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En étudiant le niveau de la pollution de l'air dans dix villes de la Californie du Sud, les chercheurs de l'USC démontrent que la proximité des voies express pose un risque respiratoire.
Vivre près d'une voie express peut impliquer plus que le bruit incessant des voitures et poids lourds : pour les enfants, cela introduit un risque accru d'asthme, selon les chercheurs de la Keck School of Medicine de l'USC (Université de la Californie du Sud). Ces résultats sont publiés dans le numéro de Novembre de la revue "Epidemiology".
Les chercheurs ont également observé que les enfants qui avaient des niveaux plus élevés de dioxyde d'azote, ou NO2, autour de leur domicile, avaient plus souvent développé de l'asthme. NO2 est un polluant émis par les moteurs à combustion des voitures ou des poids lourds.
"Ces résultats suggèrent que les émissions polluantes issues des gaz d'échappements du trafic autoroutier est un facteur de risque significatif pour l'asthme," déclarait l'auteur pricipal James Gauderman, professeur associé de médecine préventive au Keck School. "En considérant le coût énorme associé à l'asthme d'enfance, la réglementation des polluants en vigueur aujourd'hui peut mériter une réévaluation."
"Ces résultats ont des conséquences tant pour la science que pour la santé publique," disait David A. Schwartz, directeur de l'Institut National des Sciences de la Santé Environmentale, l'agence fédérale qui a subventionné l'étude. "Ils renforcent un ensemble grandissant de preuves que la pollution de l'air peut provoquer l'asthme et que l'exposition aux niveaux mesurés de dioxyde d'azote et à d'autres pollutions liées à la circulation routière peut être un facteur de risque significatif pour cette maladie."
Les chercheurs ont analysé la relation entre pollution et asthme chez 208 enfants qui faisaient partie de l'étude "Observation de la Santé des Enfants", menée par l'USC. C'est la plus longue investigation en pollution de l'air et la santé des enfants. L'étude a suivi la santé respiratoire des enfants dans un nombre de villes de la Californie du Sud depuis 1993.
Les chercheurs avaient installé des échantillonneurs d'air à l'extérieur des domiciles de chaque enfant afin de mesurer les niveaux de NO2. En outre, ils déterminaient la distance de chaque domicile aux voies express proches, tout comme le nombre de véhicules qui passaient à moins de 150m du domicile. Finalement, ils estimaient les niveaux de pollution de l'air induits par la circulation, en utilisant des modèles qui prennent en compte les conditions météo, le nombre de véhicules et d'autres facteurs déterminants.
En total, 31 enfants (15%) avaient de l'asthme. Les chercheurs ont observé un lien entre la fréquence de l'asthme chez les enfants et les niveaux de NO2 à leurs domiciles.
Pour une augmentation de 5,7 ppb (parts par milliards) de la concentration moyenne de NO2 - ce qui représente une variation typique d'un niveau de pollution bas vers un niveau élevé dans les villes de la Californie du Sud, le risque asthmatique augmentait de 83%. Les risques d'éternuement et l'usage de médicaments antiasthmatiques augmentaient également avec une augmentation des niveaux de NO2.
Les scientifiques ont aussi vu que plus les enfants vivaient proches des voies express, plus les niveaux de NO2 étaient élevés. Les taux de NO2 correspondaient également avec les estimations de pollution de la circulation calculées par les modèles statistiques du groupe.
Pour chaque 1200m de proximité d'une telle route, le risque asthmatique augmente de 89%. Par exemple, les enfants vivant à 400m d'une voie express avaient 89% plus de risque d'asthme que les enfants vivant à 1600m.
Il est intéressant de noter que la pollution engendrée par le trafic autoroutier a une influence plus grande sur le taux de NO2 autour des maisons que la pollution des autres types de trafic. Le nombre de voitures à moins de 150m des maisons (ce qui comprend surtout le trafic dans des rues plus petites) n'avait qu'une faible corrélation avec le taux de NO2 mesuré.
Ainsi, partout, les voies express sont une source majeure de pollution.
"En ce qui concerne l'asthme, les voitures et poids lourds sur les voies express et autres grandes routes peuvent constituer une plus grande source de pollution que la circulation sur les axes secondaires," disait Gauderman. Les scientifiques ont eu aussi des difficultés pour obtenir des données fiables concernant le trafic sur les axes secondaires, ce qui peut compliquer la recherche d'associations entre asthme et circulation locale.
Gauderman nuançait sur le fait que les chercheurs ne savent pas encore si NO2 est la cause de l'asthme. Le NO2 se diffuse dans l'air avec d'autres éléments de pollution, tels que les particules, donc il peut être un indicateur pour d'autres polluants qui causent l'asthme.
L'étude a été réalisée dans les villes d'Alpine, Atascadero, Lake Elsinore, Lancaster, Long Beach, Mira Loma, Riverside, San Dimas, Santa Maria et Upland.
L'étude "Observation de la Santé des Enfants" est subventionné par le NIEHS, le California Air Resources Board, le Southern California Particle Center and Supersite, l'Environmental Protection Agency et la fondation Hastings.
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Notre dossier sur
la pollution atmosphériqueAuteur
Christophe Magdelaine - notre-planete.info (tous droits réservés)
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