Les réseaux de mesure de la qualité de l'air poursuivent un important programme de modernisation et d'extension engagé il y a seulement cinq ans : capteurs (2200 analyseurs actuellement contre 1300 en 1997), mesure de nouveaux polluants (hydrocarbures, benzène, PM10, PM2,5...), traitement et diffusion au public des résultats en temps réel (Internet), modélisation et prévision de la qualité de l'air. De ce fait, le recul est insuffisant dans de nombreuses agglomérations pour évaluer avec certitude l'évolution de la qualité de l'air, les variations météorologiques d'une année sur l'autre étant susceptibles de provoquer des variations plus importantes que l'évolution des émissions polluantes. On admet généralement que l'appréciation des évolutions implique de disposer des mesures sur une période d'au moins cinq ans.
on peut retenir les tendances suivantes :
- La suppression de l'utilisation de plomb tétraéthyle des essences depuis le 1er janvier 2000 a conduit à une division par trois des émissions de plomb. Dans la plupart des agglomérations, la moyenne annuelle des concentrations de plomb est de l'ordre de 0,04 µg/m3, c'est-à-dire à la limite de précision de la mesure, et respecte la valeur limite (0,5 µg/m3 en moyenne annuelle). Depuis cinq ans, les concentrations de plomb dans l'air ambiant ont été divisées par six environ.
- Les concentrations de dioxyde de soufre (SO2) continuent de baisser, au rythme d'environ 10 % par an depuis cinq ans. Cette évolution s'explique notamment par l'amélioration des combustibles et carburants, la désulfuration des fumées des grandes installations de combustion (et la réduction du taux de marche des centrales thermiques d'EdF), le traitement des fumées des usines d'incinération d'ordures ménagères...
La situation reste cependant préoccupante sur les agglomérations fortement industrialisées (Le Havre, Fos-Berre, Rouen...). - Les moyens de mesure des particules sont en pleine transformation : l'ancienne méthode dite des « fumées noires » (degré de noircissement d'un filtre collecteur) est progressivement remplacée par la méthode de mesure des particules fines (mesure de la concentration de PM10 et PM2,5, particules de taille inférieure à 10 et 2,5 micromètres). Le recul est insuffisant pour déterminer si les évolutions des niveaux de PM10 et de PM2,5 de 1999 à 2001 sont représentatives.
La pollution par les particules fines est certainement le principal aspect sur lequel la vigilance doit rester fortement mobilisée (transport routier, industries, combustion du bois
). - Les concentrations de dioxyde d'azote baissent légèrement sur les cinq dernières années, de quelque 1 à 5 % par an dans la plupart des agglomérations. Les concentrations de monoxyde d'azote ont baissé d'environ un tiers en cinq ans dans la plupart des agglomérations. Ces évolutions sont à mettre en relation avec les modifications des automobiles qui constituent les principaux émetteurs de ces polluants. Néanmoins, la valeur limite du dioxyde d'azote pour 2001 de 58 µg/m3 en moyenne annuelle n'est pas respectée sur des sites proches du trafic automobile (Paris, Grenoble, Nice, Clermont-Ferrand, Strasbourg, Marseille
)
- L'ozone est un polluant secondaire, produit dans l'atmosphère sous l'effet du rayonnement solaire par des réactions complexes entre les polluants primaires (oxydes d'azote, hydrocarbures, particules...). Les évolutions constatées reposent en grande partie sur les variations climatiques. C'est ainsi que, contrairement à celles de l'année 2000, les conditions météorologiques de l'été 2001(températures et ensoleillement élevés) ont favorisé la formation d'ozone et la survenue de pointes de pollution.
- Le benzène est un polluant dont la surveillance est encore en cours de mise en place. Hormis quelques agglomérations (Paris notamment), le recul est insuffisant pour déterminer une tendance d'évolution des niveaux de concentrations. Néanmoins, la valeur limite pour 2001 de 10 µg/m3 est respectée.
Ces résultats montrent la nécessité de poursuivre avec ténacité la réduction des émissions des véhicules, des chauffages et des usines. Si les évolutions décidées à ce jour des normes relatives aux véhicules automobiles et aux carburants ont permis, et vont encore permettre, une réduction significative des émissions, les actions de réduction des émissions devront être renforcées en ce qui concerne les chauffages et les usines.
Parallèlement, le ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement demande aux associations de surveillance de la qualité de l'air d'accélérer la mise en place de la surveillance des polluants dont la mesure est encore insuffisante : hydrocarbures, particules fines, benzène, odeurs....
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Ministère de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables