Ce sont des experts américains qui ont déclaré hier que l'Antarctique venait de connaître le plus important effondrement de glace depuis une trentaine d'années.
Ainsi, c'est 3 250 kilomètres carrés (environ 720 milliards de tonnes de glace) de la plate-forme glaciaire Larsen B d'une épaisseur de 220 mètre, dont la formation remonterait à 12 000 ans, qui s'est effondrée sur une période de 35 jours, a indiqué hier le Centre américain de données sur les neiges et les glaces (NSIDC). Celui précise que "La partie écroulée s'est disloquée en plusieurs milliers d'icebergs, qui dérivent dans la mer de Weddell".
En effet, situé sur la partie est de la Péninsule de l'Antarctique, Larsen suscitait depuis plusieurs années l'inquiétude des scientifiques à cause des effets d'un
réchauffement climatique local de l'ordre de 0,5 degrés Celsius par décennie (tendance observée depuis au moins la fin des années 1940).. Durant les cinq dernières années, cette étendue glacée a déjà perdu 5 700 km2 et ne couvre plus aujourd'hui que 40% de sa surface minimum antérieure. Et depuis 1974 autour de la Péninsule, la superficie des sept plates-formes glaciaires a diminué d'environ 13.500 Km2.
Selon le centre, la fonte de ces plates-formes a peu de conséquences immédiates sur le niveau global de la mer mais pourrait affecter la circulation des glaces au large du continent.
"Les calottes glaciaires agissent comme des contreforts, ou des freins, pour les glaciers. Elles maintiennent à distance l'air marin plus chaud et modèrent ainsi la fonte en surface des glaciers et la rupture des glaces", observe le NSIDC. Un de ses chercheur, Ted Scambos, indique qu'elle s'est désintégrée en raison de la présence à la surface d'eaux stagnantes issues de la fonte au cours de l'été dernier où un réchauffement a été enregistré. L'eau accélère la fracture car elle s'infiltre dans les petites failles de la glace et creuse des sillons dans son épaisseur au point de la rompre.
Dans une étude précédente publiée par le Journal of Glaciology, M. Scambos et d'autres chercheurs ont averti que des plates-formes étaient plus près de la rupture qu'on ne le pensait jusque-là.
"Des ruptures dans des endroits comme la plate-forme de Ross (au sud de la Nouvelle Zélande, qui est la plus importante du monde avec ses 500.000 Km2) pourraient entraîner une augmentation du débit de glace venant de l'Antarctique et provoquer une hausse du niveau des mers", dit-il.
Au final, "ces découvertes établissent une relation tangible entre le réchauffement climatique et la désintégration récente à grande échelle de certaines plates-formes glacières de l'Antarctique. Le processus risque de s'étendre si les températures estivales dans l'Antarctique continuent de monter", ajoute le chercheur.
Cet évènement a notamment fait réagir le Fonds mondial pour la nature (WWF) :"cette évolution dramatique montre du doigt les risques qu'il y a pour les gouvernements à ignorer le réchauffement planétaire. Le minimum que les Etats puissent faire est de ratifier le protocole de Kyoto. Kyoto est aujourd'hui notre seule défense face au réchauffement mondial même si l'accord ne fait qu'effleurer les problèmes".
D'après AFP.
Auteur
Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)