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L'intérêt des biocarburants pour l'environnement

14681 lectures / 13 commentaires25 janvier 2006, 13 h 45

L'intérêt des biocarburants pour l'environnement
Le numéro 108 du 4 pages de l’Institut français de l’environnement (Ifen) fait le point du développement des biocarburants en France

La France fait mieux que la moyenne européenne, mais moins que les objectifs –ambitieux– qu’elle s’est fixés. La hausse des cours du pétrole devrait favoriser cette évolution, positive du point de vue du changement climatique, mais non sans risques pour l’environnement si elle se traduit par des pollutions agricoles.

Le développement de biocarburants, prôné par la France et l’Europe, contribue à la lutte contre l’effet de serre et encourage une source d’énergie renouvelable. Il offre aussi des débouchés agricoles qui améliorent notre indépendance énergétique.
Parmi les diverses filières possibles, la France se concentre sur deux familles de biocarburants : le biodiesel ou diester, essentiellement fabriqué à partir de 90% d’huiles extraites du colza et du tournesol, et le bioéthanol, issu de la fermentation des sucres contenus dans la betterave, le blé ou le maïs.

L’équivalent d’un million et demi de tonnes de gaz carbonique évitées en 2005
Le transport, grand consommateur d’énergie, est la première source d’émissions de gaz à effet de serre, avec 149 millions de tonnes d’équivalent (Mteq) CO2 en 2003. L’utilisation de diester à la place du gazole permet une réduction de 75% des gaz à effet de serre émis au cours de l’ensemble du cycle de vie du carburant, de sa production à sa combustion. Celle du bioéthanol à la place de l’essence permet une réduction de 60%. La consommation de biocarburants de 2005 devrait éviter l’émission de 1,5 Mteq CO2. L’objectif pour 2008 correspondrait à un gain de 7 Mteq CO2.

Des ventes qui stagnent, mais que la hausse des cours de pétrole encouragera
Après avoir beaucoup augmenté de 1993 à 1997, les ventes françaises de biocarburants marquent un palier à environ 400 000 tonnes par an depuis 2000. En 2004, leur taux d’incorporation dans l’essence et le gazole vendus était de 0,83%, un taux bien inférieur à l’objectif de 2% prévu initialement pour fin 2005, même s’il reste supérieur à la moyenne observée dans l’Europe des 15 (0,42%). Les biocarburants sont pour le moment plus onéreux à produire que les carburants classiques. L’Etat encourage leur production par une réduction de la fiscalité. Le surcoût à la production sera évidemment d’autant plus faible que le cours du pétrole sera élevé.

Première puissance agricole européenne, la France prévoit d’incorporer 5,75% de biocarburants d’ici 2008 et 10% d’ici 2015. Des objectifs ambitieux, dont l’impact est conditionné par l’adoption de pratiques culturales respectueuses de l’environnement.

Liens

Le 4 pages de l'Ifen n° 108 - Novembre/Décembre 2005

Auteur

Observations et Statistiques de l'Environnement

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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13 commentaires

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avatar Benoit - La Rochelle -

Il est certain que les biocarburants réduisent les emissions de Co2 et ainsi la concentration de ce gaz dans notre atmosphère mais vous avez raison de rapeller que cette subsitution peut etre néfaste pour l'environnement et surtout peut se traduire par une pollution agricole intense.
En effet, l'utilisation de procédés chimiques pour la culture du colza et du tournesol peut entrainer une contamination des sols et des nappes phréatiques (ressource qui se fait de plus en plus rare de nos jours).
Il faut donc être prudent avec les biocarburants !!

avatar jm - Marais Poitevin -

Ne nous leurrons pas : l'agriculture des biocarburants utilisera les mêmes ficelles que notre agriculture actuelle, avec les mêmes engrais et pesticides, utilisés de la même façon, avec les mêmes conséquences.

Ce qui signifie des pollutions accrues, une qualité des eaux et des sols encore plus dégradée.

