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Ouverture de la conférence de Montréal sur le changement climatique

17543 lectures / 4 commentaires02 décembre 2005, 09 h 58

Ouverture de la conférence de Montréal sur le changement climatiqueZone industrielle à Saint-Petersbourg
crédit : AFP
180 pays se réunissent à partir d'aujourd'hui à Montréal dans le cadre de la première Conférence des Parties au Protocole de Kyoto, notamment pour discuter de "L'après-2012"

Cette réunion internationale sera la première réunion de suivi du protocole de Kyoto et la 11ème conférence (COP-11) de suivi de la Convention climat, l'accord-cadre de l'ONU sur l'effet de serre (1994) dont Kyoto (1997) a durci les dispositions. La conférence se tiendra à Montréal du 28 novembre au 9 décembre 2005.
Elle a va notamment faire le point sur les suites à donner au fameux Protocole de Kyoto dont l'application est enfin possible. En effet, un article du Protocole de Kyoto oblige les parties à réfléchir à sa prolongation après sa date d'échéance.
La conférence de Montréal devrait attirer de 8 000 à 10 000 participants, dont une centaine de ministres de l'Environnement pour ses trois derniers jours, selon l'ONU qui l'a qualifiée d'"historique".

Rajendra Pachaury, président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) souhaiterait(1) que les décideurs politiques s'attachent aux mesures d’atténuation et d’adaptation tout en intensifiant la recherche sur le changement climatique. Il ajoute que "les fonds investis dans la recherche sur le changement climatique ne suffisent certainement pas pour le moment : pour la modélisation, pour des études régionales afin d’évaluer l’impact du changement climatique dans chaque région et pour des possibilités. Le plus gros de la recherche actuelle a lieu en Amérique et en Europe – il faut intensifier la recherche en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Ce sont ces régions-là qui subiront de plein fouet les effets du changement climatique."

Le Protocole de Kyoto est entré en vigueur

La 3ème Conférence des Parties de la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, s'est tenue à Kyoto (Japon) en décembre 1997. Le protocole qui en est issu, engage juridiquement et quantitativement les pays signataires à réduire de 5,2% leurs émissions de gaz à effet de serre pour l'horizon 2008/2012, par rapport à leurs émissions de 1990. Avec l'annonce de la ratification russe le 18 novembre 2004 (la Russie est responsable de 17% des émissions mondiales), le protocole de Kyoto a pu entrer en vigueur 90 jours après.

Les divergences affichées

Tous les grands pays industrialisés se sont engagés sur la voie du Protocole de Kyoto, sauf les Etats-Unis qui considèrent le protocole économiquement trop contraignant (notamment pour leurs industries) tout en développant de leur côté des nouvelles technologies de pointe plus propres. Cependant, les Etats-Unis qui se placeront en tant qu'observateurs aux sessions consacrées au protocole, participeront de plein droit aux travaux de la Convention, qu'ils ont ratifiée.

Les européens souhaitent que l'après 2012 remportent enfin l'adhésion des Etats-Unis mais aussi celle des nouveaux poids lourds économiques comme la Chine, l'Inde et le Brésil, qui à moyen terme seront les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre de la planète.
Un pari difficile car il pourrait également entraver le développement de ces pays qui ne sont pas responsables du réchauffement climatique actuel. En effet, les Etats-Unis et l'Europe totalisent à eux seuls près de 60% des rejets de gaz à effet de serre (GES) de la planète émis entre 1900 et 2000.

Les pays participants au G8 de Gleneagles en Ecosse avaient pourtant adopté une déclaration commune : "nous en savons assez pour agir maintenant afin de commencer à ralentir et, pour autant que la science le justifie, à freiner et à inverser l'augmentation des gaz à effet de serre".
D'ailleurs, M. Blair avait également rappelé à cette occasion que les grands pays émergents ne s'engageraient jamais dans la maîtrise de leurs rejets polluants si les Etats-Unis restaient à l'écart des efforts de la communauté internationale.

La Chine fait pourtant preuve de plus d'ouverture vis à vis des thèses européennes, contrairement à l'Inde responsable à hauteur de 2% des émissions de GES depuis 1900. L'Asie devrait émettre, en 2010 plus de 9 milliards de tonnes de CO2, devenant alors le premier pollueur de la planète devant l'Europe (7 milliards de tonnes) et même l'Amérique du Nord (7,7 milliards de tonnes) selon l'Agence Internationale de l'Energie.
Le poids démographique des pays asiatiques couplé avec leur entrée massive dans la société de consommation fait bondir les dépenses énergétiques et donc les émissions de GES.

La position de L'Europe

Selon, le bulletin mensuel "C'est dans l'air" de novembre 2005 du CITEPA, lors du Conseil Environnement du 17 octobre 2005, les Ministres de l’UE-25 ont convenu de leur position pour les négociations dans le cadre de la 11e Conférence des Parties à la Convention Climat. Tout en soulignant leur engagement à l’égard des conclusions du Conseil européen de printemps 2005 (22-23 mars), les Ministres n’ont fait aucune référence explicite aux objectifs chiffrés de réduction des émissions de GES proposés à cette occasion (réduction de 15 à 30% d’ici 2020).
Le Conseil Environnement s’est toutefois déclaré "résolu à oeuvrer à l’élaboration d’une stratégie à moyen et long terme selon l’approche définie par le Conseil européen du printemps 2005 qui souligne la nécessité de la coopération la plus large possible de tous les pays ainsi que leur participation à une action internationale qui soit efficace et appropriée dans le [cadre] du processus [de la Convention Climat]".
Les Ministres ont également souligné :
- qu’une future stratégie mondiale de lutte contre le changement climatique devrait stimuler l’innovation technologique, en dosant de façon optimale les politiques d’incitation et de contrainte ;
- que la 1ère réunion des Parties au Protocole de Kyoto (COP-MOP), qui se déroulera pendant la COP-11, devrait initier le processus pour envisager de nouveaux engagements à prendre par les pays développés pour la période au-delà de 2012. En outre, le Conseil attend avec intérêt le lancement d’un processus entre toutes les Parties à la Convention Climat pour étudier les possibilités de mettre en oeuvre des actions supplémentaires visant à atteindre son objectif ultime (stabilisation des concentrations de GES). A cette fin, il convient d’élaborer un dispositif post-2012, s’appuyant sur les expériences acquises jusqu’ici pour lutter contre le changement climatique, y compris les instruments fondés sur le marché mettant l’accent sur l’efficacité environnementale, un meilleur rapport coût-efficacité, et en élargissant le nombre de pays participants en fonction de leurs responsabilités communes mais différenciées et de leurs capacités respectives (article 3.1 de la Convention Climat). Enfin, les Ministres insistent également sur la nécessité de fixer, pour un tel processus, un calendrier précis, et de prévoir un mécanisme pour le faire avancer.

