L’utilisation d’huile végétale pure (y compris mélangée avec du gazole) dans les moteurs diesel des automobiles et des camions est totalement à exclure à la fois pour des raisons de pollution et pour les risques d’incidents destructifs des moteurs.
En effet, les constructeurs qui doivent respecter des normes antipollution extrêmement sévères (une nouvelle norme Euro 4 est entrée en application le 1er janvier 2006) sont obligés de définir avec les fournisseurs d’énergie, pétroliers et organismes agricoles (pour l’éthanol et l’ester d’huile) des spécifications très contraignantes des carburants.
Les huiles végétales ne répondent pas aux spécifications qui permettent aux moteurs diesel de respecter les très bas niveaux d’émissions polluantes imposés par les normes. Il s’agit des spécifications de :
- Cétane : 30 à 35 pour les huiles, alors que le gazole est supérieur à 52 ;
- Viscosité : trois fois trop élevée pour les huiles végétales ;
- Par temps froid : figeage de l’huile rendant impossible le fonctionnement du moteur ;
- Résistance à l’oxydation : les huiles sont détruites avant 300 C° et forment des résidus charbonneux
- Densité : supérieure à 0,9 contre 0,85 pour les gazoles
Il en résulte une dégradation de la combustion avec des effets négatifs en matière de pollution : particules de suie, imbrûlés. Dilué, le lubrifiant ne remplit plus sa fonction ; il en résulte une usure des parties lubrifiées pouvant entraîner des incidents mécaniques graves, voire la casse du moteur.
De surcroît, l’usage routier d’huiles végétales est illégal.
Les constructeurs sont favorables à l’utilisation de carburants issus de la biomasse aussi bien par les filières alcool pour les moteurs à essence qu’huile sous forme d’ester méthylique ou éthylique pour les moteurs diesel dès lors que ces produits respectent les spécifications définies pour garantir à l’utilisateur :
- le rendement optimum du moteur ;
- les valeurs d’émissions règlementaires dans les gaz d’échappement ;
- la durabilité du moteur, du système d’injection et du post traitement.
L’enjeu des carburants issus de la biomasse est considérable car ils permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre (CO2) dès lors qu’ils sont produits de façon rigoureuse pour satisfaire à la fois les exigences de rendement et de dépollution des moteurs et de moindre recours aux énergies fossiles.
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Comité des Constructeurs Français d'Automobiles