle planète vivons-nous ? C'est la

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