New York de nuit “Ca chauffe" à New York, que l’on soit en été ou en hiver. Ceci peut s’expliquer par un phénomène appelé effet de l'îlot de chaleur urbain, lequel rend les températures de l'air à New York et dans d’autres grandes villes plus chaudes que dans les banlieues voisines et les zones rurales. Or, dans une grande ville, des températures de l'air plus chaudes peuvent affecter la qualité d'air, la santé publique et la demande en énergie.
Récemment, plusieurs approches innovatrices développées entre autres par des scientifiques, des autorités publiques, des activistes environnementaux et des organisations communautaires ont été mises en place pour réduire une partie du problème de température de la « Grande Pomme ». Des chercheurs de la NASA, se basant sur les observations satellite, les données des modèles climatiques et informatiques, ont récemment pu évaluer dans quelle mesure ces stratégies sont efficaces. Les résultats de leur étude ont été abordés au cours du congrès annuel de l’American Meteorological Society’s à Atlanta (Géorgie) du 29 janvier au 02 février 2006.
« Nous devons aider les autorités publiques à trouver les moyens les plus efficaces de réduire l’effet de l'îlot de chaleur à New York. En raison de l’augmentation constante de la population urbaine dans le monde, ce phénomène sera encore plus manifeste à l'avenir, » a affirmé Stuart Gaffin, chercheur associé à l'université Columbia (New York), et coauteur de la nouvelle étude de la NASA. « Du fait que des températures plus élevées augmentent la quantité d’ozone, les impacts de l’été sont particulièrement importants pour ce qui est de la détérioration de la qualité de l'air. Et ceci n’est pas sans effets sur la santé de tous. L’effet d’îlot de chaleur entraînant une augmentation des demandes en énergie, nous courons également un risque accru de grandes vagues de chaleur et de pannes d’électricité généralisées. »
En ville, l'effet d'îlot de chaleur urbain est provoqué par le grand nombre de bâtiments, trottoirs et autres surfaces non-naturelles qui limitent la superficie recouverte de végétation (sous forme d'herbe et d'arbres). Cette dernière offre des niveaux d'humidité élevés qui refroidissent l'air lorsque l'humidité s'évapore du sol et des plantes.
Dans les grandes villes, les étendues de verdure sont relativement réduites et sont remplacées par des surfaces imperméables qui absorbent la majeure partie du rayonnement du soleil telles que l'asphalte, le goudron et les matériaux de construction. Ces surfaces gênent le refroidissement naturel qui, sinon, se réaliserait avec l'évaporation de l'humidité du sol recouvert de végétation. Le phénomène d'îlot de chaleur urbain est particulièrement prononcé pendant les vagues de chaleur estivales ainsi que la nuit, lorsque la vitesse du vent est faible et la brise de mer légère. Durant ces périodes, la température de l'air de la ville de New York peut être supérieure de 7.2 °C par rapport à celle des zones périphériques.
Dans le cadre de ce récent projet, les chercheurs de la NASA ont entrepris de recommander certains moyens de réduire l'effet d'îlot de chaleur urbain à New York. Ils se sont ainsi penchés sur certaines solutions telles que la promotion des surfaces de couleurs claires pour les toits et les trottoirs (lesquels reflèteraient alors la lumière du soleil), la plantation de "forêts urbaines" et la création de "toits vivants" au sommet des immeubles où de la végétation robuste pourrait être plantée et grandir. A l'aide d'un modèle informatique de climats régionaux, les chercheurs ont voulu évaluer dans quelles proportions ces solutions réduisent la températures de l'air au sol et près de celui-ci en ville et l'impact que cette réduction aurait sur le système énergétique, la qualité d'air et la santé des résidants de la ville.
Les chercheurs ont conduit une étude de cas dans toute la ville au cours de l'été en 2002 visant à mesurer les changements de température de l'air. Durant cette période, ils ont également utilisé six études de cas plus modestes dans des zones telles que Lower Manhattan, le quartier Fordham du Bronx, celui de Crown Heights à Brooklyn et celui de Maspeth dans le Queens . Ces secteurs ont été choisis en raison de leur diversité en matière d’utilisation du sol et leur proximité de zones dans lesquelles la demande en électricité est élevée. Qui plus est, ces secteurs ont connu des températures de l'air proche du sol plus élevées que la moyenne, que l’on appelle « hot spots » (points chauds), et sont dotés d’espaces disponibles pour l’examen de solutions visant à réduire l'effet d'îlot de chaleur urbain.
« Nous avons constaté que la végétation était le moteur d’un mécanisme de rafraîchissement puissant. Elle semble être l'outil le plus efficace pour réduire la température du sol, » a déclaré Gaffin. «La stratégie humaine consistant à rendre les toits lumineux ou réfléchissants et ainsi dotés d’un fort albédo, s’avère également efficace. Ces surfaces de couleur claire, optimisées à l’aide d’un revêtement blanc, réfléchissent la lumière du soleil et de ce fait, sa chaleur. Surtout qu’en définitive, il y a plus de place disponible pour créer des surfaces plus lumineuses que pour ajouter de la végétation dans une ville telle que New York."
Références
Rosenzweig, C., W. Solecki, L. Parshall, S. Gaffin, B. Lynn, R. Goldberg, J. Cox, and S. Hodges 2006. Mitigating New York City's heat island with urban forestry, living roofs, and light surfaces. Presentation at 86th American Meteorological Society Annual Meeting, Jan. 31, 2006, Atlanta, Georgia.
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Stéphanie Philippidès - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)