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Le Japon étudie les baleines en les massacrant
5729 lectures07 mai 2002, 00 h 00
Contre l'opposition de nombreux pays, le Japon vient de terminer dans l'Antarctique une campagne de pêche au cours de laquelle 440 petits rorquals ont été tués. Or, cette tuerie s’inscrivait dans le cadre d'un programme gouvernemental "de recherche".
On se souvient d'ailleurs des images télévisées montrant les marins des baleiniers brandissant des panneaux disculpant leurs pratiques par des slogans comme : "recherche scientifique", "pour analyse"...
Rappelons que la Commission baleinière internationale (CBI) a adopté en 1982 un moratoire sur la chasse à la baleine, qui a pris effet en 1986. Si les chasses "à but scientifique", que le Japon est le seul pays à pratiquer, sont autorisées dans le texte fondateur de la CBI, de nombreux Etats membres de la Commission y sont opposés.
Ainsi, la France, suivie par une quinzaine de pays a entamé des démarches auprès des autorités japonaises afin de faire cesser cette couverture.
Il est évident que ces pratiques "scientifiques" sont un moyen de contourner le moratoire et de maintenir le Japon au sein de la CBI.
Christophe Guinet, chargé de recherche au CNRS, au Centre d’études biologiques de Chizé, dans les Deux-Sèvres, déclare dans une interview donnée au site TF1.fr que "la population des petits rorquals en Antarctique est suffisamment abondante pour qu’elle puisse être chassée".
Mais il précise surtout que "ces chasses scientifiques ont pour objectif d’identifier les différentes population de petits rorquals, d’étudier leur régime alimentaire et les zones de leur présence en fonction de facteurs océanographiques tels que la température de l’eau ou la présence de la banquise. Mais la valorisation scientifique de ces travaux est assez sommaire et tous les petits rorquals péchés finissent dans l’assiette des Japonais".
Ainsi, un groupe de 18 pays opposés à la chasse à la baleine, menés par le Mexique, ont envoyé mardi une lettre officielle de protestation au gouvernement nippon. Cette coalition, qui regroupe notamment la France, la Nouvelle Zélande, les Etats-Unis et le Royaume-Uni, demande au Japon d'arrêter ses campagnes régulières et annuelles : "Nos gouvernements réaffirment leur ferme engagement quant à la conservation des baleines tout en rejetant parallèlement la chasse commerciale et en s'opposant à des mesures pouvant remettre en question le moratoire adopté par la Commission baleinière internationale (CBI) (...) En tant que membres de la CBI, nos gouvernements considèrent que les actions du Japon nuisent à l'autorité de la CBI et ont pour objectif de revenir sur des décennies de progrès qui ont permis d'atteindre le niveau de protection dont jouissent aujourd'hui les baleines", poursuit la lettre, qui a été rendue publique alors que la CBI est réunie pour un mois à Shimonoseki, dans le Sud du Japon, depuis le 25 avril.
Les 18 nations dénoncent par ailleurs le projet du Japon d'étendre son programme de chasse "à but scientifique" à une espèce en voie d'extinction, le rorqual boréal, en plus de sa liste habituelle. A partir de l'été prochain, la flotte nippone du Pacifique Nord devrait chasser 50 rorquals boréals en plus du quota habituel de 500 rorquals pêchés en été et hiver dans l'Antarctique et le Pacifique nord, ainsi que 50 rorquals de Bryde et 10 cachalots. Le Japon a prévu en outre de laisser de petits baleiniers chasser 50 rorquals le long des côtes Nord du Japon car ces baleines s'attaquent aux réserves halieutiques (de pêche) de la région.
Auteur
Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 07 mai 2002, 00 h 00 - Tous droits réservés
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