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La majeure partie du permafrost arctique pourrait disparaître

23701 lectures / 11 commentaires30 janvier 2006, 23 h 03

La majeure partie du permafrost arctique pourrait disparaîtreTrou causé par le réchauffement progressif du permafrost en Alaska près de Fairbanks
© Vladimir Romanovsky, Geophysical Institute, University of Alaska Fairbanks
Le réchauffement global pourrait venir à bout des 3 mètres ou plus d’épaisseur du sol perpétuellement gelé de l’hémisphère nord, endommageant aussi bien les écosystèmes que les bâtiments et les routes du Canada, de l’Alaska et de la Russie.

De nouvelles simulations du centre national pour la recherche atmosphérique (NCAR) montrent que plus de 50% des territoires recouverts de cette couche supérieure de pergélisol (ou permafrost) pourrait fondre d’ici 2050. Ce pourcentage pourrait atteindre 90% d’ici 2100. Les scientifiques s’attendent à ce que le débit des glaces fondues augmente et libère de grandes quantités de carbone dans l’atmosphère.

Cette étude, faisant appel au modèle théorique de prédiction du climat terrestre (CCSM) du NCAR, est le premier à établir un diagnostic de l’état du pergélisol dans un modèle mondial incluant aussi bien les interactions intervenant dans l’atmosphère, dans les océans, sur les continents et dans les glaces de mer, qu’un modèle de sols décrivant les gels et les fontes. Les résultats furent mis en ligne dans l’édition du 17 décembre des publications de la recherche géophysique.

« Des modèles réalisés pour étudier le permafrost avaient déjà été utilisés auparavant, mais non au sein d’un système de modélisation de climats pleinement interactif », a déclaré David Lawrence, principal créateur du modèle au NCAR. Son co-créateur est Andrew Slater, du Centre National de données sur les neiges et les glaces de l’université du Colorado.

Près d’un quart des terres de l’hémisphère nord est recouvert de permafrost, que l’on pourrait décrire comme un sol gardant une température inférieure à 0°C pendant au moins deux ans. Celui-ci est généralement caractérisé par une couche de surface active, épaisse de quelques centimètres à plusieurs mètres, qui fond durant l'été et regèle en hiver. La couche la plus profonde reste gelée. La couche active réagit, elle, aux changements climatiques en s’étirant vers le bas au fur et à mesure que la température de l’air augmente. La couche de permafrost la plus profonde n’a pas fondu depuis le dernier âge de glace, il y a plus de 10 000 ans, et ne sera guère touchée par le réchauffement de la planète durant les siècles à venir, estime Lawrence.

Le réchauffement récent a engendré la dégradation de grandes parties du pergélisol en Alaska central provoquant des affaissements de terrains contenant des glaces ayant fondues. On constate également un gauchissement des routes, la déstabilisation d’habitations et l’apparition de forêts « ivres » (composées d’arbres particulièrement penchés). En Sibérie, des équipements industriels ont subi d’importants dommages et des pertes supplémentaires de permafrost pourraient mettre en danger les itinéraires de migration d’animaux tels que les rennes et les caribous.

Des simulations alarmistes

Les simulations du CCSM sont basées sur des prévisions élevées et faibles de l’émission de gaz à effet de serre durant le 21ème siècle d’après les exigences du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Dans les deux cas, le CCSM a pu déterminer quelle superficie conserverait son permafrost dans chacune des 10 couches terrestres s’enfonçant jusqu’à 3,4m de profondeur.

Dans le scénario où les émissions sont toujours très élevées, la surface où le permafrost est présent dans n’importe laquelle de ces couches passe de 6.5 millions à un peu plus d’1.5 million de kilomètres carrés d’ici 2050 et se réduira à environ 1 million de kilomètres carrés à l’approche de 2100. Dans le scénario où les émissions sont réduites, ce qui nécessiterait des progrès majeurs en matière d’économies d’énergie et de production d’énergies alternatives, la surface où le permafrost serait intact ne représenterait plus qu’environ 2,5 millions de kilomètres carrés en 2100.

