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Le transport de marchandises au service de l'environnement et de l'économie
14523 lectures / 2 commentaires22 mars 2006, 12 h 39
Dans un contexte où changement climatique et hausse des prix de l’énergie sont devenus des réalités, le secteur des transports se doit d’engager une réflexion et des actions concrètes pour garantir la compétitivité du système économique. L’ADEME, dont l’une des missions consiste à favoriser la diminution des nuisances liées au transport de marchandises, fait le point sur les multiples impacts environnementaux et énergétiques du secteur du transport et propose des solutions, technologiques ou organisationnelles, pour accompagner les nombreuses évolutions des entreprises de ce secteur.
Un poids économique incontournable mais une rentabilité de plus en plus difficile
Le transport est devenu une composante incontournable de presque toute activité moderne : en un siècle et demi, les échanges de marchandises ont été multipliés par 1000 à la surface du globe. Dans nos sociétés occidentales, il n'est quasiment pas une activité industrielle ou agricole qui soit purement locale, sans utilisation d'un moyen de transport entre le lieu de production et le lieu de consommation. Cette croissance est essentiellement supportée par le transport maritime, premier vecteur des échanges internationaux, suivi de près par le transport routier.
En France, les poids lourds, par leur flexibilité, leur rapidité et donc leur rentabilité, sont depuis de nombreuses années le maillon central du transport de marchandises : ils assurent 80 % des échanges commerciaux (régionaux et longue distance).
Par ailleurs, la France, au carrefour des principales routes européennes, supporte une grande partie du trafic intra-européen. Entre 1990 et 2000, le transport national de marchandises en France a augmenté de 30%, avec une augmentation de près de 70 % pour le seul trafic de transit.
Dominés par le transport routier depuis des années, les transports de marchandises ont été particulièrement touchés par les hausses successives du prix du pétrole : la part de l'énergie dans le coût de revient du transport routier est aujourd'hui en moyenne de 25 % (pour les semi-remorques de 40 t sur les grandes distances) ; elle était de l'ordre de 16 %, il y a dix ans.
Face à la hausse des prix devenue incontournable, les entreprises de transport doivent désormais trouver des solutions pour limiter leur consommation d’énergie et sauvegarder ainsi leur rentabilité.
De plus, la forte consommation de produits pétroliers du secteur des transports génère d’importants impacts environnementaux :
- La responsabilité du secteur des transports dans les émissions atmosphériques est en effet loin d’être négligeable avec, par exemple, 54 % des émissions de NOx (oxydes d’azote) et 37 % des émissions de CO (monoxyde de carbone).
- Enfin, en matière de lutte contre le changement climatique, en l'espace de 40 ans, les transports sont devenus le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre en France.
Pour faire face à ces défis, ce secteur doit recourir à des solutions nouvelles, tant organisationnelles que technologiques, aucune des options aujourd’hui envisagées n’étant susceptible d’offrir seule un potentiel suffisant.
Transport de marchandises, les priorités de l’ADEME
L’ADEME mène des actions à la fois au niveau des technologies et de l’organisation des transports, avec comme objectifs d’optimiser les déplacements des biens, en réduisant la demande de mobilité et les impacts environnementaux. Ces actions sont accompagnées d’une sensibilisation de la profession par des journées techniques, l’édition de guides et de logiciels et la participation à des salons professionnels.
- Diminuer la part du transport routier de marchandises…
Le fret interurbain est le secteur qui devrait croître le plus fortement dans les prochaines années, notamment en raison de la part du transport routier. Pourtant des gisements d’économie et de substitution significatifs existent. L’une des premières priorités de l’Agence est donc d’agir pour diminuer la part du transport routier dans le transport de marchandises. - …en favorisant le développement des modes de transport non routiers, en particulier le transport combiné…
L’action de l’ADEME vise à promouvoir l’utilisation de modes alternatifs au transport routier (transport combiné, voie navigable, cabotage maritime), dont l’efficacité énergétique est bien meilleure. L’action de l’ADEME passe par :
- un soutien à la recherche-développement dans le cadre du PREDIT (programme national de recherche et d’innovation dans les transports terrestres), afin de mobiliser les chercheurs sur la caractérisation des flux, les facteurs de choix du mode de transport, les moyens d’améliorer l’offre, le développement, l’expérimentation et l’évaluation de matériels et d’organisations de transport innovants. L’agence accompagne également le développement de technologies propres dans le cadre du Plan Véhicules propres et économes (programme du PREDIT) avec en particulier pour objectif une réduction de l'impact du transport de marchandises par poids lourds. L’agence soutient également des opérations exemplaires visant à promouvoir les innovations.
