L'institut météorologique australien a relevé une nette augmentation des températures dans la région Ouest et Centre-équatoriale du Pacifique, au cours des derniers mois.
Ces analyses sont confirmées par des scientifiques du CSIRO, un organe de recherche public australien, ainsi que par des chercheurs du Chili, des Philippines et des USA.
El Nino est un phénomène marin, qui se produit selon une fréquence de 2 à 7 ans, lorsque la température de l'eau s'élève dans le Pacifique.
Lors de sa dernière manifestation en 1997-98 - la plus sévère du siècle - le Pérou et l'Equateur avaient été victimes d'innondations, tandis que des périodes de forte sécheresse étaient recensées en Australie, Nouvelle-Zélande et Indonésie.
Parmi les 12 modèles climatiques développés par l'institut météorologique australien, 5 conclueraient à une apparition d'El Nino entre les mois d'Avril et de Septembre 2002 , sur base des relevés météo collectés.
Depuis Octobre-Novembre 2001, le Queensland (Australie) est balayé par des vents d'ouest forts. La région commence déjà à être victime d'une sécheresse, qui menace les cultures de coton, d'orge et de pois-chiches en particulier.
Par ailleurs, dans le Nord-Est du pays, des syndrômes de mousson ont été enregistrés - autant de signes précurseurs de ce phénomène naturel encore mal connu.
Le centre météorologique des Philippines se montre plus pessimiste que son homologue australien, puisqu'il estime à 65 % la probabilité de survenance d'El Nino !
Dans cette région du globe, la vague de sécheresse actuellement constatée touche également la Malaysie et la Thaïlande. Les cultures d'huile de palme en Malaisie (1er producteur mondial) sont ainsi menacées.
En Thaïlande (1er producteur mondial de riz), les producteurs de riz ont été incités au cours des dernières semaines, à tout mettre en œuvre pour se prémunir contre une poursuite probable de la sécheresse.
L'organe de recherche gouvernemental CSIRO précise que les effets d'El Nino devrait devenir de plus en plus violents au cours des années à venir, sans nécessairement que la fréquence d'apparition du phénomène s'accélère.Le lien entre l'augmentation des
gaz à effets de serre et la montée de la température des eaux du Pacifique semble aux yeux des scientifiques hautement probable.
Au cours des 30 dernières années, la température de cet océan aurait augmenté de presque 1°C.
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Xavier Heude