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Chikungunya : la démoustication serait inutile ?

9437 lectures / 12 commentaires10/03/2006, 12:44
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Chikungunya : la démoustication serait inutile ?
crédit : AP
Le déluge d’insecticides en tous genres délivré sur l'Ile de la Réunion département est inutile. Les larves de moustiques sont contaminées sur cinq générations. Les opérations de lutte
anti- vectorielle s’apparentent à “de la politique cosmétique”. René Le Berre, entomologiste de renommée internationale, met les pieds dans le plat dans une interview de l’agence de presse Destination Santé que nous vous livrons in extenso.


De quoi gamberger un peu !
Près de 160 000 cas sur l’Île de la Réunion, 1 173 à l’Île Maurice et 1 800 à Mayotte. Encore n’est-ce pas tout : le virus du chikungunya sévit également aux Seychelles et aux Comores.
Partout, des campagnes de démoustication sont à l’oeuvre. Un pis aller ? Les îles de l’océan Indien sont en quelque sorte peuplées par les moustiques, vecteurs de maladies que les spécialistes appellent des “arboviroses”. Dans un dossier de presse diffusé le 1er mars, le ministère de la Santé parle “d’effort massif en faveur de la démoustication”. Un moyen de lutte qui en réalité, serait voué à... l’inanité. C’est l’avis de René Le Berre, entomologiste de réputation internationale et ancien Inspecteur général de Recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). “Cela ne sert à rien. Car pour être efficace, il faudrait éliminer pratiquement tous les moustiques vecteurs. Ce qui est impossible ! Nous avions mené une expérience (dans ce sens) contre une autre parasitose transmise par insecte. Et même en éliminant 98% des vecteurs, il y avait encore beaucoup trop de cas.” D’autant plus que dans le cas d’Aedes Albopictus - le moustique vecteur du chikungunya -, l’infection “se transmet jusqu’à la cinquième génération. C’est-à dire que l’arrière arrière-petite-fille d’une femelle porteuse du virus n’aura même pas besoin d’avoir piqué quelqu’un pour être contaminée. Elle le sera de naissance. Elle pourra ainsi, dès le premier jour de son existence, transmettre un virus acquis de son arrière grand-mère.”

“Impossible de juger leur efficacité intrinsèque...”
Pour notre spécialiste, il est déjà trop tard. “Là on est en retard.
C’est de la politique cosmétique. Il faut montrer qu’on est là, agir (pour agir), donner de l’argent. Par exemple, le gouvernement va distribuer des répulsifs. Or dans un climat chaud et humide comme celui de la Réunion, ces produits ne vont agir que trois heures au maximum.” Il existe pourtant d’autres solutions.
Notamment celle de l’assèchement des gîtes larvaires qui sont pour la plupart domestiques. “La seule chose que l’on puisse faire et que l’on fait très bien d’ailleurs, c’est d’empêcher les moustiques de se développer. C’est-à-dire qu’il faut assécher tous les gîtes larvaires créés par l’homme.” Et sans doute aussi, mettre toute l’énergie possible dans la recherche thérapeutique ou vaccinale. Comme pour le paludisme. Mais c’est un investissement à moyen voire long terme. Ce réquisitoire prêterait à sourire si René Le Berre ne comptait pas au nombre des fondateurs de la prestigieuse École française d’entomologie médicale de l’IRD (Ndlr : IRD, ex-ORSTOM, Institut de recherche pour le développement). Et si encore, ces remarques ne recoupaient pas certains passages du rapport Duhamel, rédigé en décembre 2005 par des membres de l’IGAS, de l’IRD et de l’InVS, à la demande du préfet de région Laurent Cayrel. Ce rapport soulignait en page 25 : “Dans l’état actuel, il est très difficile de juger de l’efficacité des actions de lutte anti-vectorielle mises en place et ceci pour deux raisons ; en l’absence de données sur la sensibilité du vecteur Aedes albopictus vis-à-vis des insecticides utilisés, il est impossible de juger leur efficacité intrinsèque. En l’absence d’outil permettant le suivi des densités de vecteurs, il est impossible de juger de l’efficacité des traitements effectués. La surveillance entomologique - qui demande la mobilisation de moyens humains importants - qui avait été mise en place à partir d’octobre 2004 a dû être interrompue dès le début de l’épidémie faute de moyens humains suffisants, priorité ayant été donnée aux traitement...” En page 27 du rapport, s’agissant des insecticides employés et de la pertinence de la lutte chimique contre le fameux Aedes, il était écrit que “la sensibilité des populations d’Aedes albopictus vis-à-vis du Téméphos (Ndlr :
larvicide) et du Fénitrothion (Ndlr : adulticide) devra être évaluée de manière urgente...” On sait que depuis, polémique aidant, le Téméphos condamné à l’horizon septembre 2006 par la communauté européenne a été remplacé par le fameux BTI et que le Fénitrothion jugé un peu trop agressif, a cédé le terrain à des pyréthrinoïdes de synthèse... Mais comme dans l’absolu on n’a jamais su quel était l’état d’infestation de La Réunion à l’Aedes albopictus, pas plus que l’importance des populations de moustiques à traiter, il semble acquis que l’on soit en train de
“flytoxer” à l’aveuglette, à saturation... Ce qui a toutes les chances d’obérer l’efficacité éventuelle de telles méthodes, empiriques, en plein pic épidémique et au beau milieu de la saison cyclonique, synonyme de pullulation maximale des moustiques...

