Mardi 1er novembre, les ministres de l'Energie et de l'Environnement du G8 et des grands pays émergents ont examiné à Londres les technologies "propres" qui permettraient de réduire les émissions massives de gaz à effet de serre.
Annoncée début juillet au sommet du G8 en Ecosse, cette réunion constitue le lancement formel du Dialogue sur le lien énergie-climat proposé aux poids lourds du Sud. La prochaine réunion devrait avoir lieu au Mexique l'an prochain.
La conférence de Londres rassemblait les pays les plus consommateurs d'énergie dans les 30-40 ans, principalement des pays du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie) et émergents, comme la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud ou la Corée du Sud. Des représentants de la Banque mondiale et de l'Agence internationale de l'Energie étaient également présents.
Les pays membres du G8 sont responsables à hauteur de 62 % des émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère sur la période 1900-2000.
Ce sont donc les pays industrialisés du Nord qui sont les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre avec une palme pour les Etats-Unis responsables de près d'un tiers des émissions, suivi depuis peu par la Chine qui vient de se hisser pour la première fois au dessus du Japon.
Pour autant, les émissions de CO2 dans les pays industrialisés devraient être divisées par 3 d'ici 2050 sous l'effet des évolutions technologiques et des contraintes politiques. Au contraire, les pays en voie de développement dont les populations vont doubler et se hisser aux niveaux de consommation des pays industrialisés, devraient multiplier par 6 leurs émissions de CO2 ! En 2050, leurs émissions seront alors 7 fois supérieures aux pays industrialisés...
Il est donc crucial d'impliquer ces pays dans les négociations actuelles.
Le Premier ministre britannique Tony Blair a d'ailleurs estimé que le protocole de Kyoto n'était pas suffisant et qu'un accord ne serait efficace qu'en constituant un nouveau front avec les Etats-Unis (qui s'entêtent toujours sur une signature), la Chine et l'Inde.
Objectif : comment favoriser les nouvelles technologies "propres"
"Le point principal à l'ordre du jour de cette réunion est l'énergie et comment nous pouvons mieux utiliser la technologie pour effectuer une transition vers une économie moins productrice de gaz carbonique", a déclaré la ministre britannique de l'Environnement, Margaret Beckett, qui présidait la réunion.
"Comment allons-nous rendre plus accessibles, plus tôt, les solutions disponibles ? Comment allons nous augmenter nos investissements dans ce domaine ? Si nous voulons réduire la courbe des émissions, en commençant maintenant, il faut investir de l'argent et faire que cela soit rentable pour les investisseurs privés", a-t-elle dit.
Il exsite en effet de nombreuses technologies en développement ou en production qui permettraient de diminuer significativement les émissions en dioxyde de carbone. Elles sont déjà en partie employées dans certaines constructions récentes, dans les industries et de plus en plus dans l'automobile. Pour autant, leur diffusion reste encore marginale et souvent pénalisée par l'explosion démographique et le nombre de consommateurs de plus en plus important. Des consommateurs qui représentent environ 1,7 milliard de personnes soit un quart de la population mondiale...
Aucune décision
Aucune décision n'était attendue de cette réunion informelle, qui avait lieu dans le cadre du groupe du G8 présidé cette année par la Grande-Bretagne. En effet, la ministre britannique de l'Environnement avait prévenu qu'il ne fallait pas s'attendre à des objectifs chiffrés ou à un traité en ce sens pour le moment.
Une conclusion redoutée par les organisations de défense de l'Environnement qui attendaient des propositions concrètes et prometteuses pour la conférence de l'Onu à Montréal qui doit discuter du 28 novembre au 9 décembre de l'"après Kyoto", c'est-à-dire des suites éventuelles à donner au protocole qui arrive à expiration en 2012.
"Il est crucial que les ministres réunis à Londres utilisent leur dialogue comme tremplin pour les négociations de Montréal et travaillent en vue d'objectifs chiffrés clairs avec les financements appropriés. De belles paroles et des engagements confus ne suffisent pas", a déclaré Tony Juniper, directeur des Amis de la Terre.
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)