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La grippe aviaire progresse en Indonésie
13511 lectures02 octobre 2005, 21 h 45

vaccination des volailles à Lendak, en Indonésie
crédit : FAO / A.Ariadi
Les répercussions en chiffres de l'épidémie de la grippe aviaire sont alarmantes, même pour un continent de la taille de l'Asie: plus de 140 millions d'oiseaux sont morts ou ont été éliminés. Les pertes combinées du produit intérieur brut (PIB) sont estimées à 10-15 milliards de dollars.
Depuis début 2005, 42 personnes ont péri de la grippe aviaire. Une étude de l'Organisation des nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) estime que rien qu'au Viet Nam, la maladie a touché 36 000 personnes vivant sur le seuil de la pauvreté et 88 000 qui sont déjà pauvres (chiffres d'avril 2005)
Dix pays sont frappés: Cambodge, Chine, Indonésie, Japon, Malaisie, Pakistan, République de Corée, République démocratique populaire Lao, Thaïlande et Viet Nam.
La situation en Indonésie devient préoccupante
La FAO est préoccupée face à la progression de la grippe aviaire en Indonésie et a offert une assistance accrue pour renforcer la lutte contre le virus dans ce pays.
"La grippe aviaire est devenue endémique en Indonésie et elle continue à se répandre", a déclaré M. Joseph Domenech, vétérinaire en chef de la FAO.
"Face à cette situation inquiétante, le gouvernement doit modifier et améliorer ses politiques et stratégies de contrôle du virus", a expliqué M. Domenech.
La lutte contre la grippe aviaire doit devenir une priorité nationale. Les services vétérinaires et les autorités civiles doivent disposer des moyens nécessaires pour imposer des quarantaines et d'autres mesures de lutte contre la maladie.
Les services vétérinaires locaux doivent être renforcés afin qu'ils puissent être capable de découvrir, à un stade très précoce, les lieux où apparaissent des foyers de la maladie et mettre immédiatement en place les mesures comme l'abattage et la vaccination ciblée dans les zones à haut risque.
Vaccins de qualité
La stratégie de vaccination nationale devrait être revue pour s'assurer que seulement les vaccins de qualité sont utilisés et ce, conformément aux normes de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE).
Des ressources financières supplémentaires devraient être disponibles pour la lutte contre la grippe aviaire chez les animaux afin de prévenir une pandémie humaine. En Indonésie, 4 personnes sont mortes de la grippe aviaire et d'autres cas de contamination sont suspectés.
L'implication d'environ 30 millions de basses-cours gérées par des ménages, soit environ 200 millions de volailles, sera un défi majeur, selon la FAO. Des campagnes publiques de sensibilisation doivent être lancées pour informer les paysans sur les risques et les stratégies de lutte.
Les zones densément peuplées comme Java, où le virus se répand à travers les réseaux commerciaux, devraient être davantage surveillées. "Nous avons besoin de mieux comprendre la dynamique spécifique de la maladie dans ce pays", a précisé M. Domenech.
Avec le gouvernement indonésien, la FAO développe actuellement un projet national de lutte contre la grippe aviaire qui nécessite un financement d'environ 11 millions de dollars.
La lutte mondiale bute contre les problèmes de financement
La stratégie mondiale de lutte contre la grippe aviaire chez les animaux reste largement sous-financée malgré les contributions importantes de quelques bailleurs de fonds, met en garde la FAO.
"Il semble raisonnable de constituer des stocks de vaccins antiviraux pour protéger les gens contre une pandémie potentielle de grippe aviaire mais, dans le même temps, la lutte contre le virus à sa source - chez les animaux - ne doit pas être sous-estimée", a déclaré M. Joseph Domenech, vétérinaire en chef à la FAO.
"Des services vétérinaires nationaux efficaces sont essentiels pour améliorer la détection précoce de la grippe aviaire. L'échange rapide et l'analyse des échantillons de virus exigent des ressources supplémentaires afin de pouvoir répondre immédiatement lors de l'apparition de la maladie", a souligné l'expert de la FAO.