Le réchauffement climatique a commencé

Dorénavant, un consensus scientifique international clair, relayé et confirmé par de nombreuses études nous informe que les activités de nos sociétés de consommation réchauffent, en émettant massivement des gaz à effet de serre, notre atmosphère qui réagit ensuite par certains bouleversements climatiques.
De plus, ce qui change par rapport aux variations climatiques naturelles que l'Homme a pu connaître, c'est que la vitesse moyenne du réchauffement sera supérieure à tout ce qui a pu se produire, avec une élévation de température jamais atteinte dans l'histoire de l'humanité.
Enfin, la multiplication des catastrophes naturelles d'origine hydro-météorologiques et l'apparition de cyclones majeurs comme Katrina, Rita puis Wilma en quelques semaines pourraient être des signes tangibles d'un changement climatique même si l'incertitude règne encore dans ce domaine.

Dans un discours publié aujourd'hui, Lord May, le président de l'Académie britannique des Sciences (Royal Society), estime que les conséquences du réchauffement planétaire peuvent être comparées à celles d'"armes de destruction massive". En effet, il souligne que "les impacts du réchauffement planétaire sont nombreux et graves", citant la hausse du niveau de la mer, la modification du régime des eaux et "la fréquence accrue des événements extrêmes, inondations, sécheresses et ouragans".
Il rappelle à ce titre que les dégâts occasionnés par Katrina représentent "1,7% du produit intérieur brut" de 2005 des Etats-Unis et "il est concevable que la partie américaine du du Golfe du Mexique devienne effectivement inhabitable d'ici à la fin du siècle".
"La réunion de Montréal pourrait être constructive, juge-t-il, si elle débouchait au moins sur le lancement d'une étude" sur les réductions de gaz à effet de serre nécessaires pour stabiliser les concentrations de ces substances dans l'atmosphère à un niveau "inférieur ou supérieur" à 550 parties par million. Une telle étude pourrait "sensibiliser les responsables politiques", "aujourd'hui davantage préoccupés" par l'impopularité de mesures contre le changement climatique "que par les conséquences pour la planète d'une action trop tardive".

Les mécanismes de développement propre

Sous l'influence des Etats-Unis, un mécanisme de flexibilité (qui permet donc plus de souplesse dans l'application du protocole de Kyoto) a été élaboré pour réaliser des réductions à moindre coût et surtout permettre aux pays industrialisés de différer la mise en oeuvre de mesures nationales fortes pourtant nécessaires. Il s'agit du Mécanisme pour un Développement Propre (MDP) : les pays industrialisés et les entités qui en sont issus peuvent aider au financement et à la réalisation de projets de réduction d'émissions dans les pays en développement. En échange, ces premiers pays reçoivent des droits d'émissions supplémentaires à la hauteur des rejets évités.

Le résultat de cette conférence pourrait être le renforcement de ce mécanisme, point sur lequel toutes les parties sont d'accord...

Note

(1) Dans une interview donnée dans le numéro 16 de l'Usine à GES.

Liens

Site officiel de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques - Montréal 2005

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

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4 commentaires

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avatar momo -

c interessant

avatar Aboubakar Dolo Bamako (mali) -

IPour l'heure, je pense que Les USA et l'europe etant les les plus grands pollueures, doivent faire preuve d'éffort pour la reduction des gaz à effets serre. les USA doivent mettre de côté leur arrogance et se conformer aux dispositions du protocole de Kyoto, puisse qu'ils n'en seront pas épargnés des consequences du rechauffement climatique. La preuve en est les dégâts" Katina".
Je voudrais savoir si le rechauffement climatique n'est-il pas dû, par la détérioration de la couche d'ozone?

avatar Timothée Z. (Burkina Faso) -

les pays industrialisés notammment les USA non pas le choix que de se conformer au protocole de kyoto d'autant plus que, pour tout projet financé par ces pays des études d'impact sur l'environnement sont souvent exigées pour les pays en voie de developpement. ceci, dans le but de témoigner qu'ils sont soucier de la prise en compte des aspects environnementaux. cela est d'ailleurs dans l'intérêt de toutes la planette et surtout des pays cotiés, puique le rechauffement de la planette entraine la fusion des glaces et des icebergs entrainant ainsi l'augmentation du volume d'eau des océans.
une question cependant est ce la dégration de la couche ozone (03) est du à la production du CO2 exclusivement? quels sont les autres gaz à effet de serre?

avatar Idiot ( home) -

Les plus grand po;ueur sont la chine et l'inde, pourquoi ne sont t'il pas présent?
pourquoi n'y a t'il aucune sanctions contre ces deux énorme pollueur maintenant pour éviter qu'ils prennent des faux plis?????

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