Pour répondre au protocole de Kyoto qui a été adopté par plus de 170 pays à Marrakech, mais rejeté en mars 2001 par le président américain, George W. Bush propose donc un plan de rechange fondé sur des mesures volontaires et des incitations fiscales.
Il préconise une approche volontariste de la lutte contre le réchauffement de la planète, en combinant les objectifs de réduction des gaz à effets de serre à la croissance économique américaine.
A ce titre, ce sera donc aux industriels américains, qui émettent 36 % des gaz à effets de serre provenant des pays industrialisés (contre 31,6 % pour l'Europe) de prendre les mesures qui s'imposent pour diminuer voire stopper l'augmentation des gaz à effet de serre et, "si les études scientifiques le justifient, à les diminuer". Rappelons que le protocole de Kyoto table sur une réduction des émissions.
Le président américain a par ailleurs affirmé sa volonté de rallier les pays en voie de développement (PVD) à son plan en affirmant que l'approche américaine leur donnerait "un étalon pour le progrès sur les changements climatiques qui reconnaîtra leur droit au développement économique". Il a affirmé, dans une allusion aux objectifs contraignants du protocole de Kyoto, qu'il serait "injuste et contre-productif de condamner les pays en développement à une croissance économique faible ou même inexistante en insistant pour qu'ils adoptent des objectifs de réduction des gaz à effet de serre irréalistes".
Philip Clapp, président de l'organisation environnementale National Environment Trust, résume bien l'idée genérale qui ressort des réactions des mouvements écologistes : "Il n'y a aucune raison de croire que les pollueurs vont soudainement devenir raisonnables." Carl Pope, le directeur du Sierra Club, estime pour sa part que l'administration Bush "en reste à la politique de pollution réclamée par les industriels de l'énergie, plutôt que de prendre des mesures sensées pour protéger notre santé". Quant à Steve Sawyer, l'un des experts climat de Greenpeace International, il pense que le plan "aura très peu d'effets sur les émissions, à supposer qu'il en ait". "Au lieu de se faire les champions de la lutte mondiale contre l'effet de serre, les Etats-Unis s'engagent dans la voie exactement inverse de celle poursuivie par le reste de la communauté internationale avec le protocole de Kyoto", juge Greenpeace.
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)