Nous paierons très cher le prix de ces biocarburants, et ne croyons pas qu'une pollution importante des eaux et de nos sols (qui sont le lieu de rétention des pollution des eaux qui les lessiveront demain) serait un moindre mal par rapport à des émissions de CO2 : ce sont deux problèmes différents et d'une gravité aussi grande, que l'on doit résoudre de façon simultanée.

Nos eaux sont gravement malades de l'agriculture (et de nos façons de "consommer" : aimez-vous les anguilles ? voyez ceci : http://inature.canalblog.com/archives/2005/11/06/970368.html#trackbacks) et nous pouvons raindre de devenir malades de nos eaux, surtout lorsqu'elles se font rares et que l'intensité de leur pollution y est plus forte...

avatar Emmanuel - Paris -

Il est important de signaler que les estimations sur la réduction des émissions de CO2 grâce à l'utilisation des biocarburants sont totalement fausses. Je m'explique : lorsque l'on parle d'une réduction de 60% à 75% de ces émissions, on se base sur un calcul dit "du puit à la roue", ce qui signifie que l'on prend en compte des facteurs tels que : les cultures nécessaires à l'élaboration des biocarburants absorbent du CO2 et par conséquent contribuent à "réduire" les émisssions (alors qu'on en sait rien, d'une part, et que, d'autre part, le gros du CO2 sur terre semble "retraité" par le phytoplancton des océan et non par les végétaux en surface) . De même les processus de production des biocarburants sont pris en compte qui, dans leur ensemble, polluent un peu moins que les procédés liés à la production d'hydrocarbures. On arrive ainsi à des estimations totalement irréalistes, mises en avant par les pétroliers qui n'hésitent pas, à travers ces chiffres, à faire de la désinformation servant leurs intérêts. En réalité tout les biocarburants, quelqu'ils soient, produisent du CO2 lorsqu'ils sont brûlés dans un moteur. La réduction maximale de gaz carbonique à laquelle peuvent prétendre les huiles ou autre biocarburants issus de la biomasse lors de leur combustion n'est que de 20%. Pas plus. Et encore ça dépend de la proportion du mélange avec l'hydrocarbure.

avatar Nicolas océan indien -

Et pourquoi pas passer les surfaces de cultures de biocarburant en cultures biologiques????

avatar Guylaine - Lons-le-Saunier -

Il ne faut pas se leurrer non plus sur la capacité de production de ces biocarburants : si toute la surface agricole de la France servait à produire du colza pour les biocarburants, cela ne suffirait pas à alimenter tous les diesels circulant en France !!
La meilleure solution reste encore d'utiliser au minimum les transports et de faire marcher ses petites jambes, ce qui par ailleurs est bon pour la santé...

avatar Greendays -

Il ne faut laisser aucune solution de côté, et ce pas extrêmiste.. OUI il faut réduire au macimum nos déplacements polluants.. Mais il y aura toujours des dépacements (et heureusement!), alors il faut développer les biocarburants (de la façcon la plus écologique possible) et continuer à développer les autres technologies énergétiques (comme est en train de faire PSA avec sa traction hybride dieseil-electrique), avant le développement futur d'autres technologies encore plus propres.... Avancons petit à petit (souvent cette avancée est trop freinée par les enjeux économique, c'est clair), mais avançons! Pas de conservatisme, mais pas non plus de radicalisme écologique qui mène à une impasse dans notre monde actuel!!

avatar Fabien, Paris -

De même que la majorité des commentateurs, je suis très sceptique sur la viabilité des biocarburants. Dans l'ordre, il me semble important de :
1) réduire les déplacements de personnes ou de choses (le transport étant l'un des plus gros consommateurs d'énergie)
2) trouver, pour l'énergie nécessaire, des énergies plus propres.
Déjà, si l'agriculture était plus propre (et avec des règles plus justes), ce serait sympa. Alors la culture pour le biocarburant...

