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Chaud devant ! Le regard des médias sur le changement climatique

5953 lectures / 9 commentaires14/12/2005, 15:18
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Chaud devant ! Le regard des médias sur le changement climatique
crédit : notre-planete.info
Pas une semaine sans que l'on parle du changement climatique dans les médias. Pourtant, c'est un sujet très controversé sur lequel les spécialistes s'accordent difficilement. Que nous disent les médias du changement climatique ?

Martine Tabeaud a décrypté pour nous les médias. Professeur des Universités à Paris 1, elle s'intéresse, entre autres à la climatologie et à la perception du climat. Elle anime un réseau pluridisciplinaire (avec des ethnologues, des géographes - dont C.Magdelaine - notre-planete.info -, des sociologues, des physiciens, des médecins…) sur cette thématique

En guise d'introduction, Martine Tabeaud commence par différencier le temps et le climat, deux notions très différentes. Le climat est la synthèse des conditions atmosphériques à long terme d'un lieu, alors que le temps n'est que la manifestation en un moment et un lieu donnés du climat. A partir du temps qu'il fait et qu'on subit, il est légitime de vouloir s'interroger sur les évolutions du climat, même s'il est difficile de passer du temps au climat. Ce sujet semble intéresser largement les médias qui se focalisent sur la seule question du changement climatique. Et ils s'en donnent à cœur joie ! Le climat et son évolution sont un sujet porteur et font régulièrement l'objet de livres ou de gros titres dans les journaux, à la radio ou à la télévision. Pour la presse écrite Martine Tabeaud a étudié Le Parisien et Le Monde en 2004-2005. Sa présentation mettra l'accent sur ce dernier car c'est un quotidien du soir bien connu pour son sérieux et son statut de référence dans la presse française. Cette année donc, on a parlé chaque semaine du changement climatique auquel le journal consacre entre un et quatre articles par semaine. Ces articles sont principalement publiés dans les rubriques « Aujourd'hui » (rubrique de reportage) et « Climats » nouvelle rubrique créée en 2004 et qui sert à présenter, chaque week end, des articles sur le climat et ses évolutions. Cet exemple précis servira à nourrir une réflexion plus large sur tous les supports médiatiques.

Parler ainsi massivement du changement climatique dans la presse grand public peut partir d'une bonne idée. En effet, cela pourrait permettre d'organiser le transfert des connaissances depuis les scientifiques jusqu'aux décideurs qui ont les moyens d'agir (c'est ce que propose par exemple l'Observatoire National sur le Changement Climatique) voire l'ensemble de la société civile qui peut agir elle aussi à son niveau. Bien plus, il apparaît que ces thématiques sont de bons objets de communication. Mais comment passer de l'information à la communication ? Comment un journal peut-il informer, expliquer, analyser et non relayer un discours ambiant répété ad nauseam ? Il faut donc interroger la place et la fonction de ceux qui font passer les messages de la sphère scientifique à celle des décideurs et du grand public ? Qui fait passer les « savoirs savants » sur le changement climatique vers la société civile ?

Le dictionnaire Le Robert définit les médias comme « tout support de diffusion massive de l'information : presse, radio, télévision, cinéma, publicité, internet… ». Les médias les plus utilisés par les Français sont la télévision, la radio et la presse écrite qui constituent pour ¾ des Français la principale source d'informations. La télévision joue un rôle dominant en matière d'information : elle permet de diffuser à un grand public des images qui viennent de plus en plus loin et de plus en plus vite. Son audience est sans aucun équivalent avec les conférences ou ouvrages scientifiques. Les médias représentent en France près de 30 000 professionnels qui travaillent essentiellement dans la presse écrite, nationale ou régionale. Ce sont donc les journalistes de presse écrite qui informent tous les autres ; leur position mérite donc d'être interrogée. Au Monde, le changement climatique concerne une petite poignée de journalistes ; 5% seulement des articles sont écrits par des intervenants extérieurs.

D'une manière générale, les journalistes actuels ont majoritairement reçu des formations littéraires, qui ne les prédisposent pas à traiter de thèmes scientifiques aussi pointus que le changement climatique. Les scientifiques de formation travaillent principalement dans les revues spécialisées et non dans la presse généraliste. Il n'y a donc aucun spécialiste du changement climatique dans les médias généralistes, ce qui est d'autant plus normal que ce thème fait largement appel à la pluridisciplinarité. Les journalistes ne sont donc qu'imparfaitement armés pour faire passer dans le grand public les recherches actuelles sur l'évolution du climat.

