Ecole primairecrédit : notre-planete.info
Selon plusieurs études anglaises, danoises, néerlandaises et françaises rendues publiques lundi 4 juillet lors d'un colloque du réseau Recherche Santé Environnement Intérieur, les enfants respirerent un air généralement plus pollué à l'intérieur des écoles qu'à l'extérieur.
En effet, les études sont formelles: les écoles sont en général mal aérées. Ce confinement, combiné à des niveaux élevés de polluants, engendrent le "sick building syndrome", qui regroupe des symptômes tels que maux de tête, vertiges, nausées.
La mauvaise qualité de l'air peut aussi favoriser les manifestations allergiques et l'asthme. De plus, elle affecte directement les performances des élèves: somnolence, perte d'attention etc.
Une perte de performance
Une enquête danoise menée entre 2003 et 2005 a comparé les performances des élèves dans des conditions médiocres ou au contraire optimales de renouvellement de l'air.
Les résultats des tests de lecture et compréhension sont améliorés de moitié lorsque le volume d'air est multiplié par deux (de 4,2 à 8,4 litres par élève), selon les résultats préliminaires. Les performances s'améliorent aussi sensiblement avec une baisse de la température (20 degrés au lieu de 23,5 degrés). "Ce type d'étude est extrêmement précieux, au moment où le gouvernement danois doit lancer un programme de construction d'écoles", a observé Pawel Wargocki, de l'Université technique du Danemark.
Un renouvellement d'air insuffisant
En France, aucune des 11 écoles visités en 2001 par l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur ne respectaient les renouvellements d'air réglementaires de 15 m3 par heure et par personne. Le débit maximum observé dans l'échantillon était de 10 m3.
"L'air est confiné, et ne parvient pas à disperser les polluants", explique Séverine Kirchner, de l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur.
En effet, la très grande majorité (80 à 90%) des écoles ne dispose pas de ventilation mécanique, et lorsqu'elle existe, elle n'est pas entretenue (filtres usés etc.). De plus, les enfants passent de 6 à 8 par jour dans des classes où l'on ouvre peu les fenêtres à cause du bruit à l'extérieur et d'une frilosité parfois exagérée.
"L'air confiné ne parvient pas à disperser les polluants", ajoute Séverine Kirchner. Si une partie de la pollution vient du dehors, une autre est émise à l'intérieur : bois, colles, tissus, produits de nettoyage, sans parler du matériel scolaire qui contient des produits chimiques (effaceurs, marqueurs etc.)
Les lieux de vie des plus petits ne sont pas épargnés: les maternelles utilisent énormément de matériaux pour les activités manuelles (colles, peintures etc.). En crèche, le nettoyage est plus poussé qu'en primaire, par peur des infections, a relevé André Cicolella, qui dirige l'unité d'évaluation des risques sanitaires de l'INERIS.
Une campagne de mesure dans les écoles et crèches de Strasbourg a relevé en 2004/2005 des teneurs significatives de formaldéhyde, un polluant présent dans les écoles, comme dans tous les lieux fermés. Le formaldéhyde est un aldéhyde de la famille des Composés Organiques Volatiles.
Les COV et le formaldéhyde
Les COV sont largement utilisés dans la fabrication de nombreux produits et matériaux. Leur point commun est de s'évaporer plus ou moins rapidement à la température ambiante et de se retrouver ainsi dans l'air. Les COV sont souvent plus nombreux et plus concentrés à l'intérieur qu'à l'extérieur compte tenu de la multiplicité des sources intérieures.
Les aldéhydes appartiennent à la famille des COV. Le composé le plus connu est le formaldéhyde. Il est présent dans de très nombreux produits d'usage courant : mousses isolantes, laques, colles, vernis, encres, résines, papier, produits ménagers, pesticides…La plupart des bois agglomérés et contreplaqués (mobilier, matériaux de construction) en contiennent. Il est également utilisé dans certains médicaments, cosmétiques et textiles.
Le formaldéhyde est un irritant des yeux, du nez et de la gorge. Son rôle dans l'apparition de cancer est avéré chez l'animal mais n'est pas établi chez l'homme.
Une pollution qui concerne tous les lieux de vie
Tous les lieux de vie clos ou semi-clos sont concernés par la pollution intérieure. Elle se caractérise par un ensemble de polluants de diverses origines chimiques ou biologiques.
L’air extérieur, avec lequel sont ventilés les locaux, est l’une des sources de pollution.
Mais les polluants, en quantité et concentration souvent plus élevées à l’intérieur qu’à l’extérieur, peuvent également être produits directement dans les locaux par les occupants et leurs activités (en fonction de leurs modes de vie et d’occupation), ou par le bâtiment et ses équipements.
Les pollutions extérieure et intérieure peuvent ainsi s’ajouter, mais aussi interagir, en créant d’autres polluants tels certains composés organiques volatils, très présents dans les habitations.
Cependant, les études sont trop fragmentaires pour proposer des remèdes. Une enquête nationale lancée en 2003 sur l'air intérieur de 720 logements français devait initialement porter sur 80 écoles. Le volet scolaire a été amputé faute de financement. L'Obervatoire proposera aux pouvoirs publics une nouvelle étude sur les écoles l'an prochain.
En savoir plus
Site de l'
Observatoire de la Qualité de l'Air Intérieur
Site du
Réseau Recherche Santé Environnement INtérieur (RSEIN)
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)