Que Saint-Flytox et Saint-Expédit nous protègent
Au regard de la pratique ordinaire en matière de démoustication telle qu’elle a lieu dans les zones où les populations d’insectes sont suivies depuis longtemps, les opérations anti-vectorielles sont toujours limitées dans l’espace et dans le temps. Les espèces sont précisément ciblées et font l’objet d’attaques formatées de façon à garantir un maximum d’efficacité pour un minimum de dégâts sur l’environnement et les autres espèces. On est bien loin de ces procédures à La Réunion ! Et pour cause. Ici, les rescapés du service de lutte anti-vectorielle de la Drass étaient formés à la lutte anti-vectorielle contre le vecteur du paludisme, l’anophèle, et pas le moins du monde à la guerre contre l’Aedes albopictus. Julien
Thiria, ingénieur sanitaire à la Drass et responsable de la lutte antivectorielle (LAV), interrogé sur les déclarations de M. Le Berre s’est exclamé : “Voilà une position bien étonnante. C’est très
surprenant de dire que même en éliminant 98 % des vecteurs, il y a encore énormément de cas. Ce n’est pas logique. Si on réduit le vecteur, on a forcément moins de chance, ou de malchance, d’être piqué par un moustique contaminé. C’est de la logique pure et du bon sens. Je ne veux pas rentrer dans un débat polémique, il a son opinion et moi j’ai la mienne.” Concernant les déclarations de René Le Berre sur le fait que l’infection chikungunya peut se transmettre
chez l’aedes albopictus jusqu’à la cinquième génération, M. Thiria est plus que dubitatif : “C’est très surprenant qu’il fasse référence à la transmission verticale (transmission du moustique adulte à l’oeuf, ndlr). Car elle a été démontrée dans le cadre de la dengue, pour environ 1 oeuf sur 600. Mais dans le cas du chikungunya, ça n’a jamais été prouvé qu’il y ait une transmission de la mère à l’oeuf. Nous avons réalisé plus de 3 à 4 000 analyses et nous n’avons retrouvé aucun virus parmi les lots de larves.” Au-delà, pour Julien Thiria, il n’est pas question de parler d’inefficacité : “Il faut avoir recours aux adulticides et aux larvicides. Une action ciblée, car ce serait inutile de le faire de manière systématique. Les pulvérisations ont un impact sur les foyers”, assure-t-il, avant de reconnaître : “On n’est pas dans une perspective de mesurer
concrètement un impact car là, on est dans l’urgence”. Que Saint-Flytox et Saint-Expédit nous protègent. La LAV est une affaire de foi !
auteur : Philippe Le Claire et Marie Payrard - Journal de l'Ile de La Réunion

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12 commentaires sur cette actualité !

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mithra saintes maries de la mer - 11/12/2007, 17:15
bonjour,j'habite en camargue ;soyez vigilants envers ces apprentis sorciers.j'ai connu le dtt,le phenyl dilué dans le g o.l'avenir n'est pas beau.
B.A. La Réunion - 28/04/2006, 07:40
SANTÉ
La “fièvre menteuse” dénoncée par deux praticiens de Mayotte
Finalement, il n’y a pas que les journalistes à aimer le parfum du scandale, voire à goûter les délices du sensationnalisme, pour reprendre les expressions de certains fonctionnaires pris en défaut. Et cela a dû enchanter Denis Hermann et sa lettre quotidienne “Les Nouvelles de Mayotte” de débusquer un gros mensonge dans l’île au Lagon en faisant partager sa traque par trois professionnels de la santé. Mon premier est un médecin, mon second et mon troisième sont des pharmaciens, les quatre partagent depuis vendredi la dénonciation d’un autre fléau : celui du mensonge par omission. “Il ne faut pas affoler les populations, vous comprenez”. Refrain bien connu utilisé par les services de santé.