avatar Lolo, Paris -

J'aimerais les coordonnées d'Emmanuel pour savoir d'où il tient ses intéressants chiffres. Je fais un papier sur ce sujet en essayant de montrer que ce n'est pas la panacée!!! Mais rien n'empêche que l'on puisse aussi développer des modes de production respecteux de l'environnement, surtout pour les cultures destinées à des filières courtes et peu industrielles de transformation en HVP

avatar Françoise -

N'oublions pas que tous ces hydrocarbures (essence, diesel, et même kérosène), mais aussi les MTBE et ETBE (additif de l'essence sans plomb) se retrouvent dans l'eau potable par l'intermédiaire des réservoirs souterrains, des nappes phréatiques, des nuages (nous avons appris le cycle de la pluie à l'école), des bateaux et jet skis, car n'oublions pas que 40% de l'eau potable que nous buvons provient des rivières et de la mer, quant on sait que tous ses produits sont classifiés de cancérigène pour l'être humain, nous devons nous bouger pour laisser une planète le plus propre possible à nos enfants. Les solutions pour pouvoir boire une eau "vraiment" potable après tout çà existent quand même, vous pouvez me contacter pour infos fberthoumieu@yahoo.fr

avatar maya_kabyle@hotmail.com algerie -

je suis tres intérêssée et de tres prés par les biocarburants et tout ce qui est energie de substitution etant chargée de la promotion des produits bitumineux dans une entreprise de commercialisation des produits petroliers

avatar Catherine La Réunion -

En plus du problème de pollution de l'eau due à l'emploi d'engrais ou de pesticides, n'oublions pas que la culture des végétaux destinés à la fabrication des "bio"carburants, demande énormément d'eau et que la quantité de végétal pour donner un litre de "bio"carburant est assez impressionnante :
exemple, pour produire un litre d'éthanol il faut : 2,37 kg de maïs, 500gr de charbon, 4 litres d'eau (sachant qu'il faut auparavant 500 à 1500 litres d'eau pour produire un kilo de maïs ! et je laisse de côté les hectares enlevés à la forêt ou à l'agriculture alimentaire) - données provenant d'une association dont je ne cite pas le nom de crainte que ce message ne soit supprimé -.
Tout cela demande réflexion.

avatar sebastien -châlons en champagne -

Que connaissez vous en agriculture pour pouvoir critiquer à tour de bras les pratiques agricoles qui n'ont jamais été aussi stricts et raisonner qu'au jour d'aujourd'hui?
Les produits phytosanitaire disparaissent et certains ne sont pas remplacer !!! La production de biocarburant est nécessaire pour nous tous et l'agriculture ne polluera pas plus car seul le deboucher commercial change, les techniques culturales restent les même que ce soit des cultures consommable ou bien pour faire du biocarburant.Les agriculteurs sont contient de l'enjeu et de la responsabilité de leur travail, mais il faut bien avoir en tête que demographiquement demain nous serons plus nombreux à manger et que si nous freinons nos volumes de productions par reductions maximales d'intrants la famine va arriver plus vite que prévus ! Et entre nous lorque vous etes malade, vous prenez bien des medicaments alors lorsque les plantes sont malades pourquoi les agriculteurs n'aurais t-ils pas le droit de les soigner ?
En conclusion

IL NE FAUT PAS AVOIR PEUR DES BIOCARBURANTS LES AGRICULTEURS NE POLLERONT PAS PLUS .C'EST UNE CHANCE A SAISIR POUR NOTRE PLANETE ET NOS ENFANTS VERS UN MIEUX DEMAIN ...

avatar Naelle,Nice -

Je doute que les biocarburants nous mènent réellement vers un meilleur lendemain...
Aprés tout, on ne peut pas arrêter l'engrenage de notre auto-destruction.
De mon point de vue, je pense qu"il n'existe pas qu'une seule solution, mais plusieurs ! Apparemment, les biocarburants ne sont pas la solution, puisque, ne nous voilons pas la face, les effets positifs sont moindres.. pour le moment, la seule chose possible a faire est de réfléchir à une solution plus efficace, ayant moins d'impact sur l'environnement! Il est difficile maintenant, voire impossible, de revenir en arrière, alors agissons !

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