Quelles sont la liberté et la marge de manœuvre des journalistes pour évoquer ces thématiques ? Ils sont largement dépendants des annonceurs qui financent les journaux grâce à la publicité. La part de la publicité varie selon les médias. Ainsi, la presse écrite est financée à moitié par les ventes et par la publicité. Les chaînes de télévision publiques (comme France 2 ou France 3) sont financées par la publicité et la redevance. Les chaînes privées quant à elles (comme TF1 ou M6) sont financées entièrement par la publicité. On peut s'interroger s'il leur est possible d'aller, dans leurs articles, à l'encontre des annonceurs qui les font vivre. Et comme souvent ces financeurs sont des industriels pollueurs…

Dans tous les médias, les personnalités interrogées - les spécialistes ès changement climatique - sont toujours les mêmes. Ils acquièrent ainsi un statut d'experts scientifiques à l'autorité indiscutable. Cela met en lumière la mauvaise circulation des savoirs entre la sphère scientifique et la sphère médiatique qui réduit la nébuleuse des chercheurs à quelques visages seulement. Les experts ne sont pas choisis pour leurs compétences (que les journalistes tout comme le public ignorent) mais parce que leurs discours dégagent une certaine autorité. Leurs noms passent de journalistes en journalistes en entretenant ainsi la fascination pour le scientifique (souvent limité aux seules disciplines « dures ») censé détenir une parcelle d'une vérité jugée incontestable.

Au-delà de la question de la légitimité, il est intéressant de remarquer que le climat est un reflet des préoccupations des sociétés. Quand la société est réputée stable et immuable, on n'envisage pas les climats dans leurs dynamiques ; on s'intéresse surtout à la météo, c'est-à-dire au temps qu'il fait, à un endroit précis, celui où l'on habite… Aujourd'hui, en même temps que la société évolue en profondeur et se mondialise, on rappelle que le climat évolue sans cesse lui aussi. La mondialisation de nos sociétés a entraîné une globalisation du problème climatique. A présent, on s'intéresse aux climats et à ses évolutions ainsi qu'au temps qu'il fait à l'autre bout de la planète.

Que nous disent les médias sur le changement climatique ? Derrière la diversité de ses formes, le message est très simple. Ainsi, on répète à l'envi que le réchauffement actuel est un changement car il est anthropique (l'homme acteur et non plus simplement spectateur) et qu'il est lié aux émissions de gaz à effet de serre ; il a déjà commencé et de nombreux aléas en témoignent. Par conséquent, les politiques doivent mettre en œuvre des solutions. Les autres discours sont rarissimes. Pourquoi une telle unanimité ? Est-ce un effet de la surenchère : « ils en ont parlé, il faut qu'on en parle aussi » ? Les raisons sont plus profondes. Les médias ressassent une seule idée qu'ils contribuent à former. Or la télévision, qui repose sur l'audimat, se doit d'être consensuelle pour s'imposer ; les médias n'ont donc aucun intérêt à faire entendre une voix dissonante et polémique qui remettrait en cause l'idée généralement admise.

Qu'en est-il dans Le Monde ? Les trois sujets qui arrivent en tête sont le réchauffement et ses manifestations, les gaz à effet de serre et le protocole de Kyoto. Juste après, arrive la politique climatique américaine, comme si une relation de cause à effet liait le réchauffement global et les Etats-Unis… La place des pays émergents ou les énergies renouvelables sont aussi évoquées. Certains thèmes sont très peu évoqués, comme la difficulté à modéliser le changement climatique et les marges d'erreur de ces modèles, ce qui est pourtant crucial dès que l'on parle de prospective. Le développement des PVD est peu évoqué (sauf pour souligner qu'il peut nuire au climat !), tout comme les conséquences sociétales du réchauffement.

Les sources sont peu nombreuses : l'Agence France Presse publie environ 200 dépêches par an qui sont systématiquement reprises, sans faire l'objet de critiques. Les rapports produits par des organismes indépendants, moins univoques et plus nuancés (comme celui du GIECC dont la dernière édition compte 1932 pages réparties en trois volumes) ne sont pas lus. D'autres sources sont mobilisées, comme les prestigieuses revues anglo-saxonnes Nature ou Science. Ce sont donc les physiciens et les spécialistes de l'énergie qui ont la cote dans les médias et ont le monopole de la parole et de l'autorité.

