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Changement climatique : 2°C de plus en Méditerranée ?

8973 lectures / 7 commentaires03/09/2005, 21:29
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Changement climatique : 2°C de plus en Méditerranée ?
crédit : notre-planete.info
La canicule est devenue de nos jours un sujet de conversation ordinaire dans les pays méditerranéens. Nous vivons des étés caniculaires, les hivers semblent être plus doux d'année en année, les saisons semblent avoir disparu. Ces constatations sont-elles scientifiquement vérifiées ? Quelle est la responsabilité de l’homme sur ces phénomènes?

On n’a jamais autant parlé de changement climatique et de réchauffement de la planète Terre que ces dernières années. Les organisations écologiques accusent les pays industrialisés pour le déclenchement du phénomène d’effet de serre et les scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur les méfaits de l’industrialisation excessive, et tout cela relayé par les médias qui font largement l’écho de ce phénomène ces dernières années. Les indices de ce phénomène climatique se traduisent clairement par certains évènements météorologiques et environnementaux, exceptionnels autrefois, devenus aujourd’hui ordinaires : inondations, incendies, tempêtes, cyclones, fonte des anciens glaciers …

Un rapport réalisé pour le WWF (World Wildlife Fund , Organisation Mondiale de Protection de la Nature) et publié le 01/07/2005 à Rome montre qu'un réchauffement planétaire de 2°C affecterait durement la région méditerranéenne. Le rapport du WWF souligne qu'une augmentation des températures moyennes de 2°C serait à l'origine de vagues de chaleur extrêmes, de sécheresses régulières et de feux de forêt plus fréquents en région méditerranéenne. Certains spécialistes estiment que cette augmentation de température menacerait également les réserves d'eau, les activités agricoles et certaines espèces végétales et animales.

Le WWF estime que si le changement climatique n'est pas contenu, la région pourrait voir ses périodes caniculaires (où la température excède 35°C) s'allonger de six semaines. L'augmentation du nombre de journées très chaudes signifierait davantage de risques d'incendies, de sécheresses, avec tous les impacts et conséquences qu'on peut imaginer sur l’environnement et la population. Le sud de la Méditerranée serait menacé par les feux de forêt quasiment toute l'année. Dans certaines zones du pourtour méditerranéen, on assisterait à des épisodes de fortes pluies provoquant parfois des inondations dévastatrices.

Le WWF alerte également sur les conséquences pour le secteur agricole: des températures plus élevées et des périodes de sécheresses allongées pourraient induire une baisse de la production dans la région. Si l'on ajoute à cette élévation de température une diminution globale des pluies estivales, les cultures fortement consommatrices d'eau en seront particulièrement affectées et pourront perdre jusqu'à 40% de leur rendement. Ces projections du WWF sont à prendre au sérieux. Le Maroc, pays méditerranéen par excellence, est devenu en un siècle un pays semi-aride voire aride. La vulnérabilité climatique s’est confirmée au fil des années de sécheresse qui ont frappé le pays et ont lourdement affecté l’économie, largement dépendante de l’agriculture.

Le WWF a demandé aux chefs d'Etat du G8 qui se sont réunis à Gleneagles du 6 au 8 juillet 2005, en Ecosse, de réduire leurs émissions de CO2, d'accroître les économies d'énergie, de poursuivre le développement des énergies renouvelables et de tout faire pour que le réchauffement climatique soit maintenu en dessous de 2°C.

Les dirigeants des nations les plus développées de la planète réunis à Gleneagles sont tout de même parvenus à s'entendre sur certains points concernant les changements climatiques. Les diplomates parlent d’une entente importante sur le changement climatique, mais les scientifiques jugent ces décisions sans grande portée concrète pour le moment. Les représentants des sept pays membres du G8 signataires du protocole de Kyoto ne parviendraient pas cette fois encore à convaincre le président américain d'adhérer aux objectifs de réduction des gaz à effet de serre d'ici 2012. Mais ils sont tout de même parvenus à un accord de principe sur le changement climatique qui ne fixe toutefois aucun objectif chiffré et n'inclut qu'une référence symbolique au protocole de Kyoto.

La position américaine ne surprend personne, car depuis que George Bush est à la Maison Blanche, l'industrie pétrolière américaine jouit d'une politique énergétique qui privilégie la consommation de cette ressource limitée et très polluante sur d’autres ressources énergétiques. La seule concession notable consentie par George W. Bush, « premier pollueur de la planète », est la reconnaissance de la responsabilité humaine dans le phénomène du réchauffement climatique et la nécessité d'agir selon lui de « façon urgente….et que le changement climatique constitue un défi grave et à long terme qui est susceptible d'affecter tous les points du globe ».

A la différence des Etats Unis, la France juge insensé un accord qui ne contient pas « une mention claire et explicite » au protocole de Kyoto. Les Etats-Unis, qui produisent 45 % des gaz à effet de serre, est le seul pays du G8 à ne pas avoir ratifié le protocole du 11 décembre 1997 qui impose de réduire de 5,2% d'ici à 2012 les émissions de gaz à effet de serre (CO2, méthane...) dans le monde par rapport aux niveaux de 1990.