Pour des conséquences graves

« La fonte du pergélisol pourrait libérer une quantité considérable d’eau dans les océans », affirme Slater, qui précise que le détachement de blocs de glace dans les régions arctiques a augmenté de 7% depuis les années 30. Dans la simulation où les émissions restent élevées, ce runoff atteint 28% vers 2100. Cette hausse prend en compte des précipitations et des chutes de neige accrues ainsi que l’eau provenant de la fonte des glaces contenues dans le sol.

Cette étude novatrice met l’accent sur les inquiétudes des scientifiques face à l’émission de gaz à effet de serre qui pourrait être provoquée par cette fonte des sols. Le permafrost contiendrait 30% ou plus de tout le carbone stocké dans les sols de la planète. La fonte du pergélisol pourrait être suivie d’émissions à grande échelle de méthane ou de dioxyde de carbone supérieures à celles produites par les carburants fossiles.

D’après les simulations du système de modélisation de climats établi par le NCAR, les régions contenant du permafrost dans les 3 premiers mètres de profondeur du sol pourraient être réduites de près de 90% en Arctique d’ici le siècle prochain.

« Le sol est constitué d’une grande quantité de carbone », explique Lawrence. « Si le pergélisol devait fondre comme nos simulations le prévoient, cela pourrait avoir un impact considérable sur les climats. » Pour s’atteler entre autres à ce problème, Lawrence et ses collègues sont actuellement sur le développement d’un modèle de simulations plus perfectionné incluant le carbone interactif.

En savoir plus

Sources

Cette étude a été réalisée par la Fondation nationale des sciences, principal financeur du NCAR ainsi que par le département américain de l’énergie.
Le Centre National des données sur les neiges et glaces (NSIDC) fait partie du Cooperative Institut for Research in Environmental Sciences de l’université du Colorado.
Le Centre National pour la recherche atmosphérique et l’Office of Programs de l’UCAR sont dirigés par l’UCAR sous l’égide de la Fondation nationale des sciences et d’autres organisations. Les avis, découvertes, conclusions ou recommandations exprimés dans cet article ne reflètent pas nécessairement le point de vue des financeurs de l’UCAR.

Auteur

Stéphanie Philippidès ; date originale : 30 janvier 2006, 23 h 03

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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11 commentaires

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avatar adrien, Grenoble - 02/02/2006, 09:37

J'ai une petite question : j'ai entendu un scientifique dire que la fonte des glaces n'entraînerait pas la montée des eaux car, que ce soit à l'état liquide (quantité d'eau relâchée) ou solide (masse du glacier), le niveau des mers ne changerait pas. J'ai fait l'expérience avec plusieurs glaçons dans un verre d'eau et les dires de ce scientifique m'etonnent beaucoup!

avatar claude duval - 02/02/2006, 12:59

Adrien,

il faut refaire vos mesures avec soin. Un verre d'eau avec des glaçons ne peut voir son niveau augmenter quand la glace fond. C'est aussi le cas si de la glace de mer fond. Par contre si des glaces terrestres fondent, le niveau de la mer peut augmenter. Aujourd'hui, le phénomène de montée du niveau de la mer semble plutôt corrélé à l'augmentation générale de la température et donc à la dilatation de l'eau.

CD.

avatar bernard marseille - 03/02/2006, 23:00

Bonjour, oui mais la glace des pôles est au-dessus du niveau de la mer, la fonte de ces glaces ne contriburatelle pas à l'augmentation du niveau des océans? car en se réchauffant elle augmentera de volume par dilatation, non?

avatar Martens Bruxelles - 18/09/2007, 21:01

Est-il possible que toutes ses dégradations n'aient une incidence sur l'axe de la terre ?