La publication de ces articles dans Le Monde est assez régulière, même s'ils sont rythmés par les événements de politique internationale (comme une réunion du G8 ou la ratification par un Etat du protocole de Kyoto). Les « anniversaires » font aussi l'objet d'articles (un an après la tempête ou la canicule…) : c'est une manière de rappeler le changement en cours sans pour autant contribuer à la constitution d'une vraie mémoire du risque et du climat.

Le discours sur le changement climatique est donc très pauvre, et se limite à un débat manichéen entre les bons (c'est-à-dire les tenants du changement anthropique, les pays qui ont ratifié le protocole de Kyoto), souvent « écolos » et « de gauche », préoccupés par l'avenir de l'humanité, et les méchants, jugés irresponsables, (que Le Monde désigne par la périphrase politiquement correcte de « mauvais élèves »), c'est-à-dire les égoïstes ou faiseurs de profits, les pays qui n'ont pas ratifié Kyoto, les capitalistes et autres pétroliers américains… qui doutent de l'origine uniquement anthropique du réchauffement actuel. Cela alimente un anti-américanisme très présent dans ces débats. Quelques citations l'attestent : « L'enjeu, au fond, est de savoir quel modèle de consommation adoptera la planète, et notamment les pays en voie de développement : dispendieux à l'américaine, ou plus sobre, à l'européenne ou à la japonaise. » (Pierre Radanne, janvier 2004) ou « Le conseil de la Maison Blanche pour la qualité de l'environnement a substantiellement modifié certains rapports scientifiques officiels » et « minoré les liens entre les émissions de CO2 provenant des énergies fossiles et le réchauffement climatique. » (Hervé Morin, juin 2005).

Surtout, le changement climatique est toujours abordé dans une logique catastrophiste déjà ancienne. La peur du déluge est tenace. Ainsi, en 1894 Camille Flammarion dresse la liste des catastrophes possibles. En 1910, le passage de la comète de Halley suscite des craintes : certains pensent que la proximité de la queue de la comète pourrait entraîner la diffusion dans l'atmosphère de gaz cyanogènes causant ainsi la fin du monde. Après Hiroshima et en pleine guerre froide, A. Berger scénarise les conséquences possibles d'un affrontement nucléaire qui pourrait modifier le climat en profondeur. Plus récemment, le passage à l'an 2000 a suscité des peurs millénaristes que l'on croyait disparues depuis longtemps. Cette veine catastrophiste est souvent renforcée par des titres accrocheurs qui envisagent ce problème global par le petit bout de la lorgnette. Au moindre coup de froid on parle de sibérianisation ! Citons également le titre de l'article de Denis Delbecq paru dans Libération le 29 septembre 2005 : « Effet de serre : le chauffage de la Terre bloqué sur maximum ».

Même les discours scientifiques qui se veulent sérieux se trouvent parasités. Ainsi, l'exposition Climax à la Cité des Sciences et de l'Industrie à la Villette a prédit pour 2100 une température à l'intérieur des continents de plus de 40°C entraînant des incendies à répétition et une hausse du niveau de la mer de plus de 90 cm. Rappelons que les modèles présentent d'importantes marges d'erreurs, et que, surtout, les scientifiques ne sont pas d'accord entre eux et reconnaissent qu'ils ne savent pas exactement comment le climat va évoluer.

Pour autant, est-ce que ce matraquage médiatique est efficace ? Est-ce que le message passe correctement auprès du grand public ? Malgré cette couverture médiatique, de nombreuses enquêtes révèlent que les hommes politiques ne prennent pas conscience de l'évolution du climat et de ses conséquences (enquête menée auprès des maires d'Ile-de-France). Les citoyens quant à eux s'en remettent aux « experts » ; ils sont à la fois sages (la moitié d'entre eux n'a pas de certitude tranchée) et schizophrènes (en 2001 67% des Français se disent prêts à changer leur mode de vie pour stopper l'évolution du climat sans toutefois accepter la moindre perte de confort !).