[22 avril 2006 JOURNAL DE LA REUNION]

La nouvelle à la “une” de la lettre quotidienne “Les Nouvelles de Mayotte” risque de secouer le microcosme de Mayotte et de ternir une nouvelle fois les experts de notre santé : trois praticiens au contact direct des infectés du chikungunya témoignent de leur vécu quotidien. Ils crient au scandale en découvrant chaque jour les statistiques de la Dass sur le nombre des “dos courbés” ; 5 875 cas dénombrés jeudi dans l’île. L’un et l’autre s’emportent à la lecture des chiffres communiqués quotidiennement par l’Agence régionale d’hospitalisation (ARH) du bon docteur Perrin, l’homme qui sait peut-être parler aux oreilles des moustiques mais pas des nôtres. Le docteur Lionel Conan est surtout connu à Mayotte comme président du Syndicat des médecins, c’est dire s’il a la confiance de ses collègues ; le second, Philippe Amardeil, lui, bénéficie de la complicité professionnelle des pharmaciens, comme président de l’Ordre des pharmaciens. Tous les jours, dans leur cabinet ou leur officine, ils sont en contact direct avec le phénomène dévastateur... et tueur depuis mercredi. Ce jour-là, les services de la Dass de Mayotte ont dû convenir du décès d’un nouveau-né d’une semaine, lié à l’Aedes albopictus. On ne peut donc pas accuser ces deux praticiens de manœuvres déloyales envers les services de santé. Et pourtant, l’un et l’autre ne sont pas avares de superlatifs pour montrer du doigt les bobards déversés sur le chik pour rassurer les populations. “On se moque du monde ! réagit le Dr Lionel Conan dans “Les Nouvelles de Mayotte”. Les cas de chik sont exagérément sous-estimés par les autorités et on se demande pourquoi ! En estimant à 40 000, le nombre de malades atteints du chikungunya, on se rapproche plus de la vérité”. Et comme une piqûre de rappel il lance : “Il y a sans doute une volonté de la part des pouvoirs publics à minimiser l’ampleur du phénomène et c’est ridicule”. Et de rappeler les dures journées de consultations des praticiens peu enclins à remplir la paperasse administrative et notamment le fameux questionnaire de la Dass, utile peut-être mais “beaucoup trop compliqué” pour le président de l’Ordre des médecins.

“UNE VOLONTÉ DE MINIMISER L’AMPLEUR DU PHÉNOMÈNE”

Autre cri du cœur, celui de Philippe Amardeil, président de l’Ordre des pharmaciens. Lui aussi est plus souvent dans son officine à informer, conseiller et à rassurer les malades que devant les camemberts en couleurs des statistiques de la Dass. “Je les vois ces malades qui viennent acheter des antalgiques et, croyez-moi, il s’agit bien de chik, même si la Dass nous a renvoyés dans nos 22 mètres en nous faisant remarquer que nous n’étions pas habilités à poser des diagnostics”. Pour lui, avancer le chiffre de 45 000 cas de chikungunya à Mayotte n’est pas exagéré. “Nous avons fait des propositions à la Dass comme celle d’effectuer des estimations des cas suspects. Niet ! Toutes nos propositions ont été refusées.” Un autre de ses confrères interrogé par “Les Nouvelles de Mayotte” mais préférant garder l’anonymat révèle que pour toute amabilité de la Dass, cette administration leur a envoyé un inspecteur de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afsaps) pour effectuer une enquête sur l’inflation des ventes de produits antalgiques ! Comme ses confrères, il note le passage dans sa pharmacie d’environ dix personnes par jour venant spontanément dans sa pharmacie sans être passées chez un médecin. Et il ajoute : “Je pense qu’ils ont des ordres pour cacher la vérité et c’est ridicule car, à mon avis, nous n’avons pas passé le pic de l’épidémie et si elle semble stagner, c’est surtout dans la tête du personnel de cette administration confortablement assis dans des bureaux climatisés alors que nous sommes, nous, sur le terrain”. Le pharmacien déplore enfin l’absence de personnels, de lits et de matériels dans les hôpitaux de la collectivité départementale. À Mayotte comme à La Réunion, de nouvelles preuves sont régulièrement apportées sur les bobards distillés sur l’ampleur et les conséquences de l’épidémie du chikungunya dans notre région : la Dass a, décidément, l’art de faire puis de refaire les statistiques et, dans tous les cas, de nous refaire.