avatar guyot cermont ferrand - 19/09/2007, 17:42

j'ai vu 1 emission hier à la tv et franchement si l'homme ne se sent pas plus concerné par son environnement donc son futur nous allons vers de grandes catastrophes irrémédiables car le permafrost dégèle ,ce qui est un avertissement sans précédent que l'on doit réduirze de moitié nos émissions de carbone, il y va de la survie de toutes les espèces vivantes.

avatar Priam Bruxelles - 05/10/2007, 20:45

Autour de moi tous le monde s'en fout,les gens sont individualistent et centrées sur leur petite personne polluant et consommant comme des Américains,je prédit avec 99,9 % de probabilitée qu'il prendont conscience quand il sera trop tard,car malheureusement la génération du présent a et est formaté à la sociétée de consommation.

Alors nous les lucides,soyons philosophe et profitons des jours qu'ils nous restent à vivre..

Adviendra ce qu'il adviendra et tant pis pour les suivant...

Il n'y a pas de solution mais quand les visionnaire disent cela.....ça dérange...!

avatar schweitzer montigny - 12/10/2007, 20:24

pensez vous vraiment que si l'homme disparait de la planète ce serait une catastophe pour les autres espèces?Je suis persuadé du contraire....

avatar jérémy , aix en provence - 16/01/2008, 09:56

Oui certainement mais si tu prend un verre est tu met plusieur glacon et que tu en rajoute encor et encor tu verra que le niveau monte Doucement c'est ce qu'il se passe sur notre planet a plus grande echelle , avec la fonte des glaciers le niveau de la mer monte au fur et a mesur Plus tard se sera catastrophique avec des inondation un peux partou dans le monde et d'autrre grande catastrophe naturel (Cyclon , Ouragan)

avatar Anais - 24/01/2008, 15:04

par rapport au fait que le niveau des mers monteraient avec la fonte du permafrost. E bien c'est vrai ! Ce n'est pas comme la banquise qui fond, car la banquise c'est de la glace dans l'eau, donc ça ne changera rien au niveau car comme vous l'avez dit un glaçon qui fond ne fait pas augmenter le niveau ! Par contre la glace du permafrost se trouve sur terre, donc c'est de l'eau qui sera rajouté au niveau, donc logiquement, le niveau montera.

avatar Anthony VOH - 19/02/2010, 00:21

La mer monte déjà chez nous... (et chez vous)

Depuis janvier de cette année 2010, nos barrages anti-sel, côté à 1.90 mètre, sont apparemment trop bas !!

Lors de la grande marrée d'il y'a trois semaines, la mer est montée sur plus de deux kilomètres en amont de ses barrages...ça n'a pas été bien bon pour nos agriculteurs. Du jamais vu !!

La semaine dernière, lors d'un dîner, un couple de pécheur professionnel ( ils ont presque deux fois mon âge) m'a dit ne jamais avoir vu de marrée aussi haute de leur vie. (Nous faisons la pêche dans un lagon, les effets de marée sont plus visible car à la différence de la pèche en haute mer, les repères physique sont partout).

avatar Frédéric D - 22/01/2011, 17:30

le plus inquiétant je crois, citation : "La fonte du pergélisol pourrait être suivie d'émissions à grande échelle de méthane ou de dioxyde de carbone supérieures à celles produites par les carburants fossiles".



Le traitement des émissions de méthane doit être envisagé afin de pouvoir tirer de ce gaz de l'énergie de chauffage ou d'en faire de l'électricité. Total, Gaz de France et l'Institut français du Pétrole se sont par exemple associés au CNRS pour subventionner un laboratoire chargé d'expérimenter un procédé d'extraction du méthane contenu dans la glace par des injections d'eau chaude dans les couches profondes, et sa récupération sous forme gazeuse.



Mais une question demeure, comme ces grands groupes ne sont intéressés que par l'argent. L'exploitation du permafrost ne serait que trop peu rentable. Faut il manifester pour qu'un fond intergouvernemental débloque de l'argent pour ce problème éviter une montée de plus de 5°c de hausse de température sur la terre? Ce qui serait catastrophique pour les centaines de millions d'humains vivant sur les cotes.

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