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Pour l’élimination des sacs plastiques au Kenya

13027 lectures / 1 commentaire13 mai 2005, 14 h 43

sacs plastiques© Sandrine Espitalier - tous droits réservés
Selon un rapport publié le 23 février, les sacs plastiques fins devraient être interdits et les sachets plus épais taxés lourdement pour débarrasser le Kenya de la menace qui pèse sur l’environnement et la santé.
Une étude d’experts de l’Institut kenyan de recherches et d’Analyses (KIPPRA) révèle que rien qu’à Nairobi, au moins deux millions de sachets en plastique sont remis chaque année aux clients dans des supermarchés et kiosques.


Les sachets, très fins pour la plupart, sont tout simplement jetés en sortant des magasins. Ils sont devenus un spectacle familier aussi bien dans les agglomérations qu’à la campagne.
Les sacs plastiques bloquent les tuyaux de canalisation et les égouts, asphyxient les animaux de ferme ainsi que la faune maritime et polluent le sol au fur et à mesure qu’ils se décomposent.

Wangari Mathaai, Vice Ministre kényan de l’environnement et Prix Nobel de la Paix 2004, a fait un lien entre la malaria et les sachets en plastique.
En effet, des sachets abandonnés peuvent se remplir d’eau de pluie et offrir un nid idéal aux moustiques porteurs de malaria.

L’interdiction de sachets d’une épaisseur inférieure à 30 microns et une taxe sur des sachets plus épais figurent parmi les propositions faites pour réduire l’usage de sacs polythènes et financer des solutions alternatives – plus environnementales – tels que des sacs faits en coton ou en sisal.
L’argent provenant des taxes serviraient à la mise en place de systèmes de recyclage efficaces, selon un rapport financé par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et le Service National kenyan pour l’Environnement (NEMA).

La taxe sur les sachets en plastique pourrait servir de modèle pour des projets similaires pour combattre l’avalanche de déchets menaçant le Kenya ainsi que d’autres pays à travers l’Afrique et le monde en développement.

Cette proposition est contenue dans un rapport élaboré par Moses Ikiara et Clive Mutunga de KIPPRA, intitulé « Selection, Design and Implementation of Economic Instruments in the Kenyan Solid Waste Management Sector ».

Les conclusions du rapport, lancé le 23 février lors du Conseil d’administration du PNUE, sont le résultat de plusieurs discussions tenues au Kenya et ailleurs entre le PNUE, NEMA, les fabricants de sachets, les vendeurs, les supermarchés et autres groupes intéressés.
Les conclusions et les recommandations sont également basées sur des leçons tirées de programmes de gestion des ordures initiés par d’autres pays y compris l’Australie, le Danemark, l’Irlande, l’Italie, le Rwanda, l’Afrique du Sud et plusieurs pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes.

M. Klaus Toepfer, Directeur exécutif de l’UNEP, a déclaré : que « Ce qui réussit à un pays, ne fonctionnera pas nécessairement dans un autre. Mais des propositions valables ont été faites sur les moyens d’utiliser et d’adapter les leçons apprises ailleurs pour contribuer largement à la santé du Kenyan et à la beauté de sa capitale ensoleillée. Je comprends également qu’il existe une réelle volonté politique pour faire avancer ce projet. Avec la ratification de l’Acte sur la gestion et la coordination de l’environnement en 1999 et la création du NEMA, des structures institutionnelles sont en place pour le faire aboutir. Les sachets en plastique peuvent être un début, un banc d’essai, de ce que je souhaite puisse devenir une action globale pour la réduction de la pollution et la création d’entreprises et d’emplois nouveaux et modernes dans ce pays».

Une montagne d’ordures à Nairobi

A l’instar de plusieurs villes des pays en développement, le secteur des déchets solides à Nairobi est surtout caractérisé par une petite couverture de services de collecte, la pollution de décharges désordonnées, l’inefficacité des services publiques, la participation chaotique et désordonnée du secteur privé ainsi que l’absence d’infrastructures de gestion des déchets », cite le rapport.

Dans cette ville de trois millions d’habitants, seulement 25 % des 1.500 tonnes de déchets produits chaque jour sont ramassés.
Alors que la Municipalité de Nairobi et des compagnies privées ramassent trois-quarts des ordures ménagères des quartiers aisés, des services publiques de ramassage d’ordures sont quasi inexistants dans les quartiers pauvres et autres bidonvilles. Or 60% des habitants de Nairobi vivent dans ces quartiers.

Le rapport fait également état de plusieurs décharges illégales, le seul site officiel de Dandora étant déjà plein et la municipalité ne disposant pas d’autres endroits pour les ordures.

Les sacs plastiques au Kenya

Environ 4 000 tonnes de sachets en plastique fins ou « flexibles » sont fabriquées au Kenya chaque mois. Ils sont destinés à l’emballage de marchandises mais également d’aliments comme le pain. Près de la moitié de ces sacs ont une épaisseur inférieure à 15 microns, alors que d’autres sont d’une épaisseur d’à peine 7 microns.

Cette industrie croît de 8 à 10 % par an et alimente le marché local et les pays voisins, dont l’Ouganda plus particulièrement.

« A l’exception de quelques sacs en papier, des alternatives aux sachets en plastique sont presque inexistantes. Des sacs d’emballage fabriqués à partir de produits naturels sont disponibles sur le marché mais sont pratiquement inutilisés à cause de l’accès facile et libre aux sachets en plastique, disponibles gratuitement ou à un prix dérisoire», signale le rapport.

Des exemples d’ailleurs

En 2002, l’Irlande a imposé une taxe de 15 centimes d’euro sur les sachets en plastique dans les magasins et boutiques. Il semblerait que cela a réduit de 90% l’usage de sachets en plastique.

Les recettes obtenues sont versées au Fonds pour l’environnement qui prévoit de dépenser 35 millions d’euros sur le développement de centres de recyclage. Des campagnes de sensibilisation du public ont appuyé l’introduction de ce système appelé « PlasTax ».

En Australie, la boîte IKEA a introduit une taxe de 10 cents sur ses sacs en plastique en offrant également une alternative de ré-utilisation. L’utilisation de sacs en plastique a chuté de 97%.

Le Rwanda a interdit des plastiques d’une épaisseur inférieure à 100 microns, à coup de campagnes de sensibilisation à travers le pays. Les sachets noirs en plastique ont disparu de Kigali.

En 2003, l’Afrique du Sud a banni les sachets en plastique d’une épaisseur de moins de 30 microns et elle a introduit une taxe sur les plastiques dont une partie des recettes est versée à une compagnie de recyclage.

On a constaté une diminution d’ordures de sachets, une réduction dans la fabrication de sachets en plastique avec quelques abandons et une augmentation d’alternatives tels que des sacs en canvas.

Une stratégie pour l’élimination des sacs plastiques au Kenya

Il est proposé un plan à 7 points pour lutter contre les sachets en plastique au Kenya.
Ce plan comprend :
- L’interdiction de sachets de 30 microns ou moins ;
- Des campagnes de prise de conscience ;
- Une taxe sur les sacs en plastique levée sur les fournisseurs, avec répercussions sur le consommateur ;
- La taxe viserait en partie à appuyer la promotion de sachets respectueux de l’environnement tels que ceux qui en coton. Ceci aurait le double avantage d’aider l’agriculture et l’industrie du coton du Kenya.
- L’appui à un bon système de recyclage de sachets en plastique.

Le rapport propose la création d’un « Comité de gestion de taxes sur le plastique », initiée et dirigée par NEMA pour le contrôle et la mise en application des nouvelles dispositions.

Ce Comité devrait comprendre plusieurs membres dont des ministres du gouvernement, l’Association des industriels kenyans, le Conseil Municipal, les groupes du secteur textile, l’Association kenyane de producteurs de Coton ainsi que We Can Do It qui rassemble des associations de résidents.

Liens

L’étude dans son intégralité « Country Report on Selection, Design and Implementation of Economic Instruments in the Kenyan Solid Waste Management Sector», est disponible sur www.unep.org et www.unep.org

Auteur

Programme des Nations Unies pour l'Environnement ; date originale : 03 mars 2005, 11 h 00

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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1 commentaire

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avatar Idriss OKENGE/Kinshasa/DRC - 28/09/2007, 10:59

Je suis un jeune activiste des droits de l'homme, actuellement je lutte pour l'élimination des sacs en plastique dans mon pays,plus précisément à Kinshasa où le probleme se pose avec acuité.

L'article m'encourage ,j'espere que mes amis le seront aussi.

Mais , nos moyens sont très limités.Mais avec un peu de volonté nous y arriverons.

idrissokenge@yahoo.fr

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