
Tourbière glacée à Saint-Donat
crédit : Lucie Gagnon
Le cyclone Katerina et ces effets, les inondations répétées dans toute l’Europe, l’intensification des problèmes de désertification pose la question du réchauffement climatique.
Les effets de ce phénomène connu sont multiples mais difficilement mesurable sur les milieux tempérés et chauds. Les zones froides sont les réelles victimes, actuellement, de ce phénomène.
Le réchauffement des hautes latitudes en quelques chiffres
Les hautes latitudes connaissent actuellement un réchauffement important. Le nord sibérien et l’Alaska ont vécu une augmentation de leur température moyenne annuelle de l’ordre de +2 à +4°C depuis le début du 20ème siècle. Mais ces changements ont été nettement plus visibles lors des trois dernières décades.
L’exemple du bassin de la Léna (fleuve Russe périglaciaire prenant sa source en prébaïkalie et se jetant dans la mer des Laptev) est significatif. La température annuelle moyenne a augmenté de plus de 2.5°C depuis les années 60, avec des taux annuels moyenne se situant vers +0,1°C par ans (le réchauffement français est de l’ordre de +0,6°C depuis 1900). Durant la période 1880-1980 la température moyenne annuelle en Yakoutie Centrale était de l’ordre de -10,2°C, la période 1980-2000 à une moyenne se situant au alentour de -8,8°C. L’année 1996 a été encore plus marquée avec une moyenne de -7,6°C.
Le réchauffement climatique que connaît la zone nordique est beaucoup plus important en en hiver qu’en été. La Yakoutie connaît une augmentation de +3,6°C de ces moyennes hivernales, avec des pointes de +5 à +8°C. Les effets les plus brutaux de ces dysfonctionnements climatiques sont une augmentation importante des précipitations (jusqu’à 3 fois plus importantes) et du couvert neigeux (jusqu’à 4 fois supérieur).
La prospective concernant le réchauffement futur est encore plus alarmante. Le GIEC (groupement international sur l’évolution climatique) prédit une augmentation de la température moyenne annuelle de 4 à 8°C (selon les modèles) pour les zones froides d’ici à 2100. Le climat des zones froides Nord Américaines et Russes sera totalement modifié, avec des températures de +2,5 à +14°C en hiver selon les secteurs et les modèles climatiques) et de +4 à +7,5°C en été. L’augmentation des précipitations se situera vers +10 à +50%. Ces prédictions sont tout de même controversées par certains chercheurs qui essaient de minimiser les théories actuelles en introduisant le fait que les moyennes climatiques doivent s’établir sur un période de trente ans.
Les effets du réchauffement climatiques des hautes latitudes
Les impacts du réchauffement actuel sont nombreux sur les milieux écologiques nordiques et essentiellement sur leur composante majeure le pergélisol (permafrost en anglais ; sol gelé en profondeur durant au moins deux années consécutives).
Le premier effet, est la modification de la couche active. La couche active est la zone du sol qui connaît un dégel saisonnier, sa densité, sa température et sa composition déterminent les milieux écologiques. Durant les trente dernières années ces caractéristiques se sont modifiées : sa température a augmenté de 0,5 à 1,5°C (selon les secteurs) ; sa densité a connu une évolution de +25-30% en Yakoutie Centrale.
Les modifications de la couche active sont aussi importantes pour la gestion du risque inondation et sur les caractéristiques des éléments hydrologiques des milieux. L’augmentation de l’humidité de la zone active connaît une tendance à l’augmentation depuis trois décennies. Le bassin du Lenisseï connaît les augmentations les plus spectaculaires avec des écoulements hivernaux plus importants, un décalage de la période de dégel de 1 mois et une augmentation de flux automnales.
La fonte du pergélisol entraîne aussi une augmentation des processus thermokarstiques (dégel du pergélisol qui entraîne des dépressions surfaciques). Les affaissements peuvent atteindre +8 à +14 cm par an dans des secteurs qui n’en connaissaient pas. Les coins de glace (petit secteur riche en glace en raison des contractions thermiques saisonnières) sont les premiers atteints par le dégel et entraînent des processus thermokarstiques.
Le réchauffement climatique des zones nordiques est donc réellement inquiétant. Les sociétés humaines sont les premières victimes de ses changements en raison de la modification des milieux, qui ne permettent plus alors de trouver les ressources nécessaires à la vie les Inuits qui connaissent déjà de gros problèmes vis-à-vis de cette situation. La nécessaire prise de conscience par les gouvernements de cette situation est vitale. Les climats de ces zones ont des répercussions directes sur nos milieux. L’accroissement des afflux d’eau dans l’océan arctique pourrait accélérer la modification de la dérive Nord Atlantique et ainsi modifier complètement le climats du secteur océanique européen. La modification des milieux et l’augmentation des températures et de l’humidité de ces zones entraînent aussi une augmentation des GES (gaz à effets de serre) par la putréfactions des mousses et du bois (création de méthane). Ces deux éléments peuvent impliquer une rétroaction positive du fonctionnement climatique de l’hémisphère nord qui modifierait pour le long terme les climats de nos régions.
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Notre dossier sur
le changement climatiqueauteur : Irwin Carteron
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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