Le site de référence en environnement
et sciences de la Terre depuis 2001

english deutsch
Envoyer cette page
Actualités  rss  Plan du site

connexion Se connecter

Login (email)  
Mot de passe mémoriser
 
Devenir membreRetrouver vos identifiants

Plus que 18 jours pour gagner 5 jeux !

Marre de la pub ? Devenez membre premium !

actu21 décembre 2012 : la fin du monde ?
actu"Il est déjà trop tard" : l'espèce humaine devrait s'éteindre ce siècle
actuDémographie : la vraie vérité qui dérange
actuLes abeilles, témoins du bon état de notre environnement, disparaissent massivement
actuUn nouveau "continent" de déchets a été découvert dans l'océan Atlantique Nord !
actuManger autant de viande est une aberration pour l'environnement et la santé
actuLe pic pétrolier mondial : on doit s'y préparer dès maintenant !
actuLimiter l'augmentation de la température planétaire à 2 ºC n'est plus réalisable
actuLe déclin de l'industrie nucléaire
actu7 milliards d'habitants sur Terre
actuPollution de l'air : plus de 2 millions de morts par an

Marre de la pub ? Devenez membre premium !

Sondage Février 2012

Découvrez l'agenda du mois
> > Février 2012 < <

Marre de la pub ? Devenez membre premium !

www.notre-planete.info : environnement, développement durable et sciences de la Terre

Recevoir une alerte mail à chaque nouvelle actualitéFlux RSS

Contestation des estimations et effondrement des stocks de poissons

8044 lectures / 1 commentaire08 août 2005, 16 h 46

Contestation des estimations et effondrement des stocks de poissons© notre-planete.info
Les mers et les océans ne sont pas une ressource inépuisable. En raison de leur surexploitation par les pêcheries, plusieurs populations de poissons ont ainsi considérablement décru depuis une cinquantaine d’années. C’est le cas de la morue, au Canada et au Groenland, et du merlu au Royaume-Uni. Outre la déstabilisation des écosystèmes, cet appauvrissement des réserves compromet l’avenir du secteur de la pêche. Il est donc nécessaire de mieux contrôler l’exploitation des populations marines, afin que celles-ci puissent se renouveler. Cette gestion doit tenir compte des relations qu’entretient l’espèce avec son milieu, et notamment des interactions avec d’autres espèces. C’est sur la compréhension, la représentation et la prévision de ces relations par des modèles et des indicateurs que les chercheurs sont actuellement mobilisés.

Depuis 1950, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) collecte chaque année les données issues des pêcheries, qui permettent, avec d’autres sources de données et d’information, d’établir un classement selon leur degré d’exploitation (1). Lorsque les quantités de poissons capturés sont stables d’année en année, on estime généralement que l’équilibre entre l’activité de pêche et le renouvellement des espèces est atteint. Des chercheurs du Centre de Recherche Halieutique Méditerranéenne et Tropicale (CRH, IRD, Sète), en étudiant les données de la FAO collectées entre 1950 et 2000, viennent de mettre en évidence le fait que la stabilité des captures n’est pas toujours synonyme d’une gestion viable des ressources (2).

Après avoir extrait 1519 séries de chiffres de la base de la FAO, ils ont tracé des graphiques rendant compte des captures durant ces cinq décennies. 366 pêcheries - soit 24% d’entre elles - témoignent d’un effondrement de la production (3). Ces phénomènes, qui sont observés chez tous les types de poissons étudiés, semblent toutefois plus fréquents chez les espèces vivant en eaux profondes, telles que la morue, le haddock et le saumon. Parmi ces effondrements, 21% sont précédés d’un plateau de production, ce qui les rend ainsi imprévisibles (4). Durant une période d’environ dix ans, les captures semblent stables, puis chutent de manière abrupte en quelques années. L’équilibre apparent entre captures et renouvellement masquerait en réalité un déclin progressif de la population de poisson considérée.

Grâce à des simulations mathématiques de populations, les chercheurs expliquent ce phénomène par la conjonction de deux facteurs :
- d’une part, une augmentation de l’effort de pêche, notamment due aux améliorations techniques des équipements. Parmi celles-ci figurent la détection par sonar des bancs de poissons, le contrôle à distance des engins de pêche, l’usage de cartes satellitales, etc.
- d’autre part, un mécanisme dit “ dépensatoire ” : lorsque la population décroît en deçà d’un certain seuil, celle-ci ne peut plus assurer son renouvellement (5). En effet, du fait de la trop faible concentration d’individus, les rencontres deviennent moins fréquentes et la reproduction plus difficile. De plus, la population considérée, qui se retrouve en sous-effectif par rapport à ses prédateurs naturels, y est plus vulnérable. D’après les chercheurs, ce mécanisme de dynamique des populations empêcherait la reconstitution de nombreux stocks de pêche. Il expliquerait peut-être le cas des morues du Canada, dont la population ne parvient pas à se renouveler, malgré l’arrêt de leur exploitation en 1992.

