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On croyait que l'apparition des modes de stockage numériques (via l'ordinateur) allaient sérieusement faire diminuer notre consommation de papier : il n'en est rien, nous imprimons à tout va pour profiter d'une lecture plus agréable qu'à l'écran.
Plusieurs solutions peuvent être mises en oeuvre pour diminuer l'impact sur notre environnement de la fabrication du papier dont l'utilisation de papier recyclé.
Le papier est constitué de 70 à 95 % de matières fibreuses (cellulose, pâte mécanique ou vieux papier) et de substances auxiliaires telles que colles, pigments et liants (5 à 30 %). Or, la cellulose est directement extraite du bois et la fabrication de papier émet des polluants préoccupants.
Pourquoi utiliser du papier recyclé ?
Pour satisfaire nos besoins, souvent futiles, en papier, des millions d'hectares de forêts sont abattus chaque année. Des forêts qui ne sont pas forcèment gérées durablement et qui voient donc leur écosystème détruit irrémédiablement. Au niveau mondial, 42% du bois exploité commercialement sert à fabriquer du papier et 17 % du bois utilisé provient de forêts vierges ! C'est à dire de forêts anciennes dont la richesse biologique doit être absolument préservée pour assurer notre avenir.
En Europe, les papetiers ont progressivement substitué les forêts naturelles par des plantations dans une logique industrielle à grand renfort de pesticides. Cette solution intermédiaire, n'est toutefois guère satisfaisante.
En France, 58% de la matière première utilisée par l'industrie Papetière française est aujourd'hui issue des papiers et cartons récupérés. Ce taux important fait de l'industrie papetière la première industrie de recyclage en France ! En 2004, 6 millions de tonnes de papiers-cartons récupérés ont repris le chemin du cycle papetier, soit autant de volumes qui ne seront pas incinérés ou mis en décharge. Sur les dix dernières années, le recyclage des papiers et cartons a ainsi connu une progression annuelle moyenne de 4,3% en France (Confédération Française de l’Industrie des Papiers, 01/2006).
La fabrication de papier non recyclé :
- nécessite d'importantes quantité d'eau pour extraire la cellulose : 60 litres d'eau par kilo de papier. La production de papier 100% recyclé économise environ 90% d’eau ;
- demande jusqu'à 5 000 kWh d'énergie pour sécher une tonne de papier contre 2 500 kWh pour une tonne de papier recyclé. Ainsi, la production d’une seule feuille blanche de format A4 nécessite autant d’énergie qu’une ampoule de 75 W allumée pendant une heure ;
- émet des polluants comme le dioxyde de carbone, le principal gaz à effet de serre anthropique et des composés soufrés responsables notamment des pluies acides. Le papier recyclé émet deux fois moins de CO2 ;
- contamine l'eau utilisée avec des matières organiques, surtout des organo-chlorés si le blanchiment de la pâte fait intervenir du chlore (procédé de plus en plus rare). Ces substances dangereuses, souvent cancérigènes, persistent dans l’environnement et s’accumulent dans les chaînes alimentaires.
Le recours aux produits chimiques dans la fabrication de papier recyclé est supprimé au stade de la production de la pulpe et nettement diminué au stade du blanchiment quand il a lieu. Ainsi, la charge des eaux usées en organo-chlorés (comme les dioxines, les PCB...) est fortement réduite.
- génère inévitablement d'importantes quantité de déchets qu'il faut exploiter : ces matières ne doivnt plus, depuis juillet 2002 être incinérées ou enfouies. Dans une entreprise c'est en moyenne 80 kg de papier par an et par personne qui sont utilisés !
- nécessite 2 à 3 tonnes de bois (environ 17 arbres) pour la fabrication d'une tonne de papier. Alors qu'avec une tonne de vieux papiers, on peut obtenir 900 kg de papier recyclé.
Qu'est-ce qu'un papier recyclé et quelles sont ses exploitations possibles ?
On appelle « recyclé » un papier comprenant au moins 50% de fibres cellulosiques de récupération (papier-carton), c'est à dire qui proviennent de déchets de papier imprimé (post-consommation). Beaucoup de fabricants proposent une teneur de 100% pour des grammages de 60 à 350 g/m² pour tous types d'impressions et d'éditions sous divers coloris.
Les déchets de papier proviennent de déchets de papeterie, de haute qualité (pré-consommation) et de déchets imprimés (post-consommation).
Si la teneur en fibres cellulosiques est inférieure à 100%, il s'agit alors d’un mélange de fibres recyclées et de fibres vierges, par exemple : 90/10, 75/25, 60/40 ou 50/50.
Enfin, au cours du recyclage, le papier peut être désencré ou non, blanchi ou non et lavé au savon biodégradable.
Le papier le plus « écologique » est le papier 100% recyclé de post-consommation, non désencré, non blanchi. Il est de couleur gris-beige clair.
Les démons du papier recyclé
Le papier recyclé a longtemps souffert de sa mauvaise réputation : il était considéré alors comme pelucheux et absorbant pour l'encre avec une abondance de poussières qui favorisait le bourrage papier des imprimantes. Ce n'est heureusement plus le cas et de sérieux progrès ont été réalisés comme en témoignent les contentements de nombreux organismes et administrations.
Du côté des fabricants de matériel d'impression, Canon, par exemple, garantit que le papier recyclé peut être utilisé sans problème sur tous les appareils (sans augmenter le taux de défaillance ni la consommation de toner ou d'encre).
Le recyclage des vieux papiers ne se réalise malheureusement pas ad vitam aeternam. En effet, au fil des opérations de recyclage, la qualité des fibres diminue : elles sont abîmées et ont tendance à se raccourcir. Selon le type de papier à fabriquer, on estime qu'une même fibre peut être réutilisée en moyenne de 2 à 5 fois. C'est pourquoi il faut ensuite introduire dans la fabrication du papier recyclé des fibres vierges en complément des fibres recyclées.
Des écolabels pour s'y retrouver
Des écolabels permettent de certifier la qualité et le faible impact sur l'environnement du reclyclage et de l'utilisation de papiers recyclés : écolabel allemand ("Ange bleu"), écolabel nordique ("Cygne blanc") et l’écolabel européen.
Les principales caractéristiques garanties par l'écolabel européen sont :
- Utilisation exclusive de fibres recyclées ou vierges provenant de forêts gérées de façon durable
- Limitation de la consommation d’énergie au cours de la production
- Réduction des émissions aériennes de souffre et de gaz à effet de serre au cours de la production
- Diminution de la pollution de l’eau par les composés chlorés et les déchets organiques au cours de la production.
En savoir plus
Sources
Entreprises et administrations - L’environnement, une pratique quotidienne, 2005 (ADEME,WWF,Chalons sur Saône)
Annuaire des produits recyclés
Administration éco-responsable
Le Réseau Eco-consommation - Le papier recyclé
WWF
Confédération Française de l’Industrie des Papiers
Agenda 21 état de Vaud, Suisse -
Papier recyclé, le choix qui s’impose ! Compte-rendu du séminaire du 24 mai 2005 à Yverdon-le-bains
Liens
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