B.A <http://archives.clicanoo.com/article.php3?id_article=128353&recherche=Mayotte>
Hervé, la Réunion - 30/03/2006, 20:50
les seychelles sont effectivement touchés. Le gouvernement a nié l'épidémie au début afin de ne pas faire fuir les touristes, les consequences furent évidement desastreuses, l'épidémie s'est vite répandu, je n'en sait pas plus.
Donc prévoir des répulsifs pour votre séjour.
Quand au moustique vecteur ( à la réunion ), il sort surtout au coucher du soleil, mais reste plus ou moins actif tout au long de la journée.
Martine D., Belgique - 27/03/2006, 14:07
Nous partons dans quelques jours aux Seychelles? Y at-il bcp de personnes qui y ont été contaminées? Quels sont les moyens efficaces de protection? Le Chikungunya pique-t-il la nuit ou le jour? Merci pour vos réponses.
Chloé La Réunion - 15/03/2006, 11:33
Bonjour, je ne sais pas si la démoustication est efficace ou pas, en tous les cas elle est opérée, et je trouve qu'on ne remercie pas assez les personnes qui se démènent pour trouver des solutions! On manque de connaissance sur cette maladie, alors oui, on prend le risque d'être à côté de la plaque en mettant tel ou tel produit. Mais il y a toujours des gens pour se plaindre, soit parce que les pouvoirs publics ne font rien, soit parce qu'ils en font trop mais pas ce qu'il faut, etc... En tous les cas, ce genre de critique ne sert qu'à une chose: destabiliser la population et les touristes en entretenant la psychose. A ce sujet, entre novembre 2005 et février 2006, 11 personnes proches sont venus en vacances chez moi ou mes voisins, aucune n'a attrapé le chikungunya (ni moi d'ailleurs), et elle sont toutes reparties ravies de leurs vacances!
Olivier La Réunion - 15/03/2006, 06:48
Est-il possible, à l'inverse des protocoles utilisés pour la lutte contre ce moustique cad l'utilisation de répulsifs, d'envisager de multiples sites artificiels attirant ce fameux moustique afin de le détruire en masse de façon automatique.
Hervé, La Réunion - 14/03/2006, 19:47
Arretons la psychose svp, alors que la plupart des pays d'afrique et les îles tropicales comme l'île maurice sont inféctées par le palu (dont certains types restent des dizaines d'années, voir a vie), la Réunion non !

Nous vivons ici normalement, juste nous nous protégeons, répulsifs si on doit se ballader ... et à la maison les pastilles anti-moustiques et autres ne manquent pas.

Soyons sérieux, on ne peu pas vivre à la Réunion, avec des manches longues .... et la maladie la plupart du temps s'en va en 3 jours; quelquefois elle est invalidante, c'est à dire le malade est cloué au lit avec une forte fièvre, et chez certains (je dis bien chez certains, ce n'est surement pas une généralité), notament les personnes agées des douleurs articulaires peuvent revenir de manière cyclique pendant plusieurs mois.