Pour conclure son exposé sur une note d'espoir, Martine Tabeaud rappelle qu'aucune des catastrophes annoncées dans le passé n'a eu lieu ! Il faut aussi faire confiance à l'inventivité de l'homme qui sait trouver des solutions aux problèmes qui se posent à lui…

En savoir plus
Débat sur cette conférence menée dans le cadre des cafés géographiques
Notre dossier sur le changement climatique

Auteur

Martine Tabeaud, professeur de géographie à l’Université Paris Panthéon Sorbonne
9 commentaires sur cette actualité !
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Gaelle Brest - 20/12/2005, 01:16
Sachant que l'argent pour la plupart des habitants de la Terre n'est finalement qu'un bout de papier ( qui provient de quelle forêt d'ailleurs ? ) ou bien chiffre virtuel dans un ordinateur ...
Ou commence la realité finalement , ou elle fini ?
La realité c'est que la terre et toute la vie qu'elle contient est en train de réagir et de faire une grosse allergie à l'esprit mécanique de certains individus .
Nous avons une multitude de savoirs en effet et je doute qu'à l'origine ils étaient conçus pour en arriver là . C'est pour cela qu'il faut dès à present déjà consommer intelligemment
ne plus gaspiller et , ne plus penser en individualiste . Si rien que cela pouvait se faire...
Une goutte d'eau et goutte d'eau et une goutte d'eau et une goutte d'eau et une goutte d'eau fini toujours par un océan .
Alors à quand un océan d'humains respectueux de leur Planète ?
Pas de problème je suis une goutte d'eau ; qui veut suivre ?
Franck - aix en provence - 16/12/2005, 17:00
Si seulement si...
Cela laisse présager beaucoup d'incertitudes sur notre sort.
Quand considererons-nous que notre façon de vivre et d'employer toute notre énergie à maintenir un système économique n'est vouable qu'à son echec?
Pourquoi n'envisageons nous pas de vivre dans un monde sans argent?
Profitons de la multitude de savoirs pour le réaliser.
Communions nos expériences.
Agissons... quoi!!
Fabien - Paris - 16/12/2005, 10:01
Pierre afirme : "La vérité n'est certainement pas du côté des certitudes".
Tout n'est pas connu, peut-être. Mais certains faits sont acquis, à savoir que l'impact des activités humaines est désormais significatif (cf autres articles sur la proportion de CO2 dans l'atmosphère).
Or, l'humanité est largement dépendante du climat, lequel est susceptible (même sans certitude) d'évoluer à l'échelle d'un siècle, ce qui est peu de choses.
Par conséquent, le simple bon sens (principe de précaution) voudrait qu'on s'interroge sur nos comportements quotidiens.

Evidemment, stigmatiser le voisin est une réaction facile, lorsqu'on est soi-même largement coupable également. La 1ère chose à faire est donc de montrer l'exemple, à sa petite échelle : utiliser le moins de transports polluants possibles (marche, vélo), donc limiter les déplacements, consommer des produits locaux, etc.

