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Pêches en Méditerranée : les stocks baissent, la gestion s'améliore

8694 lectures / 3 commentaires29/07/2005, 17:28
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Pêches en Méditerranée : les stocks baissent, la gestion s'améliore
Thon rouge
Alors que la pêche bat son plein en cette période estivale, la FAO invite les pays du pourtour méditerranéen à intensifier leur collaboration en matière de gestion responsable des pêches afin de faciliter la reconstitution des stocks épuisés.

A l'heure actuelle, les captures en Méditerranée et en mer Noire - groupées dans les statistiques de la FAO - sont estimées autour de 1,5 million de tonnes par an, soit plus du double des débarquements de 1950 qui avaient atteint 700 000 tonnes, mais moins que le chiffre moyen annuel record de 2 millions au cours de la période 1982-1988.

Dans l'ensemble, la capture par unité d'effort de pêche - une mesure souvent considérée comme un indicateur clé de l'état des stocks sauvages - est en baisse en Méditerranée, selon Alain Bonzon, nouveau Secrétaire exécutif de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM) de la FAO.

Etat inquiétant de nombreux stocks
Les captures de plusieurs espèces ont atteint des sommets vers la fin des années 1980 et le début des années 1990. Elles ont baissé depuis. Par exemple, les débarquements de merlu ont décollé en 1990, dépassant 52 000 tonnes, pour chuter de moitié avant 2002.

A l'heure actuelle, les petites espèces pélagiques, principalement les anchois et les sardines, constituent environ la moitié des captures en Méditerranée. Les espèces démersales, notamment le merlu, le rouget de roche et le merlan bleu, représentent environ 40 pour cent des captures.

Selon les estimations les plus récentes de la FAO, les stocks méditerranéens surexploités incluent le thon rouge, la bonite à dos rayé, le merlu, l'espadon, le merlan, le mulet cabot et les sparidés.

Le thon rouge
Le thon rouge, une des espèces les plus prisées en Méditerranée et qui a traversé les siècles sans problème, est aujourd'hui en danger pour cause de surexploitation régionale.

Les captures de ce poisson ont atteint le chiffre record de 39 000 tonnes en 1994. Puis, elles ont brutalement chuté à 22 000 tonnes en 2002.
Aujourd'hui, les captures de thon rouge ne représentent plus qu'environ 3 pour cent du total des captures en Méditerranée. Malgré cela, cette espèce a conservé son importance économique en raison de la forte demande sur le sushi et le sashimi à l'étranger. Rien qu'aux Etats-Unis, la demande annuelle s'établit autour de 24 000 tonnes, soit plus d'une année entière de captures en Méditerranée.

Le problème s'est corsé avec le développement de l'aquaculture fondée sur les captures de thon rouge au stade juvénile. Egalement connue sous le nom d'«engraissement du thon», cette pratique consiste à capturer de jeunes poissons en mer puis à les enfermer dans des bassins d'élevage où ils sont engraissés en vue de leur commercialisation.

Selon les estimations de la FAO, la production annuelle de thon rouge grâce à cette technique s'établirait actuellement autour de 25 000 tonnes, soit 10 000 tonnes de plus qu'il y a à peine cinq ans.

«L'engraissement du thon» est principalement pratiqué en Croatie, en Espagne, à Malte et en Turquie.

Selon la FAO, cette pratique suscite de vives inquiétudes dans la mesure où, d'une part, elle aggrave une situation rendue fragile par la surexploitation et que, d'autre part, les prélèvements de jeunes thons se font en catimini, rendant pratiquement impossible toute évaluation précise des stocks.

Nouvelles mesures pour une bonne gestion
Dans le courant du mois d'août 2005 devraient entrer en vigueur des recommandations contraignantes adoptées par les 24 pays membres de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée. Elles visent à renforcer la gestion des pêches.

A cet égard, la Commission recommande notamment une meilleure surveillance de l'aquaculture fondée sur les captures, l'interdiction de la pêche au chalut à des profondeurs supérieures à 1 000 mètres et l'inscription au registre central de tous les navires de plus de 15 mètres.

Selon M. Bonzon, les travaux de la Commission au cours de ces dernières années ont montré que les organismes de pêches régionaux peuvent remplir un rôle de premier plan pour assurer la durabilité des pêcheries, y compris en Méditerranée où la gestion commune des affaires n'est pas toujours chose aisée.

* Les membres de la CGPM: Albanie, Algérie, Bulgarie, Croatie, Chypre, la Communauté européenne, l'Egypte, l'Espagne, la France, la Grèce, Israël, l'Italie, le Japon, le Liban, la Libye, Malte, Monaco, le Maroc, la Roumanie, la Slovénie, la Serbie et le Montenegro, la Syrie, la Tunisie et la Turquie. La participation est ouverte à tous les pays du pourtour méditerranéen et aux organisations d'intégration régionale, notamment la Communauté européenne ainsi qu'aux pays qui pêchent en Méditerranée.

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Auteur

Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
3 commentaires sur cette actualité !
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khouri algerie - 25/05/2008, 12:05
salut j'aimerai savoir les causes de la dilunition brusue de la quantité de sardine pecheé,merçi
Martinez-Humayou - 03/08/2005, 18:37
Avons visité la Tunisie, et nous avons vu dans plusieurs marchés aux poissons, des espèces comme l'espadon et le thon sur les étales, mais ils étaient immatures, la taille moyenne 60 centimètres. Oui ont est dans les stocks, il faudrait fermer la pêche durant plusieurs années et soutenir financièrement la totalité des pêcheurs professionnels de Méditerrannée ( pêcheurs artisans) . pour leurs permettre de passer la crise générale
abdellatif - 02/08/2005, 18:17
bj, je ne comprend pas pourquoi certains pays font pression sur le Maroc pour signer des accords de peche alors qu'ils sont consients de la diminution des stoks marins, merci.
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