indice AGGI depuis 1980crédit : NOAA
Des chercheurs du laboratoire "NOAA Climate Monitoring and Diagnostics" à Boulder dans le Colorado nous proposent un nouvel indice qui permet de suivre l'évolution annuelle des teneurs en gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère.
Un nouvel indice pour les gaz à effet de serre
Cet indice, nommé "Annual Greenhouse Gas Index" (AGGI) se base sur l'analyse des concentrations de tous les gaz à effet de serre (mineurs et majeurs) à durée de vie significative. Ils sont déjà mesurés depuis 1979 par le réseau du laboratoire qui comprend une centaine de sites de prélèvement et d'observation sur terre et en mer, de l'Arctique au pôle Sud. Les principaux gaz suivis sont : le dioxyde de carbone (CO2), les oxydes nitreux (NO2), le méthane (CH4), les chlorofluorocarbones (CFCs) et leurs remplaçants.
Si l'on considère un échantillon d'un million de molécules d'air, les analyses du NOAA/CMDL montrent qu'environ 375 sont des molécules de CO2, 2 de méthane et moins d'une de NO2.
Normalement, cet indice devrait être actualisé tous les ans en avril.
Cet indice traduit les teneurs en GES en forçage radiatif, c'est à dire en surplus d'énergie reçue par la Terre. En effet, la Terre reçoit la majeure partie de son énergie du soleil, une partie est absorbée par la Terre et une autre renvoyée sous forme d'infrarouges. Le rayonnement infrarouge réemis est en partie, et de plus en plus, intercepté par les gaz à effet de serre de l'atmosphère terrestre. Ce qui augmente donc l'énergie accumulée dans les basses couches de l'atmosphère et donc la température.
Les chercheurs ont bien sûr pris en compte le fait que chaque gaz à effet de serre contribue différemment au forçage radiatif. Le pouvoir de réchauffement des CFCs est par exemple des milliers de fois plus important que le CO2.
Pour illustrer cet indice, on peut constater que l'année 1990 correspond à un surplus d'environ 2,1 watts par m² par rapport à 1980.
L'année 1990 a été choisie comme année de référence pour le calcul de l'AGGI car elle correspond à celle choisie dans le protocole de Kyoto comme base pour les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il sera ainsi possible de vérifier l'efficacité des mesures prises pour atténuer le réchauffement de la Terre. L'année 1990 a donc un indice AGGI de 1.
David Hofmann, directeur de la NOAA, a expliqué que "cet indice servira de point de repère pour mesurer le succès ou l'échec des efforts mis en œuvre pour réduire les émissions de CO2 et des autres gaz à effet de serre".
Une augmentation inquiétante de l'indice AGGI
Cet indice révèle notamment que de 1990 à 2004, le forçage radiatif a augmenté de 20% puisqu'en 2004, l'AGGI était de 1,2, ce qui correspond à un surplus de 2,6 watts par mètre carré, soit environ 1,32 milliards de kilowatts absorbés en plus à l'échelle de la Terre en moins de quinze ans.
Une hausse qui s'explique essentiellement par les rejets de plus en plus importants de CO2 qui représente environ 62% du pouvoir radiatif des gaz à effet de serre.
Ces évolutions sont à la fois le fait des rejets massifs de GES de nos sociétés industrialisées mais aussi de phénomènes naturels comme en témoigne le courant marin chaud El Niño qui a généré un important accroissement de GES de 1987 à 1988 avec une hausse de 2,8% de l'AGGI.
La plus faible augmentation de ces gaz a été enregistrée en 1993, avec une hausse de 0,81 % par rapport à 1992 après l'éruption du volcan Pinatubo aux Philippines en 1991.
Un indice qui confirmerait largement les prévisions du GIEC
Dans un article de Libération du 29/09, Philippe Ciais du laboratoire des sciences du climat et de l'environnement du CEA (Commissariat à l'énergie atomique) précise que «ces chiffres montrent qu'on est un peu au-dessus des scénarios élaborés par le Groupe d'experts de l'ONU sur le climat» (le GIEC). Il voit dans l'indice AGGI «un moyen d'aider le public à prendre conscience de l'augmentation de l'effet de serre». Le chercheur ajoute que son rythme s'accélère, notamment sous l'effet de la croissance de la Chine, même si «une bonne part de ses émissions remplace des rejets qui auparavant avaient lieu au-dessus de l'Europe et des Etats-Unis».
En savoir plus
Climate Monitoring and Diagnostics Laboratory (en anglais)
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)