Ces résultats soulignent ainsi les limites, bien connues des chercheurs qui ont diverses autres méthodes plus sensibles, d’une évaluation des populations uniquement basée sur les prises annuelles des pêcheries. Alors que la stabilité de ces chiffres est généralement reconnue comme un gage d’équilibre entre activité de pêche et ressources marines, elle peut au contraire constituer le signe avant-coureur d’un déclin massif de ces dernières. Les chercheurs suggèrent qu’une attention plus grande soit apportée par les décideurs en matière de gestion des pêches à d’autres critères proposés par les scientifiques, pour évaluer l’équilibre entre la pêcherie et son stock, parmi lesquels la taille des poissons capturés et l’effort de pêche. L’intégration de tous ces facteurs permettrait une meilleure estimation des populations, ainsi qu’une meilleure prévision de la pérennité des pêcheries.

Rédaction – DIC : Romain Loury

Notes
(1) Ces chiffres sont accessibles en ligne sur le site de la FAO
(2) Ces travaux ont été menés par l’UR097 de l’IRD dans le cadre du programme de recherche franco-sud-africain IDYLE.
(3) Les espèces de thons, formant des stocks géographiquement très étendus, échappent à cette règle si les données de capture sont regroupées à l’échelle des grands bassins océaniques.
(4) Deux autres types d’effondrements, représentant 33 et 45% des situations, ont été mis en évidence. L’un témoigne d’un déclin progressif au fil des ans ; le second, plus irrégulier, s’accompagne de pics et de creux.
(5) Dans une dynamique “ dépensatoire ”, le taux de renouvellement des espèces est négatif lorsqu’elles présentent un effectif bas. Ceci explique ainsi la fragilité des populations réduites. Ce modèle s’oppose aux mécanismes “ compensatoires ”, selon lesquels le taux de renouvellement est toujours positif. D’après ces derniers, les populations affaiblies peuvent se reconstituer très rapidement.

Références
C. Mullon, P. Fréon & P. Cury, 2005– The dynamics of collapse in world fisheries, Fish and Fisheries, vol.6, pp. 111-120.
N. Daan, V. Christensen& P. Cury, 2005 – Quantitative ecosystem indicators for fisheries management, ICES Journal of Marine Science, pp. 307-614.

En savoir plus
Fiche scientifique 229, août 2005 de l'IRD

Auteur

Institut de Recherche pour le Développement ; date originale : 08 août 2005, 16 h 46

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

Sur le même sujet

Actualités

1 commentaire

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar Courtin Mickael - 24/08/2005, 01:26

C'est que entendus dire et encore aujourd'hui par les médas que que il y avais une pénurie de poisons que pêcheur Français étaient obliger d'allez pêcher dans les eaux espagnole, c'est pour cette raisons qu'il y a des réglementations Français au niveau de la pêche ( tailles des mailles de filets nombres de filets embarquer à bords des bateaux etc.... J'habite Nantes mais je suis originaire de Lorient ( sur la cote ) c'est pour cela que je connais ces sujets pour en avoir entendus parlé sur place pendant mon adolescence

Votre nom et lieu de résidence :

Pour éviter les abus des robots spammeurs, merci de répondre à cette question :

Sur quelle planète vivons-nous ? C'est la

Votre commentaire :

Tout commentaire qui spam, flood, troll, est irrespectueux, choquant, incompréhensible (style SMS), religieusement ou politiquement trop engagé, non constructif ou qui promeut des produits, services ou sites web, sera immédiatement supprimé. Toute récidive entraînera le bannissement définitif du posteur.


Haut de page ^ Offres d'emploi et CV     Livres et DVD     Associations     Communiqués     Agenda     rss Flux RSS     Partenaires

Page mise à jour le 08/08/2005  75 connectés© 2001-2012 notre-planete.info® v. 5.69 - tous droits réservés
notre-planete.info est un site indépendant qui informe et sensibilise objectivement sur l'environnement, l'écologie, les sciences de la Terre et le développement durable
Mentions légales  |   Presse  |   Publicité  |   Contact  |   Liens et logos  |   Soutenez notre-planete.info !