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Pourquoi les décideurs ignorent-ils les causes des catastrophes ?

8252 lectures / 1 commentaire21/10/2005, 16:02
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Pourquoi les décideurs ignorent-ils les causes des catastrophes ?
La Nouvelle-Orléans après le passage de Katrina le 30/08
crédit : AFP
Dans le cadre de nouvelles recherches, les chercheurs devront s’interroger sur les raisons pour lesquelles les décideurs ignorent ou ne comprennent pas les risques présentés avec des preuves claires.

En réponse à un monde dans lequel les catastrophes naturelles font vaciller des nations riches et pauvres – le tsunami en Asie, les ouragans sur la côte US du Golfe du Mexique, les inondations au Bangladesh, le tremblement de terre au Cachemire – le Conseil International pour la Science (ICSU) a approuvé aujourd’hui une nouvelle initiative focalisée sur l’utilisation de la science pour empêcher les désastres naturels de se transformer en catastrophes.

« Il est temps de changer l’état d’esprit selon lequel les catastrophes naturelles sont inévitables » souligne Gordon McBean, qui possède la chaire de politique à l’Institut pour la Réduction des Pertes Catastrophiques de l’Université de l’Ontario de l’Ouest et qui est responsable du Groupe de Perspective sur les Risques Environnementaux Induits par l’Homme. « Nous ne pouvons pas arrêter les ouragans, les tsunamis ou d’autres effets extrêmes de la Nature. Mais si nous rassemblons le bon mélange de recherche – des travaux qui intègrent des disciplines telles que l’ingénierie, la climatologie, les sciences de la santé ou les sciences sociales – et que nous trouvons un meilleur moyen de faire entrer ces approches dans le processus de décision politique, nous pouvons éviter de nombreuses pertes inutiles, humaines et économiques ».

McBean explique que le but de l’initiative, présentée aux membres de l’ICSU au cours de sa 28ème Assemblée Générale à Suzhou, en Chine, est de fournir une base scientifique solide pour réduire les risques et les conséquences des dangers environnementaux, naturels ou induits par l’homme.
Le rapport du Groupe de Perspective sur les catastrophes naturelles, présenté au cours de la conférence, montre clairement que les désastres récents aux USA et en Asie ne sont pas des anomalies mais font partie d’une formidable augmentation à long terme des catastrophes naturelles. Entre 1900 et 2000, les catastrophes naturelles répertoriées sont passées de 100 à 2800 par décennie, en majorité en lien avec des évènements météorologiques. Le rapport note que les risques naturels tuent, blessent ou déplacent des millions de personnes chaque année et sont responsables de pertes économiques importantes. En 2004, les catastrophes naturelles ont coûté 140 milliards de dollars de dommages. Les évènements de 2005 risquent, malheureusement, de ridiculiser ce chiffre.

Si l’initiative de l’ICSU peut faire une différence McBean précise qu’elle devra s’attaquer à deux défis fondamentaux. D’une part, il est nécessaire de faire de nouvelles recherches pour mieux dévoiler les raisons pour lesquelles les désastres sont en augmentation et identifier avec précision les activités humaines qui peuvent aggraver ou atténuer leurs effets.
D’autre part, McBean souligne qu’il existe un problème de communication à résoudre. II note que les scientifiques ont déjà fourni des preuves solides que les catastrophes naturelles sont une menace grandissante et ont offert leur avis sur des actions spécifiques pour réduire l’exposition au danger. Des années avant que Katrina ne frappe, les scientifiques avaient par exemple fourni des analyses détaillées des défauts du système de digues à la Nouvelle Orléans et des dangers posés par la perte des terres marécageuses environnantes.
« Nous avons trouvé beaucoup de preuves que les décideurs peuvent parfois agir en toute ignorance, ou simplement sans prendre en compte les données scientifiques nécessaires, pour décider de ce qui doit être fait pour se préparer ou pour prévenir la dévastation face à un événement naturel et prévisible comme un ouragan » observe McBean. « Pourquoi retirons-nous les mangroves de nos côtes vulnérables ? Pourquoi continuons-nous à voir, dans le monde entier, des pratiques d’utilisation des terres qui favorisent clairement les risques liés aux inondations, aux incendies et aux coulées de boues. Pourquoi ne faisons-nous pas meilleur usage des satellites pour anticiper ces faiblesses ? ».
Pour McBean, la réponse à toutes ces questions est, en partie, que les sociétés trouvent souvent plus facile de se focaliser sur les gains à court terme plutôt que de se protéger contre des pertes à long terme. Le défi que l’ICSU s’est lancé, souligne-t-il, est d’organiser une initiative sur les risques naturels qui se porte au-delà de l’accent habituel donné aux sciences physiques et qui s’intéresse à la façon dont les résultats scientifiques interagissent avec le processus de décision politique.

« Nous devons trouver de nouveaux moyens pour parler de science aux décideurs afin qu’ils comprennent comment intégrer des données scientifiques dans leurs processus de mise en place de politiques » ajoute-t-il. « Un des aspects forts de cette initiative sera l’accent mis sur le lien entre les avancées scientifiques et l’utilisateur final, qui peut être une instance gouvernementale locale, régionale ou nationale, de même que des agences de développement ou celles qui fournissent de l’aide humanitaire ».
L’initiative de l’ICSU sur les risques naturels débutera avec l’établissement d’un comité organisateur composé d’experts de diverses disciplines et d’expériences variées. Ils devront mettre au point un plan d’action à mettre en place au cours des 3 années à venir. Le but est d’établir un programme de collaboration internationale de recherche et de communication pour une durée d’au moins une décennie.
« La recherche coordonnée, qui est indispensable pour comprendre et réduire les dangers liés aux risques naturels, est le point fort de l’ICSU » explique McBean. « Nous sommes multi-disciplinaires, notre adhésion est internationale et nous avons accès à un éventail incroyable d’expertise scientifique et de décideurs politiques influents ».

En savoir plus
Notre dossier sur les risques naturels

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Auteur

Conseil International pour la Science

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KESSLER - Strasbourg/France - 02/11/2005, 11:19
Les raisons politico-économiques sont toujours en cause. Quel gouvernement est près à prendre en compte préventivement tous les risques naturels... On préfère panser les plaies que de sauver des vies humaines. Le palais de l'Elysées devrait se trouver en Camargue, ou du côté de Nantes ou en baie de Somme... Je crois qu'ils feraient bien vite de dégager, C'est comme dans les gurerres, les décideurs, ces chefs de guerre ne se rendent jamais en première ligne.
La prise en compte de l'évolution climatique à court terme coûterait tellement d'argent, la France a de telles dettes qu'elle ne peux pas en dépenser pour des évènements qui ne sont pas encore arrivés. Tant pis pour les victimes...
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