La Stratégie mondiale pour le contrôle progressif de la grippe aviaire hautement pathogène lancée en mai 2005 par la FAO et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit l'exécution de programmes de contrôle dans les pays du sud-est asiatique nécessitant un financement de plus de 100 millions de dollars sur les trois prochaines années.
A ce jour, les bailleurs de fonds, notamment l'Allemagne (6 millions de dollars), la Suisse (4 millions de dollars), les Etats-Unis (6 millions de dollars) et le Japon (0,5 million de dollars) ont promis un montant total de quelque 16,5 millions de dollars.
La FAO fournira 2 millions de dollars supplémentaires sur ses propres ressources.
La Banque mondiale et la Commission européenne prévoient également d'investir largement dans le contrôle de la grippe aviaire.
Ce soutien est excellent, mais ce n'est qu'un premier pas et, à moins qu'il ne se traduise par davantage de financements pour soutenir les pays affectés, le cycle de l'infection de la grippe aviaire, qui se développera chez les volailles cet hiver, ne sera pas stoppé, selon la FAO.
La circulation d'un grand nombre de virus de l'influenza parmi les animaux dans beaucoup de pays et à proximité de l'homme constitue un facteur de risque majeur qui pourrait provoquer une pandémie, avertit la FAO.
Petite chance
Il reste une petite chance pour réduire, avant l'hiver, les niveaux de l'infection: la vaccination des volailles.
Dans des pays comme le Viet Nam, la vaccination des volailles est le seul moyen de réduire les niveaux d'infection dans le court laps de temps qui nous sépare de l'hiver. Cela implique des campagnes de vaccination massives, particulièrement chez les petits producteurs qui sont en contact étroit avec leurs animaux.
Les pays d'Asie font de leur mieux pour contrôler le virus, mais ils ne peuvent pas le faire seuls et on ne doit pas s'attendre à ce qu'ils le fassent seuls, selon M. Domenech.
Des succès ont, toutefois, été enregistrés par la Thaïlande qui a réussi à contrôler le virus de la grippe aviaire. Aucun nouveaux cas de contamination humaine n'a été rapporté récemment dans ce pays.
Le Viet Nam a récemment lancé un ambitieux programme de vaccination de toutes les volailles dans les provinces à risque. Ce pays aura besoin de 10 millions de dollars supplémentaires pour mettre en œuvre son programme de vaccination, améliorer les équipements de laboratoire et mener à bien les programmes de surveillance post-vaccination.
Une guerre mondiale
Une fois de plus, la FAO recommande aux pays situés sur le trajet des oiseaux migrateurs de mettre en place des programmes de surveillance. L'Inde et le Bangladesh, l'Europe centrale, le Moyen-Orient et certaines régions d'Afrique devraient améliorer la prévention nationale, les systèmes de détection précoce et les plans de réponse rapide.
"Les activité nationales nécessiteront un soutien supplémentaire de la part des bailleurs de fonds, estimé à quelque 50 millions de dollars pour les trois prochaines années", a indiqué M. Domenech.
La majeure partie de ces fonds devrait être utilisée pour la prise de conscience, la formation, les équipements de protection, les laboratoires et la surveillance aussi bien des animaux sauvages que des volailles.
Les ressources nationales des pays à risque ne seront pas suffisantes pour financer leurs stratégies de contrôle, a souligné M. Domenech.
Au niveau mondial, il convient de financer aussi la surveillance, la coordination et le travail de référence des laboratoires.
Investir aujourd'hui dans le contrôle de la grippe aviaire chez les animaux est peu coûteux comparé aux coûts d'une pandémie mondiale qui pourrait se produire demain, selon la FAO.
En savoir plus :
Dossier sur la grippe aviaire par la FAO
Auteur
Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture ; date originale : 02 octobre 2005, 21 h 45
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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