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L’aviation commerciale au service de la recherche climatologique

2444 lectures 25/02/2002, 00:00
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Les climatologues de l’Institut pour la Chimie et la dynamique de la Géosphère, au Centre de recherche de Jülich en Allemagne, collectent depuis 1994 des données sur la concentration en vapeur d’eau et en ozone dans l’atmosphère, à partir de matériel de mesure installé sur des avions de ligne.
Les compagnies aériennes qui ont accepté d’équiper certains de leurs appareils pour ses tests – Lufthansa, Air France, Austrian Airlines et la feue Sabena – sont en fait en quête d’une réponse sur l’impact environnemental du transport aérien.

L’expérience – commandée par la Commission Européenne - est menée sur des Airbus A340 reliant les destinations suivantes :
  • Francfort / Chicago
  • Paris / Bangkok
  • Bruxelles / Johannesbourg
  • Francfort / Sao Paulo
Elle est nommée « Mozaic » pour Measurement of Ozone and Water Vapour by Airbus In-Service Aircraft (relevé d’ozone et de vapeur d’eau par des appareils Airbus en service).

Ce recours - peu commun – à des avions de ligne a été retenu principalement pour les raisons suivantes :
  • il n’existe pas d’autres alternatives fiables sur le long terme permettant de fournir une pareille quantité d’informations sur une couche précise de l’atmosphère – entre 9 et 12 km d’altitude (les satellites ne permettent pas d’effectuer un relevé à une altitude très précise; les méthodes par ballons-sondes n’offrent pas la possibilité de collecter autant d’informations).
  • il était nécessaire de trouver une formule financièrement abordable, afin de pouvoir mener l’étude sur une période longue.
Les 5 avions participant à ce programme de recherche ont déjà effectué plus de 150.000 heures de mesures à ce jour.

Les principales conclusions de l’étude sont les suivantes :

Vapeur d’eau
  • 1/3 des mesures effectuées au-dessus de l’Atlantique Nord révèle une nette augmentation de la quantité de vapeur d’eau, par rapport à tous les relevés réalisés par le passé. Cette constatation est une véritable surprise pour les milieux scientifiques, car les modèles climatiques actuels reposent tous sur une quantité de vapeur d’eau beaucoup plus faible. Cela impliquerait donc de revoir tous les modèles. Or, il est reconnu que la vapeur d’eau retient les rayonnements solaires renvoyés par la Terre, ce qui contribue à l’accroissement de la température de l’atmosphère (principe de l’effet de serre).
  • La quantité de vapeur d’eau dans la partie basse de la stratosphère aurait doublé depuis le milieu des années 50. Il y a lieu de s’interroger si le transport aérien peut être tenu responsable de cette évolution. Il faut souligner que 1 gramme de carburant brûlé dégage 3 grammes de vapeur d’eau.
Ozone
  • Des grosses variations dans l’épaisseur de la couche d’ozone sont observées dans la tropopause.
  • Le taux d’ozone dans la partie haute de la troposphère au-dessus de l’Atlantique Nord est deux fois plus élevé en été qu’en hiver. Cela constitue également une surprise pour la communauté scientifique.
  • Les climatologues supposent qu’en été l’ozone située en très basse altitude a tendance à monter dans les hauteurs, ce qui réduirait du coup son effet protecteur contre les rayons solaires.
  • Le monoxyde de carbone et l’oxyde d’azote sont tenus pour responsable de la destruction de la couche d’ozone. Il convient encore une fois d’évaluer dans quelle mesure les avions - qui émettent ce type de rejets - contribuent à cette dégradation.
D'après : FAZ

Xavier HEUDE


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page mise à jour le 25/02/2002, 00:00
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