Téléphoner en conduisant, une bien mauvaise idée... Une nouvelle étude sur l'impact probable des téléphones portables sur la santé conclue à l'absence de risques de développements de tumeurs au cerveau.
Des résultats plutôt encourageants...
Selon des chercheurs de l'Institut de recherche sur le cancer de Londres et de trois universités britanniques, il n'y a pas de corrélations entre l'utilisation régulière d'un téléphone mobile et le développement de tumeurs au cerveau communes mais d'origines souvent inconnues : les gliomes.
La Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer (FNCLCC) nous indique que "les gliomes naissent dans les couches profondes du cerveau, puis s’étendent en infiltrant et en comprimant le tissu cérébral sain. On ne sait pratiquement rien des mécanismes responsables de la transformation néoplasique et de l’évolution ultérieure."
Cette nouvelle étude qui confirmerait d'autres résultats obtenus en Europe et aux Etats-Unis a été menée pendant 4 ans sur 966 personnes âgées de 18 à 69 ans, développant déjà des gliomes et 1 716 volontaires sains réparties dans 9 zones de Grande-Bretagne représentatives d'environ 28 millions d'habitants.
Notons que selon la FNCLCC "des facteurs généraux semblent également régler l’évolution : l’âge influence fortement le pronostic ; à grade égal, un gliome évolue deux fois plus vite après 70 ans qu’avant 50 ans", l'absence de personnes âgées de 70 ans ou plus serait donc un gage supllémentaire de résultats fiables.
Anthony Swerdlow, chercheur à l'Institut de recherches sur le cancer et co-auteur du rapport, a précisé qu'il s'agissait de la plus importante étude jamais publiée et qu'elle a mobilisé des chercheurs dans plus de 13 pays.
Le suivi de cet échantillon de personnes a permis de recenser leurs habitudes dans l'utilisation du téléphone portable : nombre d'appels passés, durée moyenne des conversations, date de la première utilisation... tout en notant la marque et le type de téléphone possédé (car les caractéristiques et donc les risques potentiels diffèrent).
Ainsi, Patricia McKinney, professeur à l'université de Leeds explique dans un article paru dans British Medical Journal que "Nous n'avons découvert aucun risque accru de gliome lié à l'utilisation régulière d'un téléphone portable". Elle ajoute également que " globalement, nous n’avons observé aucune hausse du risque de développement d’un gliome associé à l’utilisation régulière d’un téléphone mobile, pas plus que de corrélation entre le développement d’une telle tumeur et la fréquence d’utilisation de l’appareil depuis la première fois, le nombre d’années d’utilisation, les heures cumulatives ou le nombre d’appels ".
...qui méritent encore d'autres investigations...
Force est de constater qu'il se dégage pour l'instant un consensus sur l'innocuité des téléphones mobiles. Les études sont encore peu nombreuses et aucune n'a véritablement réussi à mettre en évidence une relation de cause à effet qui ne soit pas nuancée voire annulée par des "contre-expertises".
Les deux principales conséquences identifiées sur notre organisme dans l'utilisation d'un téléphone portable sont :
- l'augmentation de la température (environ 1°C) du cortex, partie très sensible de notre cerveau
- les émissions par l'antenne d’ondes ultracourtes de très hautes fréquences en partie absorbées par notre tête.
Notons même que l'Institut de Santé Publique, d'Épidémiologie et de Développement (Université Victor Segalen Bordeaux 2) a recensé des études qui tendent à montrer que "l’exposition aux hyperfréquences émises par les téléphones mobiles faciliterait l’attention et serait responsable d’une diminution du temps de réaction aux tests et par conséquent d’une augmentation de la rapidité." Le téléphone portable pourrait il alors être conseillé par les enseignants à leurs élèves ?
Plaisanteries à part, nous manquons encore cruellement de conclusions fiables et ces technologies relativement récentes soulèvent encore beaucoup de questions, d'incertitudes et de peurs.
Dans le doute, faites comme moi, passez-vous du téléphone portable ;-)
...pour un gadget de plus
Un fait est cependant incontestable : il y a encore quelques années, personne n'avait besoin de portable alors qu'il est dorénavant largement répandu dans tous les foyers, même chez les plus jeunes. Un gadget de plus pour la majorité des consommateurs qui a vouloir gagner en liberté, entravent celles des autres (nuisances sonores, accidents de la route...) et font le jeu des opérateurs de téléphonie qui se portent à merveille dans une France où le pouvoir d'achat ne cesse de baisser...
En savoir plus & références
Mobile phone use and risk of glioma in adults: case-control study (en anglais)
Recensement et principales conclusions des études sur
les tumeurs cérébrales et téléphones mobiles (format PDF - 370 Ko)
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)