
crédit : NASA
Les concentrations mondiales de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4) et de protoxyde d'azote (N2O) dans l'atmosphère terrestre ont atteint des niveaux records en 2004 d'après l'Organisation météorologique mondiale (OMM), qui a publié le 14 mars son premier Bulletin annuel sur les gaz à effet de serre.
Pour le CO2, le chiffre est de 377,1 parties par million (ppm), pour le CH4, il est de 1 783 parties par milliard (ppb) et pour le N2O, de 318,6 ppb. Ces valeurs dépassent respectivement de 35 %, 155 % et 18 % celles de l'époque pré-industrielle, la hausse se chiffrant à 19 ppm, 37 ppb et 8 ppb sur les dix dernières années.
Le Secrétaire général de l'OMM, Michel Jarraud, s'est exprimé en ces termes: «Les observations effectuées sous les auspices de l'OMM à l'échelle du globe révèlent que les niveaux de dioxyde de carbone, de loin le gaz à effet de serre le plus abondant que contienne l'atmosphère, continuent de s'accroître régulièrement et ne semblent pas vouloir se stabiliser.»
La hausse de 35 % de la teneur de l'atmosphère en dioxyde de carbone depuis la fin du XVIIIe siècle est imputable en grande partie aux émissions qui résultent de la combustion des combustibles fossiles. En 2004, les valeurs de ce gaz à effet de serre ont augmenté de 1,8 ppm, soit de 0,47 % par rapport à l'année précédente.
En revanche, il semblerait bien que la teneur de l'atmosphère en méthane soit en train de se stabiliser, vu que pratiquement aucune augmentation n'a été constatée en 2004 et que le rythme de progression de ce gaz s'est abaissé à moins de 5 ppb par an depuis 1999. Les activités humaines telles que l'exploitation des combustibles fossiles, la riziculture, la combustion de la biomasse, les mises en décharge et l'élevage de ruminants sont à l'origine d'environ 60 % du CH4 atmosphérique, les 40 % restants étant imputables à des processus naturels tels ceux liés aux terres humides et aux termites.
Le protoxyde d'azote présent dans l'atmosphère augmente régulièrement au rythme annuel de quelque 0,8 ppb depuis 1988. Environ un tiers du N2O libéré dans l'atmosphère provient des activités humaines telles que l'exploitation de combustibles, la combustion de la biomasse, l'usage de fertilisants et certains processus industriels.
Les 44 pays Membres qui participent au programme d'observation effectuent des relevés précis qui sont ensuite archivés et distribués par le Centre mondial de données relatives aux gaz à effet de serre (CMDGS), hébergé par le Service météorologique japonais. L'OMM rédige le Bulletin en collaboration avec le CMDGS et le Groupe consultatif scientifique de la Veille de l'atmosphère globale (VAG) pour les gaz à effet de serre et avec le concours du Laboratoire de recherche sur le système terrestre relevant de l'Administration américaine pour les océans et l'atmosphère (NOAA). Le Bulletin relatif à l'année 2005 devrait paraître en novembre 2006.
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