Les pays membres du G8 s'engagent à prendre des mesures « pour promouvoir l'innovation, l'efficacité énergétique », et « accélérer le développement de technologies plus propres ».
La Maison Blanche, qui affirme que l'application du protocole de Kyoto provoquerait une flambée des prix de l'énergie et coûterait cinq millions d'emplois à l'économie américaine, a décidé d'un programme d'investissement de 20 milliards de dollars dans ce domaine pour enrayer la pollution industrielle.

Aujourd'hui, scientifiques et observateurs s'accordent pour dire qu'il est déjà indispensable d'aller au-delà du Protocole de Kyoto, c'est-à-dire de limiter encore plus sévèrement les émissions de gaz à effet de serre. Cela signifie clairement de consommer moins les énergies fossiles comme le charbon ou le pétrole. Or, la politique énergétique des Etats-Unis met surtout l'accent sur l'utilisation à outrance de cette dernière source d'énergie fossile. Cette politique est dénoncée par de nombreuses organisations, dont le WWF.

Pour lutter contre le changement climatique, George W. Bush préférerait investir dans les nouvelles technologies plutôt que de réduire les émissions de carbone. Évoquant le protocole de Kyoto, qui établit des obligations de réduction des émissions de CO2, M. Bush a déclaré: « Si c'est pour faire ce que préconise Kyoto, la réponse est "non". Le traité de Kyoto aurait ruiné notre économie, pour dire les choses franchement ».

M. Bush reconnaît cependant que le réchauffement planétaire est désormais une question « à laquelle nous devons nous attaquer », et plaide en faveur des nouvelles technologies pour y parvenir. Il a déclaré que les États-Unis étudiaient la possibilité de développer de nouvelles techniques de production d'énergie propre, telles que l’enfermement du dioxyde de carbone dans des puits souterrains, le développement d’énergie à base d'hydrogène et des centrales électriques sans émission néfaste.

En parallèle du sommet du G8, les académies des sciences des pays représentés et celles de Chine, d'Inde et du Brésil ont fait une déclaration commune, pour alerter l'opinion internationale et les gouvernements sur l'urgence de prendre des mesures concrètes pour lutter contre le réchauffement de la Terre et le changement climatique.

Références & en savoir plus
Rapport "Climate Change Impacts in the Mediterranean Resulting from a 2°C Global Temperature Rise" (format PDF 5,8 Mo en anglais)
Temperature Record of the Week (en anglais)
WWF - Organisation mondiale de protection de la nature
Notre dossier sur le changement climatique
auteur : Mohamed SIHADDOU, ingénieur en Télédétection Aérospatiale à Toulouse - France

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7 commentaires sur cette actualité !

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Alice - 15/01/2008, 11:32
L faut arreter d'utiliser les voitures..
notre-planete.info - 12/12/2005, 13:37
@Fred T : ce lien fait partie des références de l'auteur pour son article, on ne peut donc le retirer...
Fred T - 34 - 11/12/2005, 00:44
Attention, le site co2science.org fait partie des contre-propagandistes du réchauffement : "la température baisse", "un réchauffement serait globalement bénéfique à l'ensemble de la planète".... Je suggère vivement une révision du lien !!!
Philippe M. - 14/09/2005, 22:22
Le problème du changement climatique et le problème du prix du pétrole sont devenus un seul et même problème
Jean Claude - 07/09/2005, 23:28
Après que la thèse de Kyoto commence a se vulgariser et a se confirmer,et que les journaux commencent a dire haut ce que les scientifiques pensaient en catimini. D’autres voix américaines cherche la main de Dieu derrière cette catastrophe.
Patrik Masar - 07/09/2005, 20:24
La pire menace pour l'humanité est le changement de climat consécutif à l'utilisation massive du pétrole. Il est urgent de réagir! Dans moins de vingt ans, cyclones, canicules, feux de forêts et sécheresses suivies d'inondations, seront des phénomènes qui se répéteront tout au long de l'année. Il deviendra impossible de les considérer comme des catastrophes naturelles.

Heureusement que le pétrole devient rare et cher ! Certes, dire ceci n'est pas politiquement correct. Mais comment faire prendre conscience à la population, de la gravité de notre situation d'aujourd'hui ?
CATHY DU 76 - 03/09/2005, 22:37
Monsieur Bush est un imbécile mais nos propres dirigeants se foutent de nous en nous mettant à disposition les nouvelles technologies nous n'avons pas les moyens de se les acheter de plus le petrole devient une ressource tres couteuse et tres polluante changer d'energie est possible alors pourquoi ne pas le mettre en place maintenant ? Pour le fric bien sur mais bon sang réagissez l'argent ne servira à rien si nous sommes tous malades ou morts!!!!!!
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