Le problème du climat est potentiellement grave. Ce constat est suffisant me semble-t-il. Par conséquent, il est irresponsable de ne pas agir par tous les moyens possibles, d'éviter d'accroître la part de CO2 dans l'atmosphère.
Gaëtan, Strasbourg - 16/12/2005, 08:38
Pour répondre à Pierre, je pense que même si le rôle de l'Homme n'est pas avéré dans le réchauffement climatique, nous devrions nous tous éviter de gaspiller les ressources de la Terre et de les polluer.
Pierre - Yvelines - 15/12/2005, 23:27
Il est rafraichissant de lire un commentaire sur le réchauffement climatique qui parle enfin un peu des grandes incertitudes actuelles, et du manichéisme ambiant qui sépare les bons, ceux qui savent, qui veulent que ça change et qui le disent, et les autres qui sont toujours présentés comme des irresponsables...
Non, la vérité n'est certainement pas du coté des certitudes et des donneurs de leçons. Nous sommes tous sur la même terre, et nous avons le droit d'avoir des avis différents sur le (futur) bien commun, et des comportements différents.
Car enfin, soit le problème est grave, et alors, il est aussi irresponsable de croire changer les choses en limitant la vitesse sur les autoroutes à 115 km/h que de ne rien faire du tout, ou bien il n'est pas grave, et trouvera sa solution, auquel cas il est inutile de s'alarmer et d'alarmer les populations sur un sujet dont on ne sais pratiquement rien ou pas grand chose quant à son évolution.
Il est simple d'exiger des mesures, surtout de la part des autres. Il est plus difficile de diviser durablement sa production personnelle de CO2 par 2 ou 3... Ou alors, montrez-moi un seul exemple.
Eric - Enghien-les -Bains - 15/12/2005, 21:52
Je ne pense pas que le Malien, l'Indonésien, L'inuit ou les peuples des iles Tuvalu se posent autant de questions que cette dame. Ils doivent juste nous en vouloir beaucoup d'avoir autant d'inertie devant cet énorme problème.
Sans doute le plus gros que l'homme n'est jamais eu à affronter pour sa survie et celle de ses enfants.
Messieurs les politiques, un peu de sérieux, cette affaire est très grave...
Eric - Yvelines - 15/12/2005, 17:20
Je rejoins bien volontiers l'analyse de Claude - et m'interroge sur l'utilité d'une telle étude, elle-même manifestement partisane, en ce sens qu'elle cherche clairement à démontrer la validité de ce qui n'est que son "point de vue". Un point de vue négationniste pour le coup : quand on se sait pas exister autrement, on remet en cause l'évidence, des chambres à gaz pour certain ou, pour d'autres, l'impact de 7 milliards de tonnes de CO2 rajoutés chaque année dans l'atmosphère.
Et en quoi des géographes comme l'auteure, seraient-ils, tout d'un coup, en position de juger qui est compétent sur les questions climatiques et de ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire ?
Je préfère m'en remettre à des scientifiques comme Jean Jouzel plutôt qu'à d'obscures professeures qui débattent du débat. Et qui contredisent leur propos même, en finissant sur la pseudo-note d'optimisme : c'est donc qu'il y a matière à pessimisme.
Quelle perte de temps...
Fabien, Paris - 15/12/2005, 17:10
Cet article me fait réagir...
Ce qui me semble tout à fait juste : oui, les médias sont moutonniers, et ne creusent malheureusement pas toujours les sujets. Oui, il est vrai qu'ils sont sous l'emprise des annonceurs (ex: EDF, Areva, Total, constructeurs automobile, etc.). C'est bon de l'entendre.
Il est également très curieux de voir qu'effectivement le matraquage médiatique est finalement peu efficace, et que ni politiques ni population semblent s'alarmer de ce réchauffement. On devrait plutôt dire que les discours ne s'accompagnent pas d'actions (cf avortement du projet de limitation à 115 km/h sur autoroute).

Ce qui, dans cet article de M. Tabeaud, me paraît dangereux... L'auteur laisse à penser que la pensée unique dominante, à savoir que le réchauffement est réel et causé par l'homme, n'est pas fondée.
Et qu'il s'agit essentiellement de catastrophisme. L'auteur dénigre cet état d'esprit par une pirouette : "aucune des catastrophes annoncées dans le passé n'a eu lieu".
Plusieurs domaines similaires attestent que des catastrophes sont possibles, qui auraient pu être évitées avec un minimum de prévention et de mobilisation citoyenne : Tchernobyl, amiante, algue génétiquement modifiée, maïs monosouche américain décimé dans les années 70 et sauvé par des variétés trouvées au Mexique, etc, etc...

Le principe de précaution ne signifie pas qu'il ne faut rien faire. Simplement qu'on ne peut pas se voiler la face, et se satisfaire d'une incertitude scientifique.
L'insistance du Monde à condamner des politiques qui irrespectueuses du principe de précaution est donc méritoire. Car il est acquis qu'il y a bel et bien une origine anthropique au réchauffement actuel, qui est significative (même si elle n'est peut-être pas unique).
Claude - Hautes-Alpes - 14/12/2005, 15:59
Evidemment ... Mais si les médias transforment, déforment, réduisent l'information, ne serait-il pas du devoir des scientifiques de faire en sorte de rectifier cela, soit en interpellant les médias, soit en diffusant eux-même l'info ( comme le fait si bien ce site ) ? De plus, quel que soit l'évolution, incertaine, du climat, le consensus existe quant à la part importante de l'activitée humaine dans l'accroîssement des gaz à effet de serre. Il ne s'agit donc pas seulement d'un problème de climat, mais bien d'un problème de société, qui réclame un traitement plus large qu'une approche climatologique. La conclusion elle-même n'est pas objective, ne tenant pas compte de l'immense responsabilité de l'homme dans de nombreux maux qui, s'ils n'avaient pas été générés ne seraient pas à résoudre ... Le progrès et la science c'est bien, mais ça fait pas tout :)
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