Il n'empêche que rien de vraiment effrayant. Nous vivons mal cette tendance à la quarantaine; nous ne sommes pas des pestiférés; et les gens qui viennent visiter la Réunion continuent de repartir enchantés. Evidement les médias ne parleront que de LA personne malchanceuse qui aura attrapé le chikun ... et la psychose continue !
Nathalie, Gironde - 13/03/2006, 22:22
Je ne pense pas que les insecticides soient utiles. D'une part parce qu'ils continueront à polluer et à détruire l'atmosphère, et d'autre part, parce qu'on connaît trop bien la facilité de mutation des moustiques. D'une manière ou d'une autre, le Chikungunya évoluera et il serait préférable de donner suffisemment de moyens aux chercheurs, plutôt que d'employer à tour de bras des produits incontestablement nocifs pour la santé. Ce sont ces produits, ajoutés aux pesticides, qui font qu'on en est arrivés là ! Pourquoi en rajouter ? Il serait temps d'agir sur le fond plutôt que sur la forme...
N'oublions pas une chose importante : Les pesticides et les insecticides nous tuent à petits feux, il y en a partout, dans l'eau, dans l'air, etc. Ce sont les principaux vecteurs de maladies (cancer, asthme, infections pulmonaires, etc.), plus nous en répendons, plus les virus inconnus se développeront, alors à quoi ça sert ?
Pierre Darmangeat / Indre-et-Loire - 11/03/2006, 09:31
J'ai oublié d'indiquer ma source concernant l'OMS. Vous la trouverez sur le site :
" www.actualites-news-environnement.com/ ".
Confirmant ce qu'écrit Marie Côte Bleue, il faut absolument se protéger quand on visite un pays où sévit le paludisme (ou malaria, c'est la même chose). C'est-à-dire se protéger médicalement, et porter des vêtements longs : manches longues et pantalons. Cela dit, le vecteur du palu est l'anophèle, et c'est un moustique nocturne. On a en fait peu de risques de se faire piquer dans la journée (d'autres diptères nombreux et variés s'en chargent…), et tous les risques entre la tombée de la nuit et le lever du jour, avec une activité particulièrement intense entre 22 h et 06 h du matin (du moins dans des régions comme Mayotte, la Réunion, Madagascar et les Comores ; ailleurs, je ne sais pas). Ne surtout pas croire qu'une légère brise nocturne sur une plage vous met à l'abri, je dirais même « au contraire », parce que le vent empêche de sentir le moustique se poser sur votre peau (d'ailleurs, la piqûre de l'anophèle passe souvent inaperçue). Il est bon aussi de savoir que les moustiques adorent se tenir au ras du sol, notamment dans les herbes que vous foulez : bas des jambes transformés en framboises à coup sûr, si vous ne portez pas un pantalon épais, genre jean, et de grosses chaussures… Certes, on transpire, mais tant mieux : c'est bon pour la santé si l'on boit beaucoup d'eau ! Quant aux repellants, il faut se fier aux produits vendus sur place car ils sont en général bien adaptés aux moustiques locaux, mais ont une durée limitée, surtout si l'on transpire. Il est donc bon d'en avoir toujours dans une poche ou un sac. On les trouve en sticks ou en sprays ; et l'on trouve aussi partout des spirales très efficaces qui se consumment lentement en dégageant une fumée très désagréable pour les insectes piqueurs : cela permet de dîner dehors tranquillement. Mais, en ce qui concerne le chikoungounya que l'on ne sait ni prévenir, ni vraiment soigner…
Marie Côte Bleue - 11/03/2006, 08:58
Je pense qu'il vaut mieux, en l'état de la situation actuelle, reporter votre voyage.
Je suis tout de même allée au Sri Lanka et aux Maldives infectés par le PALU, en prenant de multples précautions : anti moustiques PEAU et VETEMENTS, peau bras/jambes couverte, vaccins et médicament préventif ... et évitant de trainer dans les coins réputés humides... et il y a beaucoup d'eau. A vous de voir.
Bonnes vacances en Réunion ou ailleurs.
Pierre Darmangeat / Indre-et-Loire - 11/03/2006, 07:27
Réponse à Jérôme Baden (qui peut être utile à d'autres ici même) :
Selon le vieil adage stipulant que dans le doute, il vaut mieux s'abstenir, si j'étais à votre place, je suggérerais à mon CE d'organiser un voyage ailleurs. En Bretagne ou en Irlande, par exemple : la mer est magnifique en cette saison ! Blague à part, il est plus sage de s'abstenir car il suffit d'une seule piqûre pour être contaminé. Malgré les doutes du directeur général de l'OMS, récemment en visite à Maurice (l'OMS considère que l'on sur-dramatise le danger… Certes, c'est possible, mais allez dire ça aux familles des malades décédés à la Réunion…!), la maladie même si elle est sur-dramatisée, est dangereuse et surtout mal connue parce que mal ou pas étudiée, et enfin extrêmement douloureuse, épuisante et handicapante. Je crois simplement ce que m'en ont dit des amis enseignants à la Réunion, et un ami technicien-environnement qui a été l'un des premiers cas recensés à Mayotte : un mois d'hôpital, de douleurs sans nom, de malaises, suivis d'une fatigue à couper au couteau.
Non, M. le DG de l'OMS, les malades ne sur-dramatisent pas la maladie !
Je dirais cyniquement que tant qu'à faire, il vaut mieux aller dans un pays où sévit "seulement" le paludisme car nous sommes assez riches (même les pauvres de nos pays) pour nous en prémunir efficacement. Ce qui n'est bien sûr pas le cas des populations locales (le paludisme est la cause première de mortalité en Afrique, avant le sida, et en Asie… À méditer avant de partir en vacances dans ces pays.).
Donc, à vous de voir, mais pour ma part, je retarderais mon séjour, voire je l'annulerais jusqu'à ce qu'on trouve un médicament ou/et un vaccin contre le chikoungounya.
Bien cordialement.
JEROME BADEN PARIS SEINE ST DENIS - 10/03/2006, 18:29
Bonjour mon C.E organise un séjour à l'Ile Maurice. Que me conseillez vous? dois je reporter mon voyage par mesure de sécurité ? merci de votre réponse.
adresse mail : jerome.baden@wanadoo.fr
Votre nom et lieu de résidence :



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