- un soutien direct au développement du transport combiné par des aides à la décision pour les études d’opportunité et des aides à l’acquisition de matériels spécifiques. Le transport combiné, combinant des parcours terminaux routiers à un mode principal plus économe (fer, voie navigable, caboteur maritime), allie de bonnes performances énergétiques à la capacité de fournir un service de porte à porte de qualité. - …et en incitant parallèlement les entreprises à réexaminer leur organisation logistique.
Les chargeurs ont une responsabilité importante sur les consommations d’énergie et les émissions de CO2 dont leur logistique est à l’origine. Leur sensibilisation à cet aspect constitue un enjeu majeur pour l’ADEME. C’est dans cet objectif qu’a notamment été développée la méthode d‘évaluation du Bilan carbone® de la fonction logistique. Cette méthode permet aux entreprises d’identifier le potentiel d’économie d’énergie et de réduction des émissions de CO2 offert par l’optimisation de leurs schémas logistiques et d’agir en conséquence.
Les transports en France : quelques chiffres
Part du secteur des transports dans la consommation nationale de produits pétroliers (2004) :
51 Mtep (29%du total national) dont 56% pour le transport de personnes et 44% pour le transport de marchandises
Part du secteur des transports dans les émissions de gaz à effet de serre en 2004 : 149 Mteq CO2 (26%)
Part du secteur des transports dans les émissions atmosphériques :
54% NOx (oxydesd’azote)
27% COVNM (composés organiques volatils non méthaniques)
37% CO (monoxyde de carbone)
25% HFC (Hydrofluorocarbone)
8,5% particules
7,5% SO2 (dioxydedesoufre)
Valeur ajoutée du secteur du transport
- 4,5% du PIB pour le transport
- 1,2 % du PIB pour le transport routier de marchandises
Le transport de marchandises un secteur essentiellement composé de PME-PMI
Plus d’1 million emplois (4% de l’effectif national) dont :
- 31,5 % transports de marchandises
- 21,5 % activités annexes et auxiliaires de transport
- 15,7 % transport ferroviaire
-13,4 % transports routiers de voyageurs
Près de 80 % des entreprises de transport routier emploient moins de 5 salariés.
Un parc de 270 000 véhicules utilitaires.
En savoir plus
Notre dossier sur
la pollution atmosphériqueAuteur
ADEME ; date originale : 22 mars 2006, 12 h 39
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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Nathalie de Gironde - 28/03/2006, 19:43
Il y a bien longtemps que ceux qui se préoccupent un tant soit peu de l'état de la planète, savent que les transports routiers sont négatifs en bien des points.
Il fût question un temps de diminuer ceux-ci en les regroupant dans les trains, mais l'idée est restée au placard !
Trop d'argent en jeu, encore une fois !
Trouver une parade aux transports des marchandises autrement que par camions serait bénéfique, d'une part pour la planète, et d'autre part pour désengorger les routes. Il y en a de plus en plus, pas toujours en parfait état de rouler, et le gas-oil qu'ils générent forme une fumée noiratre derrière eux, ce qui démontren bien l'évidence : Ils polluent trop !
Evidemment, pour ne pas cesser ce marché rentable pour les entreprises, mais pas pour les chauffeurs, on nous dira que diminuer le potenciel de ces transports engendrera du chômage... Il est pourtant possible de transformer ces emplois en créant des postes de chargements et de réceptions sur quais pour les marchandises.
Si les entreprises faisaient des efforts, soit d'elles-mêmes, soit, comme en Suéde pour les avions, en les surtaxant, on arriverait à souffler un peu et mieux respirer !
Ce serait aussi un petit pas pour l'homme et un grand pas pour l'humanité !!!
Rémi (94) - 20/12/2007, 16:59
Les modes alternatifs au routier, c'est très bien et ça doit être soutenu, mais au mieux, cela fera un transfert modal de quelques % dans 10 ans... Dans beaucoup de cas en effet, selon le type de marchandise, et la distance parcourue, la concurrence inter-modale n'existe pas vraiment...
Sans être un pro-routier, il me semble que la plus grande amélioration à court et moyen terme viendra des normes EURO d'émissions des camions, qui ont et vont faire reculer spectaculairement les émissions de poluants (pour le CO2 c'est moins vrai).
Pourquoi n'en parlez vous pas?
(mon blog : http://ecotransport.blog4ever.com/)