Ferme éolienne de Llandinam, Powys, Grande-Bretagnecrédit : © David Woodfall/WWI/Still Pictures
Un projet pionnier, dont le but est de dresser la carte des ressources solaire et éolienne de 13 pays en développement, a découvert des milliers de mégawatts d’énergie renouvelable potentielle en Afrique, en Asie, en Amérique latine et centrale.
Le projet d’une valeur de plusieurs millions de dollars, intitulé Solar and Wind Resource Assessment (Evaluation de ressources en énergie solaire et éolienne, ou SWERA) montre que le potentiel d'énergie générée par l'installation de panneaux solaires et d’éoliennes est bien plus élevé qu'on ne le supposait auparavant.
Les premières conclusions de l’étude ont été présentées le 14 avril 2005, au cours d’une réunion internationale de scientifiques et de décideurs politiques organisée à Washington D.C. par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), l’agence coordinatrice du projet regroupant plus de 25 institutions du monde entier.
« Dans des pays en voie de développement à travers le monde, nous avons réduit certaines incertitudes concernant l’importance et l’intensité des ressources énergétiques solaires et éoliennes », a déclaré Klaus Toepfer, le Directeur exécutif du PNUE. « Ces pays ont besoin de services énergétiques bien plus développés pour combattre la pauvreté et alimenter leur développement durable. SWERA leurs offre l’assistance technique et réglementaire nécessaire pour saisir l’opportunité que leur présente l’énergie renouvelable », ajoute-t-il.
Depuis son lancement en 2001 et grâce à un soutien important du Fonds mondial pour l’environnement (FEM), le projet d’Evaluation des ressources en énergie solaire et éolienne d’une valeur de 9,3 millions de dollars a mis au point une gamme de nouveaux outils d’information pour stimuler le déploiement d’énergies renouvelables. Des cartes détaillées de ressources solaire et éolienne ne sont qu’un des outils développés.
« Il est essentiel que les planificateurs, recherchant des solutions énergétiques plus propres utilisant des technologies d’énergies renouvelables, aient à leur disposition des informations fiables, exactes et accessibles sur les énergies solaire et éolienne. C’est ainsi que sera accéléré de manière significative la propagation de ces technologies », note le Directeur exécutif du PNUE.
M. Toepfer a cité l’exemple de la Californie, où l’accès à des données sures a avancé le déploiement à grande échelle d’éoliennes et l’établissement d’une industrie éolienne mondiale. De même, l’objectif de SWERA est de faciliter une prise de décision informée, d’élaborer des politiques énergétiques fondées sur la science et la technologie, et de renforcer la confiance des investisseurs en des projets d’énergies renouvelables.
L’équipe chargée de l’Evaluation a analysé les ressources énergétiques solaires et éoliennes à l’aide de différentes données provenant de satellites aussi bien que d’instruments terrestres.
Leurs conclusions ont souvent été surprenantes. Au Nicaragua par exemple, les évaluations des ressources éoliennes entreprises dans le cadre du projet SWERA, ont découvert un potentiel bien supérieur au 200 mégawatts (MW) calculé dans les années 1980.
Les résultats ont conduit l’Assemblée nationale de Nicaragua à passer, en 2004, le Décret sur la Promotion de l’énergie éolienne au Nicaragua. Au titre de ce décret, l’électricité générée par le vent prend priorité sur toute autre option d’alimentation du réseau électrique. L’Agence du commerce et de développement des Etats-Unis et la Banque Interaméricaine de développement ont par la suite lancé des études de faisabilité de l’énergie éolienne au Nicaragua. Des projets d’investissement éolien sont en route : deux projets produiront 40 Mw, alors que deux autres licences d’exploration viennent également d’être accordées.
L’information sur les ressources solaires tirée du projet SWERA informe également de nombreuses initiatives de coopération; entre la Banque mondiale et le FEM par exemple, ou encore entre la Banque mondiale et la Banque de développement interaméricaine qui ensemble entreprennent de déployer six milles systèmes solaires de type PV dans le cadre de programmes d’électrification en zone rurale.
Au Guatemala, aucune estimation de la puissance éolienne n’existait avant la SWERA. Selon l’Evaluation, le pays renferme un potentiel énergétique de 7 000 mégawatts. Avec l’aide de SWERA, le ministère guatémaltèque de l’énergie a mis sur pied un Centre des énergies renouvelable et de l’investissement qui réalisera des études de validation et identifiera des sites pour le développement d’énergie éolienne.
Au Sri Lanka, l’Evaluation a décerné un potentiel d’énergie éolienne terrestre de plus de 26 000 Mw, l’équivalent de plus de dix fois la capacité électrique actuelle du pays.
Au Ghana, une évaluation initiale révèle qu’il existe, surtout au long de la frontière avec le Togo, un potentiel éolien de 2 000Mw. Un montant considérable, lorsque l’on considère que le continent africain, selon certains experts, aurait besoin de 40 000Mw d’électricité pour alimenter son industrialisation (voir le Conseil d’administration du PNUE, www.unep.org/gc/gc23).
La SWERA bénéficie d’un immense réseau de collecte et d’analyse de données qui comprend des agences internationales aussi bien que nationales, grâce auxquelles elle entreprend également de développer une archive mondiale de ressources et de cartes d’énergies solaire et éolienne qui sera disponible sur CD-ROM et sur le site web de l’initiative (www.swera.unep.net). La SWERA a développer un autre outil important : la Boîte à outil Géospatiale qui permet de combiner des cartes de ressources solaires et éoliennes à celles de réseaux électriques, par exemple, afin de fournir une information de haute qualité qui vient en aide à la planification énergétique et à l’élaboration de politiques, tout en minimisant les risques pour les développeurs de projets d’énergie renouvelable et réduisant les délais d’exécution de projets.
A Washington D.C., Tom Hamlin, le Chef de projet de SWERA, a noté que le projet était actuellement sous évaluation et chercherait prochainement à obtenir une aide qui lui permettra de répondre aux demandes de programmes de développement d’énergie renouvelable dans les pays en développement.
« SWERA a clairement démontré que les sommes modiques nécessaires pour appuyer des évaluations en énergie renouvelable peuvent considérablement modifier la façon dont les pays poursuivent leurs objectifs énergétiques », a-t-il ajouté.
A ce jour, SWERA a entrepris des études dans les pays suivants : le Bangladesh, le Brésil, la Chine, Cuba, El Salvador, l’Ethiopie, le Ghana, le Guatemala, le Honduras, le Kenya, le Népal, le Nicaragua et Sri Lanka.
En savoir plus
Synthèse de l’Evaluation des ressources en énergie éolienne et solaire (en anglais)
Notre dossier sur
les énergies renouvelablesAuteur
Programme des Nations Unies pour l'Environnement